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Figurine miniature d'un homme d'affaires debout sur une pile de vraies pièces de monnaie, avec d'autres piles de pièces de monnaie créant un escalier
Canada
Finances personnelles

Toute la vérité sur les REER

De nombreuses fausses idées circulent au sujet des REER. Alors que la date limite de cotisation approche, nous faisons la lumière sur cet instrument d’épargne.

Miniature figurine of a businessman standing on a stack of real coins, with other stacks of coins creating a stair upwards Si vous prévoyez que votre taux d’imposition sera inférieur à la retraite, il est normalement préférable de cotiser à un REER. (Shutterstock/Khongtham)

C’est parti, le sprint des REER est commencé. Dans les 60 premiers jours de l’année, un grand nombre de contribuables canadiens augmentent les cotisations à leur REER afin de réduire l’impôt à payer pour l’année précédente.

Malheureusement, de nombreuses fausses idées circulent au sujet des REER, jetant la confusion dans l’esprit des épargnants. C’est pourquoi nous avons décidé de déboulonner cinq des croyances erronées les plus tenaces sur l’épargne-retraite.

1. Il ne sert à rien de cotiser à un REER puisqu’à la retraite, il faut payer en impôts toutes les sommes épargnées

Cette idée est très répandue, mais est totalement fausse, comme l’explique Jamie Golombek, CPA, CA, de Planification financière et conseils CIBC, dans un rapport publié en 2018.

« Vous payez de l’impôt sur les sommes retirées d’un REER, mais n’oubliez pas que vous obtenez aussi une déduction fiscale pour les cotisations qui y sont versées. Si votre taux d’imposition pour l’année où vous versez la cotisation est le même que pour l’année du retrait, le REER offre un taux de rendement complètement exonéré d’impôt. Si le taux d’imposition est moins élevé l’année du retrait, vous obtenez un taux de rendement après impôt encore plus élevé sur votre placement dans un REER. »

2. Il est préférable d’investir dans un CELI plutôt que dans un REER

Dans un sondage mené par la CIBC en janvier 2018, 67 % des Canadiens disaient penser que les CELI étaient plus économiques sur le plan fiscal parce qu’ils sont complètement libres d’impôt. En réalité, les choses ne sont pas si simples. Certes, les cotisations au CELI ne sont pas déductibles d’impôt, contrairement aux cotisations au REER, mais lorsque viendra le temps de sortir votre argent, aucun impôt ne sera perçu sur les sommes retirées d’un CELI, alors que les sommes retirées d’un REER seront imposables. On dit donc souvent que le CELI est l’image inverse du REER.

Mais qu’est-ce que cela signifie pour un épargnant? Si vous prévoyez que votre taux d’imposition sera inférieur à la retraite, il est normalement préférable de cotiser à un REER, dit M. Golombek. Si, au contraire, vous vous attendez à payer plus d’impôt à la retraite, le CELI représente probablement une option plus avantageuse pour vous.

Faisal Butt, conseiller en placement chez Edward Jones, abonde en ce sens : « Si votre régime de retraite est bien garni, si vous prévoyez de travailler quand vous serez à la retraite ou si vous avez d’autres sources de revenus, vous devriez envisager de cotiser à votre CELI ou d’utiliser d’autres instruments de placement. » Il précise toutefois qu’un bon plan de retraite peut certainement compter un REER et un CELI.

3. Il est préférable de rembourser ses dettes

En effet, il est parfois préférable de rembourser ses dettes avant de mettre de l’argent de côté. Les experts s’accordent pour dire qu’il est généralement judicieux de rembourser ses emprunts à taux d’intérêt élevé, comme le solde d’une carte de crédit, avant de cotiser à un REER. Mais pour les autres types de dettes, dont les prêts hypothécaires, il est important de considérer votre situation financière particulière et d’autres facteurs importants avant de prendre une décision. Il s’agit souvent de trouver le juste équilibre.

« C’est une question de coût d’opportunité », dit Matthew Ardrey, conseiller en gestion de patrimoine et vice-président de TriDelta Financial, dans un article de Jonathan Chevreau publié par The Motley Fool. « Si votre épargne-retraite peut vous procurer un rendement supérieur à ce que vous coûte votre prêt hypothécaire, alors il me semble plus sensé d’investir. »

M. Butt précise toutefois que l’un n’empêche pas l’autre et que, pour la plupart des gens, la meilleure chose à faire est d’épargner tout en remboursant ses dettes.

4. Je n’ai pas assez d’argent pour investir dans un REER

Dans le sondage de la CIBC mentionné ci-dessus, la principale raison donnée pour ne pas cotiser à un REER – surtout parmi les répondants de 35 à 54 ans – est le manque d’argent. Pourtant, nul besoin de gagner un gros salaire pour commencer à mettre de l’argent de côté. Comme le souligne M. Golombek, verser de petits montants sur une base régulière peut rapporter gros.

« Supposons que vous versiez 100 $ chaque mois dans un REER entre l’âge de 30 ans et de 65 ans et que vous obteniez un taux de rendement de 5 % sur vos placements, dit-il. En 35 ans, vous aurez accumulé plus de 114 000 $ dans votre REER en vue de votre retraite. »

D’après les experts, il n’est pas si difficile qu’on peut le croire d’épargner. Selon M. Butt, il s’agit en fait de mettre de l’argent de côté avant de l’utiliser à d’autres fins. « On dit souvent que cette technique consiste essentiellement à ‟se payer soi-même”, et c’est une façon simple et aisée d’épargner davantage », ajoute-t-il. Par exemple, il est possible d’établir un plan d’épargne automatique auprès de sa banque ou de demander à son employeur de prélever des fonds sur sa paie. « Si votre employeur offre des cotisations de contrepartie ou contribue à un REER collectif en votre nom, vous devriez en profiter – c’est de l’argent qui vous est littéralement donné », poursuit-il.

5. Si j’investis trop dans un REER ou un FERR, la facture d’impôt sera élevée à mon décès

Comme l’explique M. Golombek, la juste valeur de marché des placements contenus dans votre REER ou votre FERR (fonds enregistré de revenu de retraite) à la date de votre décès doit être incluse dans votre revenu pour l’année, et cette somme est imposable à votre taux marginal d’imposition. Il existe toutefois des exceptions qui permettent le transfert de votre épargne à certains bénéficiaires en franchise d’impôt.

D’autres stratégies visent à réduire l’ampleur du patrimoine au décès. D’après M. Butt : « Une stratégie efficace de transfert de richesse peut vous aider à atteindre divers objectifs : distribuer votre patrimoine comme vous l’entendez, éviter les frais d’homologation, réduire les droits de succession, etc. Pour ce faire, vous pouvez notamment faire un don à un enfant adulte, souscrire une assurance vie permanente, établir une fiducie ou désigner un bénéficiaire. »

Peu importe la stratégie que vous choisissez, n’attendez pas trop avant de la mettre en œuvre, prévient-il. « Le temps passe rapidement, et ceux qui n’ont pas pris les mesures nécessaires peuvent avoir de mauvaises surprises », conclut-il.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR L’ÉPARGNE-RETRAITE

CPA Canada offre de nombreuses ressources qui peuvent vous aider, notamment en ce qui a trait à la planification financière, aux REER et aux CELI et à l’épargne-retraite. Pour organiser la tenue d’un atelier de littératie financière, consultez notre page sur la planification de la retraite.