Un nouveau chapitre pour Gerald Trites, ardent promoteur du XBRL

Le plus grand promoteur du eXtensible Business Reporting Language (XBRL) au Canada rappelle les grands moments de cette épopée.

Après plus d’une décennie en tant que principal promoteur au Canada de l’information financière lisible par machine, grâce au langage XBRL (eXtensible Business Reporting Language), Gerald Trites quitte ses fonctions de dirigeant de XBRL Canada. « Pendant toutes ces années, ma mission a été de faire comprendre l’énorme potentiel du XBRL aux entreprises et aux autorités de réglementation. Ça a été tout un honneur et tout un défi », confie-t-il. On ne saurait mieux dire. En fait, la plupart de ceux qui ont contribué aux efforts visant à faire du XBRL une norme au Canada s’entendraient pour dire que le parcours a été particulièrement mouvementé.

À titre d’exemple, M. Trites a passé des années à essayer de convaincre les autorités de réglementation d’adopter un format de fichier électronique qui permettrait aux investisseurs de tirer le maximum des données contenues dans les documents d’information financière en vue de prendre des décisions judicieuses. Il se réjouit que la plupart des grands émetteurs canadiens doivent maintenant déposer leurs documents en format XBRL. Petit bémol : la nouvelle règle touchant les sociétés canadiennes est en fait une exigence de la SEC envers les émetteurs privés étrangers plutôt qu’une directive canadienne. S’il n’a pas été simple d’en arriver là, Gerald Trites est heureux du résultat : une plus grande transparence et une meilleure comparabilité de l’information produite par les quelque 300 sociétés canadiennes cotées au Canada et aux États-Unis.

L’histoire commence au début des années 2000 pour Gerald Trites. Associé à la retraite de KPMG, il est alors professeur en comptabilité et systèmes d’information à l’Université St. Francis Xavier de Nouvelle-Écosse et membre bénévole du Comité consultatif sur les technologies de l’information (CCTI) de la profession. « Le langage XBRL en était à ses débuts, et on annonçait déjà qu’il allait révolutionner la communication de l’information, se souvient-il. C’était une période formidable. »

Chargé d’étudier l’incidence du XBRL sur l’audit et le contrôle pour le CCTI, Gerald Trites entre en contact avec Eric Cohen, pionnier du langage et membre fondateur de XBRL International. C’est le début d’une longue collaboration. M. Trites est notamment l’auteur principal d’un livre blanc, publié en 2006, qui traite de l’incidence du XBRL sur la certification. Pour Eric Cohen, c’est un des textes fondamentaux du mouvement.

Toujours selon M. Cohen, M. Trites lègue un héritage durable à la profession. « Il a été un promoteur indéfectible du langage XBRL au Canada et une grande source d’inspiration, fait remarquer M. Cohen. Mais l’apport de Gerald va, selon moi, beaucoup plus loin que ça. La certification des documents d’information en format XBRL est une question d’envergure à l’heure actuelle, et force nous sera de reconnaître l’importance du livre blanc de Gerald sur le sujet. »

Lorsque l’ICCA (une des trois organisations d’origine de CPA Canada) a fondé XBRL Canada, c’est vers Gerald Trites qu’elle s’est tournée pour lui demander de diriger l’organisation. « Je venais tout juste de prendre ma retraite après 10 ans d’enseignement, relate-t-il. J’ai réfléchi à l’offre pendant deux bonnes minutes, je dirais, puis j’ai dit oui. Évidemment. »

Pendant 12 ans, Gerald Trites s’est fait le chantre du XBRL et de ses avantages auprès des comptables et des principales parties prenantes au Canada comme à l’étranger. En partenariat avec Eric Cohen et avec XBRL International, M. Trites a donné de nombreux webinaires, séminaires et ateliers aux membres, aux entreprises et aux autorités de réglementation. « Pendant le mandat de Gerald, le Canada a été l’hôte de deux rencontres de XBRL International, qui ont attiré des membres des quatre coins du globe et ont contribué à faire connaître le XBRL au Canada », souligne M. Cohen.

En 2008, les Autorités canadiennes en valeurs mobilières ont mis en place un programme d’adoption volontaire du format XBRL. Mais juste au moment où le XBRL prenait son essor, le Conseil des normes comptables a annoncé que le Canada allait adopter les IFRS. « Au bout du compte, les commissions des valeurs mobilières ont décidé que le marché avait connu suffisamment de bouleversements avec l’adoption des IFRS, explique M. Trites. C’est un choix qui se justifie, mais qui a fait que le Canada est maintenant à la traîne. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que Gerald Trites n’aime pas l’oisiveté. Après une impressionnante carrière au cours de laquelle il a pris pas une, pas deux, mais trois fois sa retraite, il entame un nouveau chapitre de sa vie professionnelle en lançant un magazine qui s’adresse aux professionnels de la finance. À contre-courant, ThinkTWENTY20 se tient loin des articles ultra-condensés et des listes que l’on voit partout. Il offre plutôt une analyse poussée des questions d’actualité qui touchent les CPA, explorant les tendances et les mouvements qui touchent la fonction financière.

On peut aussi s’attendre à ce que M. Trites étoffe sa bibliographie déjà bien garnie, qui comprend de nombreux volumes techniques et documents de recherche, de même qu’une incursion dans le roman d’amour. « L’écriture est un plaisir pour moi, et je ne compte pas poser ma plume de sitôt. »

Et les loisirs? « Je vais mener une vie plus équilibrée, profiter davantage de ma maison près de l’océan, à Mahone Bay, faire de la voile et passer davantage de temps avec ma femme, Margaret », promet-il.

C’est ce que nous lui souhaitons tous.