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Décrochez une augmentation de salaire grâce à ces 3 conseils d’expert

L’année est propice à demander une augmentation de salaire et d’autres avantages professionnels, mais une bonne préparation demeure indispensable pour obtenir ce que vous voulez.

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Man and woman office workers negotiatingNe vous contentez pas de négocier un plus gros chèque de paie. Regardez aussi du côté des services de mieux-être, des assurances collectives ou du régime de retraite. (10,000 Hours/Getty Images)

La plupart des entreprises canadiennes pensent offrir 2,6 % d’augmentation de salaire environ en 2019, selon un sondage mené en 2018 par le Conference Board du Canada. Et selon le plus récent rapport de Hays Canada sur les salaires, les professionnels de la comptabilité et des finances sont en tête de liste pour décrocher un plus gros chèque de paie cette année.

Vingt-sept pour cent des employeurs canadiens du secteur de la comptabilité et des finances qui figurent dans le rapport de Hays prévoient même augmenter les salaires de plus de 3 %. Mais peu importe que vous ayez la chance de travailler pour l’une de ces entreprises ou dans un autre secteur, savoir négocier une augmentation de salaire qui réponde à vos besoins n’est jamais perdu. Voici comment faire.

1. Informez-vous

Quantité d’information est disponible sur Internet. Des sites comme Glassdoor, Indeed ou PayScale vous fourniront des points de comparaison et vous indiqueront si le poste que vous occupez est en forte demande ou non. Aussi, Vancouver et Toronto rendent publics les noms et salaires de leurs employés (y compris en comptabilité) qui gagnent respectivement plus de 75 000 $ et 100 000 $ par année.

« Par le passé, il y avait une nette emprise des employeurs sur ces informations, souligne Jérôme Côté, associé, Rémunération et Performance, chez Normandin Beaudry, une firme spécialisée dans la rémunération globale. Les enquêtes sur la rémunération étaient faites pour eux. Aujourd’hui, les employés ont plus ou moins accès aux mêmes informations, ce qui rééquilibre beaucoup la négociation. »

La Loi de 2018 sur la transparence salariale mettra aussi beaucoup de pression sur les entreprises à travers le pays quand elle entrera en vigueur puisqu’elle obligera les employeurs ontariens à indiquer la rémunération dès l’affichage d’un poste.

Les cabinets de recrutement pourraient aussi vous venir en aide, alors faites-vous connaître des chasseurs de têtes. L’idée n’est pas de menacer de partir, ni de faire monter les enchères, mais d’avoir des éléments de comparaison et d’être à l’affût des opportunités.

2. Préparez-vous

Les évaluations annuelles de performance sont l’occasion habituelle de faire le bilan, mais n’y voyez pas qu’un « contrôle de routine », dont le scénario est écrit d’avance. Soyez proactif et faites valoir votre contribution aux résultats de l’organisation. « Un employé doit montrer ses bons coups, mais aussi ses moins bons, pour prouver que sa vision des choses est réaliste », explique M. Côté.

Soyez précis. Les comptables sont bien placés pour connaître l’impact de leur travail sur les finances de l’entreprise. Avez-vous réduit les coûts? Augmenté les marges? Développé une expertise? Peut-être vos compétences générales ont-elles joué un rôle déterminant. Trouvez des exemples de la valeur ajoutée que vous apportez à l’entreprise.

Puisque les choses évoluent vite en entreprise, assurez-vous que vos objectifs reflètent ce que vous accomplissez tout au long de l’année, sans quoi vous risquez d’être évalué sur des choses que vous ne faites pas ou plus, rappelle M. Côté.

3. Ne vous limitez pas au chèque de paie

« Il y a des limites aux augmentations de salaire possibles, et, dans le cas de certaines PME, elles sont très concrètes : malgré le contexte économique, elles ont des moyens limités. » Jérôme Côté suggère de réfléchir aux autres avantages. « Services de mieux-être, assurances collectives, régime de retraite… Les employés ne sont pas toujours conscients de la valeur de ces avantages. Pourtant, ils devraient s’ils veulent comparer les conditions d’emploi de deux postes différents. » Un constat qui vaut également pour les grandes entreprises, qui offrent souvent des avantages coûteux, mais dont les employés ignorent la valeur réelle.

C’est là que la bonification peut faire la différence. À défaut d’augmenter un salaire, certaines entreprises vont piger dans un budget discrétionnaire pour souligner des réalisations particulières. Cela dit, rappelle M. Côté, le geste vaut presque autant que le chèque. La reconnaissance au travail demeure un puissant agent de motivation.

Des avantages non négligeables

La demande la plus forte en ce moment? Plus de flexibilité, tant pour les horaires que pour le lieu de travail ou l’organisation de celui-ci, selon les besoins personnels ou familiaux. Les jeunes travailleurs réclament aussi davantage de congés personnels, sur des périodes plus longues, quitte à prendre des journées sans salaire. [Voir Congé sabbatique? Armez-vous d’un argumentaire solide]

« Les gens veulent également de la souplesse dans leur cheminement de carrière, ils préfèrent évoluer, sans seulement viser à devenir associé ou actionnaire, par exemple. Auparavant, c’était plus difficile dans les cabinets comptables, mais ces derniers ont évolué et mis en place des mesures plus progressistes pour rester compétitifs face aux entreprises privées. »

C’est d’ailleurs là que les PME ont une carte à jouer : plus agiles, elles sont souvent plus ouvertes à tester des choses. 

« Contrairement aux grandes organisations, où beaucoup de choses sont très balisées (comme le nombre de semaines de congé par années d’ancienneté), les PME n’ont souvent rien à perdre à essayer, explique Jérôme Côté. C’est comme un projet pilote. On fait le point trois mois plus tard. Cela permet de briser certains mythes, comme ceux liés au télétravail. »

Des obstacles insurmontables 

L'écart salarial entre hommes et femmes demeure un défi. Une des causes sous-jacentes : les femmes n’ont toujours pas accès autant que les hommes à des postes de leadership.