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 Une femme regarde ses factures à la table de la cuisine
Fêtes
Finances personnelles

5 conseils pour réduire les achats impulsifs du temps des Fêtes

Méfiez-vous des achats qui comblent des besoins émotionnels et qui risquent de vous mener sur la pente glissante de l’endettement.

 Une femme regarde ses factures à la table de la cuisinePour réduire les achats imprévus, il importe de cerner quels sentiments les déclenchent. (Getty/Francesco Carta fotografo)

Les achats impulsifs, ou émotifs, ne sont pas un phénomène rare. Une étude menée aux États-Unis par Mint Intuit a montré que 49 % des personnes sondées avaient acquis un bien en vue d’accroître leur niveau de bonheur, pour le regretter par la suite dans 30 % des cas.

Les achats émotifs, explique Katy Kamkar, psychologue clinicienne au Centre de toxicomanie et de santé mentale, conduisent à la libération d’endorphines, ce qui nous amène à nous sentir bien sur le coup, mais, à long terme, ils peuvent engendrer des remords, surtout quand notre niveau d’endettement augmente. À l’approche du temps des Fêtes, les personnes qui ont tendance à faire de la « thérapie par le magasinage » peuvent prendre certaines mesures pour éviter de retomber dans leurs mauvais plis.

« Voilà une période importante pour prendre conscience de ses habitudes, fait observer Mme Kamkar. Outre les cadeaux de Noël, il faut penser au stress qui suit parfois le temps des Fêtes quand on y est allé un peu trop fort sur les dépenses et qu’on se retrouve avec des dettes. »

Au lieu de nier le problème et de remplir votre chariot, lisez quelques conseils pour vous aider à contrer l’envie de faire des dépenses irréfléchies avant ou pendant la période des Fêtes.

1. ATTENDEZ

Prenez le temps de remettre en question les achats envisagés, suggère Michael Massoud, CPA, directeur de projets, Activités, Responsabilité sociétale, à CPA Canada.

« Un délai de réflexion vous aidera à déterminer si oui ou non cet achat vous rendra plus heureux. Si oui, et que l’achat est raisonnable, allez de l’avant. Mais 9 fois sur 10, dans mon cas, la réponse est non. Je change d’idée et j’évite une dépense. »

En éliminant l’impulsivité de vos achats en ligne ou en personne, vous pourriez contrer cette envie de dépenser.

« C’est bien de faire l’effort de reporter la dépense », explique David Trahair, CPA, expert en finances personnelles et auteur du guide pratique (gratuit) de CPA Canada intitulé Survive and Thrive: Move ahead financially after losing your job. Évidemment, comme les achats émotifs sont liés à des sentiments, si on se donne le temps de penser à autre chose, on a moins tendance à agir en fonction de ces déclencheurs.

« La pandémie a rendu le magasinage encore plus facile pour certaines personnes, car il n’est plus nécessaire de sortir de chez soi pour cette activité », rappelle M. Trahair, qui ajoute que les publicités en ligne ciblées font également augmenter la tentation de dépenser.

L’expert suggère de remettre les achats au lendemain, surtout dans le cas d’un article de grande valeur, pour voir s’il s’agit d’une envie ou d’un besoin. « Si le bien en question n’est pas si nécessaire, l’envie disparaîtra. »

2. ANALYSEZ VOTRE COMPORTEMENT ET TÂCHEZ DE LE CORRIGER

Mme Kamkar suggère de tenter de cerner les facteurs qui nous incitent à dépenser, que ce soit la tristesse, le stress, la solitude ou même le bonheur. Il est important de mettre le doigt sur les principaux problèmes, pour comprendre les habitudes de consommation. Ensuite, dit-elle, à vous de miser sur des stratégies proactives.

Selon la psychologue, en se détachant de tout sentiment impulsif, on obtient de meilleurs résultats. « Remplacez cette impulsion par un comportement sain. » Par exemple, attelez-vous à la rédaction de cet important courriel que vous remettez depuis quelque temps ou allez marcher, en vous tenant bien sûr loin de tout commerce tentant. Mme Kamkar recommande également de ne pas apporter d’argent ou de n’avoir qu’une petite somme, pour éviter les dépenses excessives.

« Ainsi, on limite le nombre de facteurs qui rendent plus vulnérables. »

3. FAITES LE SUIVI DE VOS FINANCES

En établissant un budget, on parvient mieux à cerner et à maîtriser ses habitudes de consommation. L’exercice met également en évidence les objectifs à court et à long terme qui peuvent nous motiver à résister à l’envie de dépenser, quand on est en proie à des émotions fortes.

Il est ensuite important que vous analysiez votre budget et vos dépenses en cours de route, dit M. Trahair. Même l’examen d’un seul mois d’activité peut généralement révéler une image claire de vos habitudes.

« Le suivi de vos dépenses est de loin la meilleure chose que vous puissiez faire, car il s’agit du portrait réel de ce que vous avez fait avec votre argent, et d’un bon prédicteur de vos choix futurs. »

Si vos achats impulsifs ont conduit à l’endettement, le plan de remboursement approprié sera propre à chacun, mais l’essentiel est de commencer quelque part. Selon M. Trahair, on peut se tourner vers une ressource en ligne gratuite telle que mint.com ou même vers un journal des dépenses, où l’on note tout à la main. Ce n’est pas la façon de faire qui compte, mais le fait de suivre cette discipline, dit-il.

4. LIMITEZ VOTRE CAPACITÉ DE DÉPENSER

Pour maîtriser ses dépenses, ajoute M. Trahair, on peut aussi troquer une carte de crédit à taux d’intérêt élevé et à limite élevée contre une carte à faible taux d’intérêt et à limite réduite. Ainsi, la dette potentielle sera bien moindre. « Quand vous atteignez la limite de crédit permise, vous ne pouvez plus rien acheter avec cette carte », explique-t-il.

M. Trahair recommande également de faire programmer des virements automatiques dans des placements bloqués, pour éviter de dépenser, voire de dilapider, de l’argent durement gagné.

« Faites transférer automatiquement un montant de votre compte bancaire, ou peut-être même de votre paie, vers un REER ou un compte d’épargne », suggère-t-il.

5. ENTRETENEZ UN DIALOGUE INTÉRIEUR POSITIF

Reconnaître ses mauvaises habitudes n’est jamais facile... et pour apporter des changements positifs, il faut adopter une approche holistique, dit Mme Kamkar. « On peut se féliciter et se réjouir de ses réussites ou de ses traits de personnalité. »

Le fait de garder à l’esprit des caractéristiques ou des idées encourageantes, en particulier devant l’écran – un contexte à risque –, peut nous aider à maintenir une approche positive, au lieu de céder à un comportement non souhaitable.

« Un jour, tous ces efforts mèneront à des émotions positives, ce qui pourrait bien faire diminuer le stress. Vous vous sentirez alors en confiance, en possession de vos moyens », conclut-elle.

DES RESSOURCES POUR DÉPENSER JUDICIEUSEMENT

CPA Canada vous propose un éventail de ressources en littératie financière qui pourront vous aider à prendre votre santé financière en main. Assurez-vous également que vos placements ne soient pas guidés par vos émotions et voyez comment réduire les dépenses inutiles du temps des Fêtes.