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Un jeune homme est assis à son bureau.
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« Si quelqu’un a besoin de s’arrêter, nous lui accordons du temps sur-le-champ. »

Encourager les employés à prendre des congés, et respecter leur temps libre : pour prévenir l’épuisement professionnel, il faut voir à ce que les CPA se reposent quand ils en ont besoin.

Un jeune homme est assis à son bureauPour faire de la santé mentale une priorité au travail, il faut commencer par la prévention, c’est-à-dire s’assurer que les CPA vont bien à court, moyen et long terme. (Getty Images/TommL)

La question de la santé mentale et du bien-être s’impose de plus en plus en milieu de travail. Des initiatives de sensibilisation annuelles mettent le sujet à l’avant-plan, comme la Journée Bell pour la cause en janvier.

Voulant faire de la santé mentale une priorité, bien des organisations cherchent à mieux soutenir le personnel. Il est grand temps : quatre travailleurs sur dix dans le domaine de la finance disent souffrir d’épuisement.

LES CONGÉS « SANTÉ MENTALE », PAS UN TABOU!

Les cabinets sont de plus en plus nombreux à offrir des congés personnels à leurs employés pour leur permettre de s’occuper d’eux.

« L’important, c’est que les gens puissent décider eux-mêmes ce qu’ils font de ces congés », tranche Maryann Joseph, directrice des ressources humaines chez Fuller Landau.

Offrir de tels congés, c’est bien, mais encore faut-il préciser que les employés ne seront pas jugés s’ils en prennent. Les gestionnaires doivent savoir comment aborder les questions de santé mentale lorsqu’un membre de l’équipe a besoin d’un moment d’arrêt, explique Stephen Shea, FCPA, associé directeur chez EY Canada.

« Dans notre cabinet, nous ne posons pas de question. Si quelqu’un a besoin de s’arrêter, nous lui accordons du temps sur-le-champ. Nous avons constaté que si l’on répond aux besoins des gens, tout se passe bien à leur retour. Mais pour en arriver là, ils doivent d’abord savoir qu’il est possible de partir pour mieux revenir. »

DES CONGÉS HORS LIGNE

Il peut s’avérer plus difficile de prendre congé et d’oublier temporairement les demandes du bureau si l’on travaille dans un petit cabinet ou à son compte, concède Debbie Gorsline, FCPA, associée chez Anderson Gorsline à Calgary. « Comme les clients s’attendent à ce que nous soyons accessibles 24 heures sur 24, il devient plus difficile de fermer boutique. »

Pour cette associée, chacun doit aussi trouver ses propres solutions. « J’ai fini par comprendre que je n’étais pas obligée de travailler 12 heures par jour, que je peux décider que j’en ai assez fait. Comme comptable, il faut prendre soin de soi pour pouvoir répondre aux besoins des clients. »

Pour aider le personnel à profiter des congés, Deloitte a établi des lignes directrices sur la déconnexion. « Ce n’est pas une politique officielle », précise Peter Graham, associé responsable de la culture et des gens chez Deloitte. « Il s’agit plutôt d’un guide pour rappeler aux collègues que s’ils prennent un congé, ils doivent vraiment décrocher et ne pas communiquer avec le bureau. Sinon, ils se privent d’un temps de repos dont ils ont besoin. »

Maryann Joseph est d’accord, et rappelle à ses troupes que le but d’un congé personnel, c’est de se débrancher. « Ne répondez pas aux courriels; ce serait travailler, alors que vous êtes censé vous reposer. Même mot d’ordre pour les dirigeants : pas de courriel, pas d’appel... C’est très important. »

LA PRÉVENTION AVANT TOUT

Les congés personnels, qui permettent aux employés de ménager leur santé mentale, sont bien sûr importants, mais il ne faut pas oublier de mettre en place d’autres moyens de prévenir l’épuisement professionnel. C’est pourquoi quelques pays européens, suivis de provinces comme l’Ontario, ont légiféré pour imposer le droit à la déconnexion (droit de ne pas répondre aux courriels en dehors des heures de travail) pour faciliter la conciliation travail-vie personnelle.

Debbie Gorsline n’a pas accès à ses courriels de bureau sur son téléphone personnel. Ainsi, elle n’est pas tentée de les consulter avant le lundi matin. 

« Le plus important, c’est de comprendre qu’il est tout à fait acceptable de penser à soi et d’être à l’écoute de ses propres besoins », conclut-elle.