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État du secteur du cannabis, neuf mois après la légalisation

On peut s’attendre à une consolidation accrue des acteurs du secteur du cannabis au fur et à mesure que celui-ci gagnera en maturité.

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Un client utilisant une tablette en magasin pour acheter du cannabis dans un magasin de Nova Scotia Liquor Corp.Même si toutes les provinces permettent la vente en ligne, l’organisation de la vente au détail varie grandement d’une province à l’autre. (Getty Images/Bloomberg)

La Loi sur le cannabis est entrée en vigueur le 17 octobre 2018. Le 20 décembre 2019, les produits comestibles contenant du cannabis seront à leur tour légalisés.

Voici un aperçu de l’état actuel du secteur du cannabis au Canada.

1) PRÈS DE 200 SOCIÉTÉS AUTORISÉES

En date de juillet 2019, Santé Canada a délivré une licence à 189 cultivateurs, transformateurs et vendeurs de cannabis autorisés en vertu de la Loi sur le cannabis. À l’heure actuelle, le plus important producteur de cannabis au monde, sur le critère de la capitalisation boursière, est l’ontarienne Canopy Growth Corporation (produit d’exploitation net du 3e trimestre de l’exercice 2019 : 83 M$). Au deuxième rang se trouve l’albertaine Aurora Cannabis (produit d’exploitation net du 3e trimestre de l’exercice 2019 : 54,2 M$).

2) VENTE AU DÉTAIL : UN FLOU À DISSIPER

Même si toutes les provinces permettent la vente en ligne, l’organisation de la vente au détail varie grandement d’une province à l’autre. Au Manitoba, par exemple, on compte 23 points de vente de cannabis autorisés. En Ontario, le gouvernement a mis en place un système de loterie pour l’attribution des 25 premières licences de vente au détail de cannabis (ouverture le 1er avril 2019). Fait à noter, près de la moitié de ces détaillants ont reçu une amende pour avoir été incapables d’ouvrir à temps.

Le gouvernement de l’Ontario va tenir une loterie le 20 août prochain pour accorder 42 autres licences, en plus de 8 licences additionnelles pour des détaillants situés dans des réserves des Premières Nations. Cette fois-ci, on a prévu des exigences de capitalisation strictes pour les soumissionnaires.

3) CHIFFRES EN HAUSSE, RÉSULTATS INCERTAINS

On ne s’étonnera pas d’apprendre que la vente, la consommation et les revenus fiscaux ont été considérables depuis le 17 octobre 2018. Entre cette date et le 31 mars 2019, Ottawa et les provinces ont touché au total 186 M$ en taxes de toutes sortes sur la vente de cannabis.

Soit, mais les experts soulignent qu’il faut se garder d’échafauder des hypothèses en fonction de ces chiffres initiaux. De l’avis d’Armand Capisciolto, associé national, Normes comptables, à BDO Canada, « on n’aura pas un portrait clair du volume de taxes généré par ce secteur jusqu’à ce que le portrait de la vente au détail de chaque province soit lui-même bien clair ».

4) DE LA CULTURE À LA VALEUR AJOUTÉE

Ces dernières années, le Canada a pris les devants pour ce qui est du financement des sociétés productrices de cannabis, mais les producteurs se demandent maintenant s’il ne vaudrait pas mieux concentrer la culture de ce produit dans des pays où les coûts seraient moindres, par exemple en Colombie. C’est là une observation exprimée par Maruf Raza, associé et directeur national, Sociétés ouvertes, à MNP.

Par ailleurs, une fois que le marché du « cannabis non combustible » (produits divers contenant du cannabis) sera légal, celui-ci pourrait bien devenir aussi important que celui du cannabis à fumer, un jour. On sait qu’un grand nombre de consommateurs sont ouverts à l’idée d’utiliser du cannabis autrement que pour le fumer (p. ex. dans des produits de soins).

Comme l’explique M. Raza : « Ça signifie qu’une bonne partie de la croissance à venir sera le fait de sociétés qui ne cultivent pas elles-mêmes la plante. Elles seront plutôt actives du côté de l’extraction de composés ou de la distribution, ou dans toute autre facette de la chaîne de valeur. »

5) SIGNES DE CONSOLIDATION

Selon M. Raza, on voit déjà des signes de consolidation dans le secteur.

« Ces deux dernières années, c’était très facile pour les producteurs de cannabis du Canada de financer leurs activités. Maintenant, c’est moins le cas, de sorte qu’il faut s’attendre à voir plus de fusions et d’acquisitions. Pour des raisons stratégiques, certaines entreprises de taille moyenne pourraient bien vouloir faire équipe pour concurrencer les gros joueurs. »

6) ET L’EUROPE DANS TOUT ÇA?

À l’échelle mondiale, les pays qui sont en voie de devenir des centres névralgiques de culture du cannabis (p. ex. Colombie ou certains pays du sud de l’Afrique) ont bien l’intention de faire de l’Europe leur principal marché.

Maruf Raza : « En termes de légalisation, tout n’est pas pareil partout en Europe. Chaque pays poursuit sa réflexion ou fait des changements à son rythme. Il y a encore pas mal de discussions sur les quantités qui devraient être cultivées sur le continent même. »

Par conséquent, les intéressés s’empressent actuellement de prendre pied sur le marché européen, particulièrement en Allemagne, ou vont de l’avant grâce à leur certification UE-BPF.

CANNABIS ET COMPTABILITÉ

Participez au webinaire de CPA Canada qui se tiendra le 26 septembre 2019. Vous pourrez ainsi entendre parler de l’état actuel de ce secteur et de certaines des implications connexes sur le plan de la comptabilité.