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Tim Houston
Comptabilité
La profession

« Mon bagage de CPA m’a permis de partir du bon pied »

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse nous livre ses réflexions sur le rôle de son bagage de CPA dans sa carrière politique*.

Tim HoustonTim Houston, FCPA, FCA, est devenu premier ministre de la Nouvelle-Écosse en 2021. (Archives personnelles)

* Cet article a été publié pour la première fois en novembre 2022, sur le site de CPA Nova Scotia. Nous le reproduisons intégralement, avec la permission de l’ordre.

La ville d’Halifax se dévoile dans toute sa splendeur, par la fenêtre du premier ministre de la Nouvelle-Écosse. À la barre de la province depuis un an**, Tim Houston, FCPA, FCA, a pris en main de lourdes responsabilités. Il nous accueille chaleureusement dans son bureau pour faire le point sur les faits saillants et les défis de l’année.

Lors de son assermentation, le 31 août 2021, Tim Houston est devenu le 30e premier ministre de la province. Titulaire d’un baccalauréat en commerce de l’Université Saint Mary’s, comptable agréé, et FCPA depuis novembre 2020, il estime que son bagage de CPA joue un rôle clé dans son travail.

Comment s’est passée votre première année?

Œuvrer pour cette magnifique province est un véritable privilège. C’est un travail exigeant, mais qui m’apporte énormément. Bien entendu, quand on commence, c’est un nouvel emploi, qui s’accompagne d’une période d’apprentissage. La différence, dans le cas d’un nouveau gouvernement élu, c’est que nous sommes plusieurs à faire nos premiers pas : les ministres assument de nouveaux rôles, tout comme les membres de mon équipe proche et d’une grande partie du caucus. Malgré tout, nous gardons le cap et je dirais que nous fonctionnons à plein régime.

Vos responsabilités correspondent-elles à vos attentes?

Plus jeune, je n’aspirais pas à devenir politicien. Le mot est tellement chargé de connotations péjoratives. C’est presque une insulte de qualifier quelqu’un de « politicien ». Mais, ce qui me plaisait, c’était d’être un moteur de changement, un changement d’envergure, pour les citoyennes et citoyens de la province.

Je ne m’attendais pas à voyager autant, mais rencontrer des gens de partout en Nouvelle-Écosse a été fort enrichissant. Voir à quel point ma présence et mon écoute comptaient m’a rappelé, de façon positive, que j’endosse une responsabilité cruciale.

En quoi votre bagage de CPA vous a-t-il aidé dans votre rôle?

Ce n’est pas une mince affaire de gouverner une province, de gérer des budgets et d’investir tout en tenant compte des priorités établies. Les compétences analytiques que j’ai acquises au cours de ma carrière m’aident à bien gérer les deniers publics. Comme je comprends les tenants et aboutissants des finances, je réussis aussi à tirer le maximum de ressources limitées, au profit de toute la province.

Mes antécédents de CPA m’ont permis de partir du bon pied et je crois que j’aurais eu des difficultés, sans ce bagage. Grâce à ma formation, j’étais fin prêt à examiner et à analyser rapidement des informations.

Tim Houston s’exprime en extérieur« Œuvrer pour cette magnifique province est un véritable privilège » considère Tim Houston. (Photo fournie)

Qu’auriez-vous souhaité faire autrement?

Je regrette d’avoir déposé un projet de politique sur les impôts fonciers des non-résidents à l’Assemblée législative. Après l’avoir présenté, nous avons choisi de faire marche arrière. C’était une expérience formatrice, mais il aurait sans doute été préférable de ne pas entamer la démarche, tout simplement. Il faut dire que la rapidité décisionnelle fait partie de mes compétences clés : je peux prendre 10 fois plus de décisions, sur-le-champ, que la plupart des gens. Évidemment, les erreurs sont inévitables quand on doit trancher dans les plus brefs délais, quel que soit le rôle qu’on joue, comme premier ministre, comme père, et ainsi de suite. Il faut alors se demander s’il est essentiel de saisir les occasions et de passer à l’action, avant tout. Pour moi, qui suis plutôt pragmatique, la réponse est claire. Au risque d’avoir bousculé certains intervenants, je ne regrette pas d’avoir mis en œuvre sans délai des solutions devant l’urgence des questions à régler. Je suis satisfait non seulement des mesures que nous avons prises pour régler les problèmes rencontrés, mais aussi de l’approche proactive que nous avons adoptée.

Comment composez-vous avec les critiques?

Quand je prends des décisions, j’ai toujours à cœur de bâtir un meilleur avenir pour la Nouvelle-Écosse, qui en sera d’autant plus forte. Sans être parfaites dès le départ, les nouvelles politiques sont toujours élaborées dans l’intérêt de la province, d’après les informations dont nous disposons. Cela dit, les journalistes et les citoyens sont parfois bien sévères. Nous devons constamment nous rappeler que nous avons pris la meilleure décision possible à l’époque, et reconnaître que des améliorations peuvent désormais être apportées. On fait ainsi preuve de maturité.

Comment conciliez-vous travail et vie personnelle?

Je suis encore à la recherche de l’équilibre. Je tiens à passer plus de temps à la maison, avec ma famille, et, pour reprendre les paroles de mon père : « Il ne faut pas perdre de vue l’ensemble. » J’ai choisi de consacrer une partie de ma vie à la fonction publique, alors, certains sacrifices sont donc inévitables. Je fais toutefois des efforts constants pour être un père attentif et un époux présent. Tout le monde se heurte à ce genre de dilemme. À l’aube de la deuxième année de mon mandat, c’est un sentiment de fierté à l’égard de nos réalisations et un vent d’optimisme qui m’habitent.

À quoi ressemblent vos sorties en famille?

Impossible de visiter un lieu public incognito : les gens chuchotent sur notre passage et certains viennent nous dire bonjour. Un soir, alors que je soupais au restaurant avec ma femme, Carol, quelqu’un m’a dit : « Je ne voudrais surtout pas vous déranger, mais je tiens à vous dire que je regrette de ne pas avoir voté pour vous. » C’est l’un des plus beaux compliments que j’aie reçus.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail?

J’ai posé la même question au premier ministre MacNeil! Il m’a répondu : « Quand on fait un travail comme le nôtre, chaque jour est exceptionnel. » Malgré les multiples imprévus et les mauvaises journées, il ne faut jamais perdre de vue que ces fonctions nous octroient l’incomparable privilège d’apporter des changements positifs à l’échelle de la province. Nous sommes particulièrement bien placés pour mettre en place des politiques utiles et répondre aux besoins des citoyens. Savoir que je peux améliorer leur qualité de vie, c’est ce qui me motive jour après jour. À l’inverse, la presse et les médias sociaux insistent plutôt sur les problèmes et débordent de négativité. Les observateurs se permettent de tout critiquer, et pas toujours de façon constructive : vos capacités intellectuelles, votre apparence, bref, tout ce que vous êtes. Mais que représentent ces critiques quand on a la possibilité de changer les choses? Un sentiment d’urgence m’anime, car je dispose d’un temps limité pour y parvenir. Ce sont les électrices et électeurs qui décideront quand je devrai tirer ma révérence. Ainsi, chaque journée est d’autant plus précieuse, et j’essaie de faire avancer des dossiers, au quotidien.

Quels espoirs nourrissez-vous pour la Nouvelle-Écosse?

Nous réussissons fort bien à faire la promotion de notre province. Par contre, nous sommes plutôt humbles, et je dis souvent que nous avons tout à gagner à prendre de l’assurance sur l’échiquier national et international. Nous voulons que la province marque des points. Alors, pour réussir, n’hésitons pas à vanter les mérites de notre magnifique province!

** Cet article a été publié en novembre 2022, quand Tim Houston terminait la première année de son mandat. Il est aujourd’hui premier ministre depuis deux ans.

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