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Canada
Finances personnelles

Le REER vous convient-il?

Le REER est généralement considéré comme un des meilleurs moyens d’épargner en vue de la retraite. Voici quelques règles qui vous aideront à déterminer si un tel régime convient à votre situation.

la main déposer une pièce dans l'un des deux pots étiquetés «NOW» et l'autreLe REER n’est pas juste une stratégie pour réduire l’impôt à payer, mais un moyen d’investir dans votre avenir, explique Michael Deepwell. (Getty Images)

Placer ses épargnes dans un REER ou ailleurs? Une question existentielle qu’entend constamment Michael Deepwell, CPA, CA, CFP, AVA, directeur chez Lamp Financial, à Vancouver.

« Les clients me demandent toujours s’ils doivent cotiser à un REER... La réponse courte, c’est oui. Mieux vaut épargner, ne serait-ce qu’un peu, que pas du tout. »

Si vous vous posez sérieusement la question, lisez ces quelques principes, qui devraient vous éclairer. [Voir aussi REER : quels facteurs considérer?]

SITUATIONS OÙ LE REER EST TOUT À FAIT SENSÉ

1. Vous prévoyez que, le jour où vous retirerez des fonds d’un REER, votre revenu imposable sera inférieur à votre revenu imposable actuel.

Pendant vos années de vie professionnelle active, les cotisations au REER font baisser votre revenu imposable. Comme l’explique M. Deepwell, si vous avez gagné 80 000 $ dans une année et que vous réclamez une déduction de 10 000 $ du fait d’avoir cotisé cette somme à votre REER, alors votre revenu imposable sera réduit d’autant, ce qui signifie une économie d’impôt d’environ 31 % (3 100 $). Le pourcentage réel dépendra de votre taux d’imposition marginal. Plus votre revenu imposable est élevé, plus votre taux d’imposition marginal le sera – et plus la déduction REER sera avantageuse.

Lorsque vous retirez une somme d’un REER, la totalité de cette somme s’ajoute à votre revenu imposable de l’année en question, avec toute autre source de revenu, par exemple une rente d’un régime public et, éventuellement, celle du régime de retraite d’un employeur. Il est donc important de prendre en compte toutes les sources de revenus – et non seulement les retraits que vous ferez à même vos épargnes personnelles – aux fins de la planification de vos revenus de retraite.

2. Lorsque le temps jouera en votre faveur.

Comme le mentionne M. Deepwell, vous pouvez commencer à cotiser à un REER dans l’année qui suit celle où vous avez inscrit pour la première fois un revenu gagné dans une déclaration de revenus. Cela peut donc être dans l’année qui suit l’année où vous avez reçu un premier chèque de paie. (Dans le cas d’un adolescent, les parents garderont le pouvoir de signer les documents jusqu’à ce que le jeune ait atteint l’âge de la majorité.)

« Étant donné qu’on peut cotiser jusqu’à 71 ans, cela donne un potentiel d’environ 55 ans où les cotisations pourront produire de l’intérêt à l’abri de l’impôt », fait valoir M. Deepwell. [Voir Toute la vérité sur les REER.]

3. Quand le régime d’un employeur prévoit des prestations peu élevées, ou que vous ne bénéficiez pas d’un tel régime.

Le financement de la retraite, comme le rappelle le comptable, repose sur trois piliers : prestations d’un régime public (RPC ou RRQ), prestations de la Sécurité de la vieillesse (programme fédéral) et revenus de source privée, à savoir votre épargne-retraite personnelle ou le régime de retraite d’un employeur (ou les deux).

Si vous êtes à votre compte, que le régime de votre employeur est peu généreux ou que vous avez décidé de ne pas y participer, il vous revient de prendre toutes les mesures nécessaires pour subvenir à vos besoins, une fois l’heure de la retraite venue. Vous pourriez placer de l’argent dans un REER, un CELI ou d’autres types de comptes, ou investir dans une maison, par exemple.

4. Lorsque vous voulez ou pouvez cotiser maintenant, mais que vous préférez demander la déduction plus tard.

Ce pourrait être le cas d’étudiants qui ont occupé un emploi d’été, par exemple, précise M. Deepwell.

« Si vous travaillez seulement une partie de l’année, vous serez probablement dans une fourchette d’imposition basse. Toutefois, vous savez que dans deux ou trois ans, vos revenus ont de bonnes chances d’être supérieurs. Alors, oui, il est possible de faire un placement, qui commencera à fructifier à l’abri de l’impôt, et de demander la déduction REER, en tout ou en partie, dans l’année ou les années subséquentes (les déductions REER non utilisées peuvent être reportées sur une période indéfinie). Le cas échéant, la déduction sera certes répartie dans le temps, mais votre placement, lui, aura eu le temps de croître. Quand vos revenus seront plus élevés, vous serez heureux de faire baisser votre facture fiscale grâce à une cotisation REER faite quelques années auparavant. »

SITUATIONS OÙ LE REER EST PROBABLEMENT UNE OPTION MOINS JUDICIEUSE

1. Lorsque vous vous attendez à être dans une fourchette d’imposition supérieure le jour où vous retirerez des fonds.

Comme le dit M. Deepwell, c’est le scénario tout à fait inverse du point 1 ci-dessus.

« Si vous avez un revenu imposable élevé au moment de retirer des fonds, vous serez probablement assujetti à un taux d’imposition élevé. »

Quand on se met à faire une véritable planification, on réalise à quel point les diverses sources de revenus ont des incidences les unes sur les autres. Par exemple, les retraits d’un REER combinés aux prestations d’un régime d’employeur et aux prestations d’un régime public pourraient faire en sorte que vous dépassiez le seuil qui déclenche ce qu’on appelle la « récupération de la Sécurité de la vieillesse ». Cela signifie qu’en plus de payer beaucoup d’impôt, vous pourriez devoir rembourser une partie ou la totalité des prestations SV.

2. Lorsque vous bénéficiez d’un régime de retraite assez généreux, comme avantage social, ou que vous avez d’autres sources de revenus imposables.

Si votre employeur offre des cotisations de contrepartie ou un régime de retraite à prestations déterminées qui vous versera, disons, 5 000 $ par mois, vous n’avez probablement pas besoin d’un REER pour vous assurer d’une retraite décente, croit M. Deepwell. « Avec les prestations de l’État et un régime d’employeur généreux, il est logique de profiter au maximum de ces revenus. »

Si vous avez par ailleurs d’autres sources de revenus, vous aurez peut-être moins besoin de compter sur un REER. Tout dépend aussi du train de vie que vous envisagez d’avoir à la retraite. Vous voudrez sûrement faire appel à un professionnel des finances pour trouver le juste équilibre entre vos revenus à la retraite et vos choix de vie. En tout cas, il convient de consulter un comptable fiscaliste avant de mettre vos plans en œuvre.

Cela dit, il vous revient de prendre la décision de cotiser à un REER ou non, en fonction de votre situation financière. Une chose est sûre, martèle M. Deepwell, il faut se rappeler la valeur inhérente de l’épargne pour l’épargne.

« En fin de compte, il faut voir le REER non pas juste comme une stratégie pour réduire l’impôt à payer, mais aussi comme un moyen d’investir dans votre avenir. »

EN SAVOIR PLUS SUR L’ÉPARGNE-RETRAITE

Pour en savoir davantage sur le REER et comparer ce vecteur d’épargne avec d’autres options, lisez notre article Comprendre les REER et les CELI ou commandez notre ouvrage intitulé Retraite en vue : guide du retardataire. Pour organiser la tenue d’un atelier instructif dans votre localité, consultez notre page sur la planification de la retraite.