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L’importance du réseau pour trouver un premier emploi au Canada

Pour maximiser vos chances de trouver du travail, développez votre réseau et renseignez-vous sur les particularités du Canada.

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Homme femme, serrer main, à, réseautage, événementPour les professionnels formés à l’étranger, un des obstacles les plus difficiles à surmonter est l’absence de réseau professionnel. Après tout, l’important n’est pas toujours ce qu’on connaît, mais qui on connaît. (Getty Images/Luis Alvarez) 

Les nouveaux arrivants ont parfois du mal à trouver un premier emploi, notamment à cause de leur manque d’expérience professionnelle dans leur pays d’adoption.

« Lorsqu’ils reçoivent un CV, de nombreux employeurs vérifient tout d’abord si le candidat a de l’expérience au Canada, qu’elle soit pertinente ou non dans son cheminement de carrière, affirme Sheila Cheung, agente de recrutement étudiant pour CPA British Columbia (CPABC). C’est ce qui complique la tâche pour les immigrants qui veulent décrocher un premier emploi dans leur domaine au pays. »

Allison Pond, chef de la direction d’ACCES Employment, est bien au fait des obstacles auxquels les néo-Canadiens font face. ACCES est une agence de placement dont la clientèle, dit-elle, est composée à 80 % d’immigrants. 

« Notre expérience montre que les immigrants, aussi talentueux soient-ils, ne réussissent pas toujours à bâtir un réseau et à travailler dans leur domaine. Plus le temps avance, plus ça devient difficile. »

Voici quelques conseils pour trouver des emplois intéressants au Canada. 

COMMENCEZ VOS RECHERCHES AVANT VOTRE ARRIVÉE

Vous prévoyez vous installer au Canada dans quelques mois? Prenez de l’avance et entamez vos démarches dès maintenant. Si vous voulez travailler dans votre domaine et que vous avez la formation et l’expérience nécessaires, renseignez-vous sur les « programmes passerelles ».

« Je crois que les immigrants ont intérêt à se préparer à la recherche d’emploi alors qu’ils sont encore dans leur pays d’origine », soutient Carmen Jacques, directrice du recrutement étudiant à CPA Ontario. Mme Jacques travaille principalement avec des professionnels formés dans d’autres pays, qui communiquent souvent avec elle avant leur arrivée au Canada. « J’organise des webinaires sur les voies d’accès au titre de CPA. Nous parlons également du marché de l’emploi, de la préparation et des outils de recherche d’emploi. »

Mme Jacques explique que CPA Ontario s’est associée à des organismes comme CPAC (anciennement la Chinese Professionals Association of Canada), qui compte un programme passerelle destiné aux professionnels de la comptabilité formés à l’extérieur du Canada. Le but n’est pas d’offrir aux candidats un accès direct au programme de CPA, mais bien de les aider à décrocher un premier emploi pour obtenir par la suite le titre de CPA.

« Nous leur parlons, bien sûr, du titre et des étapes à suivre pour l’obtenir, mais nous les aidons surtout à entrer sur le marché du travail. »

Une autre mesure à prendre avant votre arrivée consiste, comme diraient les experts, à adapter votre CV à la réalité canadienne – un bon moyen de vous démarquer auprès des recruteurs et des gestionnaires. Rédigez votre CV en fonction de la description du poste : mettez en valeur vos réalisations et compensez les lacunes par votre expérience de bénévolat, votre formation ou toute autre tâche ou activité que vous avez accomplie. Il existe même des outils en ligne pour comparer votre CV à la description d’un poste, par exemple Jobscan.

ÉLARGISSEZ VOTRE RÉSEAU

Pour les professionnels formés à l’étranger, un des obstacles les plus difficiles à surmonter est l’absence de réseau professionnel. Après tout, l’important n’est pas toujours ce qu’on connaît, mais qui on connaît. 

Mme Pond fait observer que 80 % des postes à pourvoir feraient partie du « marché caché de l’emploi », c’est-à-dire qu’ils ne seraient pas affichés en ligne. « Ce marché est inaccessible aux nouveaux arrivants, qui ne connaissent personne », explique-t-elle.

Mme Jacques en sait quelque chose. À Mumbai (en Inde), où elle a grandi, elle n’avait pas besoin de bâtir de réseau. « Mon entourage, à savoir mes amis et les membres de ma famille, formait mon réseau. Mais à mon arrivée au Canada, je n’avais plus personne. »

Pour favoriser le partage de conseils et d’expériences, les organisations provinciales de CPA tiennent plusieurs activités destinées aux futurs CPA, qu’ils soient formés au Canada ou à l’étranger. Par exemple, CPABC organise des soirées de réseautage et d’entrevues ainsi que diverses activités dans le cadre de sa série consacrée aux influenceurs. Quant à l’Ordre des CPA du Québec, il dispose d’une équipe de soutien affectée à l’intégration des professionnels formés dans d’autres pays, notamment par des séances d’information et un accompagnement personnalisé.

« Aux yeux de l’Ordre, la diversité culturelle est une richesse pour la profession comptable », déclare Hélène Racine, FCPA auditrice, FCA, vice-présidente, Accès à la profession et développement professionnel à l’Ordre des CPA du Québec. « L’accompagnement des nouveaux arrivants dans leur intégration à la profession et au marché du travail est donc très important pour nous. Nous avons adopté différentes mesures qui permettent aux nouveaux arrivants de se familiariser avec l’environnement de la profession comptable au Québec et de s’intégrer rapidement au marché de l’emploi. »

Le mentorat est un autre excellent moyen d’élargir votre réseau. Dans cette optique, l’organisme ACCES Employment propose des jumelages en accéléré : les participants discutent un bref moment avec un employé exerçant une profession donnée, puis passent à la personne suivante dès que la cloche sonne.

« En plus de repartir avec beaucoup de nouveaux contacts, les participants reçoivent une foule de conseils de la part de mentors, affirme Mme Pond. Autant les employés que les employeurs sont abasourdis par tout le talent que les nouveaux arrivants peuvent apporter au Canada. » 

OUTILLEZ-VOUS POUR RÉUSSIR

Mme Jacques rappelle que pour avoir le privilège de vivre au Canada, les immigrants qualifiés doivent prouver leurs compétences linguistiques. Cependant, pour réussir son intégration, il faut non seulement parler la langue de tous les jours, mais aussi le jargon de la profession.

« Pour survivre sur le marché du travail en tant que comptable, il est indispensable de connaître le vocabulaire du domaine, car il existe parfois des différences selon les pays. »

Pour réussir leur intégration, les immigrants doivent également s’adapter à la culture d’entreprise au Canada – un obstacle que Mme Jacques a dû surmonter à son arrivée.

« Au Moyen-Orient, où j’ai travaillé auparavant, la hiérarchie est très importante. Les employés se voient attribuer des tâches et doivent simplement faire ce qu’on leur demande. C’est parfois très différent de ce qu’on voit ici, où l’on met l’accent sur la collaboration. Bref, la réussite passe par celle de toute l’équipe. Je crois que cette différence m’a nui à certains égards. »

Les programmes passerelles et les organismes communautaires tels qu’ACCES Employment visent à aider les immigrants non seulement à se familiariser avec une terminologie jusqu’ici inconnue, mais aussi à s’adapter à une nouvelle culture du travail. Les choses à faire et les pièges à éviter, de même que la façon de s’exprimer et le moment opportun pour le faire, ne sont pas les mêmes partout. L’Université Ryerson propose d’ailleurs un cours sur la communication en milieu de travail au Canada. L’objectif est d’accroître la capacité d’insertion et le degré de préparation des professionnels formés à l’étranger qui participent à des programmes passerelles.

Mme Cheung souligne que des services d’aide à l’établissement des immigrants sont offerts dans chaque province. « À cette fin, les fournisseurs proposent un accès gratuit à des programmes, à des ressources et à des prêts à faible taux d’intérêt. » 

ATELIERS POUR NÉO-CANADIENS 

CPA Canada propose des formations destinées aux nouveaux arrivants sur différents sujets tels que le fonctionnement du crédit, la production d’une déclaration de revenus et la constitution d’un patrimoine au Canada.

POUR GAGNER DE L’EXPÉRIENCE


Bénévolat
Carmen Jacques est d’avis que le bénévolat a la cote au Canada. « Le bénévolat permet aux candidats de se démarquer, d’apprendre et de faire des erreurs dans un espace sûr. De plus, c’est un bon moyen d’acquérir une première expérience canadienne qui sera reconnue par de nombreux employeurs. Grâce au bénévolat, le candidat pourra fournir des références qui donneront du poids à sa candidature. En prime, il aura découvert notre culture du travail même sans avoir occupé d’emploi rémunéré. »

Prise de contact éclair
À défaut de vous accorder un entretien d’embauche, de nombreux dirigeants d’entreprises accepteront de vous rencontrer pour une vingtaine de minutes. « Vous pourrez découvrir les activités de l’entreprise et les postes qu’on y occupe, explique Mme Jacques. Des professionnels nouvellement établis au Canada demandent ce type d’entretien, et, à mon avis, ils en retirent de nombreux avantages. »

Placement temporaire
Pour pourvoir des postes en comptabilité, les recruteurs se tournent généralement vers les étudiants en comptabilité et les CPA. Cela dit, les immigrants qui cherchent un emploi dans le domaine ne devraient pas négliger les postes temporaires, dit Mme Jacques. « Profitez-en pour ajouter de l’expérience à votre CV et rehausser votre crédibilité. Vous pourrez trouver un poste permanent plus tard. »