L’intrapreneuriat à la conquête des organisations

L’innovation ne naît pas par génération spontanée. Pour innover vraiment, les dirigeants doivent doter leurs équipes des compétences, des outils et du soutien adéquats. Et s’il suffisait de revoir la culture organisationnelle par le prisme de l’intrapreneuriat?

Dans un environnement d’affaires complexe, savoir faire face au changement et l’accueillir à bras ouverts est un gage de bonne gouvernance. Chitra Anand, experte en communication et en stratégie de gestion, en sait quelque chose. Dans cet entretien, nous parlons de l’intégration de l’innovation dans la culture organisationnelle, des nouvelles tendances technologiques pour les CPA et du pouvoir de l’intrapreneuriat. 

L’intrapreneuriat est un concept relativement nouveau. En quoi ce mouvement suscite-t-il un changement de culture fort nécessaire dans de nombreuses organisations?

C’est une bonne question. Si le marché et l’économie se transforment, pourquoi les organisations ne sont-elles pas plus nombreuses à repenser la façon dont elles exercent leurs activités? L’intrapreneuriat consiste à adopter une approche entrepreneuriale afin de résoudre les problèmes en interne. Peu d’organisations sont équipées pour y parvenir, mais elles peuvent modifier leur structure dans ce sens.

Pendant longtemps, les organisations ont été pensées pour gouverner ou fonctionner d’une certaine manière. Or, le statu quo n’est plus du tout une avenue concurrentielle. L’intrapreneuriat bouscule ce principe et apporte des pistes de solutions sous un autre angle.

Grâce à l’intrapreneuriat, la plupart des entreprises à forte croissance ont adopté une approche axée sur leurs employés. Vous vous penchez sur ce point dans votre livre, The Greenhouse Approach: How to Cultivate Deliberate Innovation in Organizations. Pouvez-vous nous en dire plus?

Au cœur de toute organisation, il y a des employés, dotés de compétences. La façon dont on gère ce capital peut mettre une organisation sur la voie du succès – ou la faire complètement échouer. Pour concrétiser sa vision et ses objectifs, il faut des employés très compétents; les encourager, les appuyer, les mobiliser. L’organisation doit d’abord bâtir une culture d’autonomisation et d’intrapreneuriat. 

Je crois que les entreprises doivent consacrer plus de temps au perfectionnement et à la valorisation de leurs employés pour innover et remettre en question les normes actuelles. Laissez-vous guider par vos employés, vos résultats, vos objectifs.

Vous avez reçu de nombreux prix dans le secteur technologique, notamment de Microsoft Canada, de TELUS et d’Open Text. À votre avis, quelles technologies transforment le plus nos pratiques professionnelles? Quelles tendances les CPA devraient-ils suivre?

Selon moi, les CPA devraient s’intéresser avant tout à l’intelligence artificielle, à la protection des données personnelles et à l’Internet des objets.

Avec l’intelligence artificielle, nos activités deviennent automatisées. Les entreprises cherchent des moyens novateurs et créatifs d’exploiter les robots afin d’optimiser leurs processus et d’autres fonctions importantes. La question est de savoir quelles compétences les CPA devront développer à l’ère de l’IA.

La gestion et la protection des données constituent un autre domaine clé. Toutes les entreprises traitent des données. Nous devons savoir exactement comment elles sont utilisées et modifiées, et comment elles peuvent être altérées et détournées. Les entreprises doivent aussi répondre de plus en plus à des exigences en matière de responsabilité et de transparence. Pour les comptables professionnels, ces questions sont incontournables. Les données personnelles constituent une ressource primordiale; la sécurité et la transparence deviennent un impératif. 

Quant à l’Internet des objets, il sera intéressant de voir comment les technologies telles que l’intelligence artificielle, les applications mobiles et l’infonuagique pourront s’intégrer les unes aux autres. La combinaison de ces systèmes évolués permettra de créer de la valeur pour les CPA et leurs clients.

Les entreprises qui encouragent la curiosité et l’expression libre des idées n’offrent pas seulement un meilleur environnement de travail; elles sont aussi plus novatrices. Quel conseil donneriez-vous aux dirigeants qui souhaitent favoriser la créativité et l’innovation dans leurs équipes?

Les dirigeants doivent cultiver la créativité. Il ne suffit pas d’inviter les employés à être créatifs ou à fait part de leurs idées. Il faut des mesures précises et concrètes. Demandez-vous par exemple ce que l’« expression libre » signifie pour votre équipe de direction ou votre entreprise. Réfléchissez à la façon dont les membres de votre équipe peuvent exprimer leurs idées, mettez ces dernières en œuvre et soulignez les contributions de chacun. Pour bousculer le statu quo, il est essentiel d’accueillir favorablement les commentaires, d’appuyer la prise de risques calculés et de créer des occasions de croissance.

Nous sommes ravis de vous compter parmi les conférenciers du Congrès national L’UNIQUE qui aura lieu à l’automne. À quoi les participants peuvent-ils s’attendre?

Merci! Dans ma présentation, je me pencherai sur les grandes tendances technologiques qui influencent le monde entier, puis je présenterai un argumentaire en faveur de l’intrapreneuriat. Je parlerai notamment des avantages qu’il procure à l’entreprise et de la façon dont on peut en appliquer les principes pour bâtir son propre vivier d’intrapreneurs.

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Pour en apprendre plus sur l’intrapreneuriat et savoir comment les CPA peuvent contribuer au mouvement, ne manquez pas le Congrès national L’UNIQUE les 23 et 24 septembre 2019 à Montréal. Cette année, nous nous intéresserons au thème de L’innovation pour la durabilité. Inscrivez-vous sans tarder pour réserver votre place.