Leadership déontologique et Approche CPA

D’audacieux CPA canadiens font souffler un vent nouveau sur la déontologie et la normalisation internationale

Les CPA Brian et Laura Friedrich au sommet du mont D’Iberville (Caubvick), à la frontière du Québec et de Terre-Neuve-et-Labrador. Photo: Len Vanderstar

 

Pour Brian et Laura Friedrich, tous deux CPA, déontologie et normalisation vont de pair.

Fondateurs et associés du cabinet Friedrich & Friedrich, établi en Colombie-Britannique, les époux sillonnent le monde pour aider certains pays à mieux encadrer l’exercice de la profession de comptable et, en particulier, les activités des auditeurs. Qu’emportent-ils dans leurs bagages? De l’amabilité, du dévouement. Et une sensibilité bien de chez nous.

Sur le terrain, on leur demande souvent d’où ils viennent. Quand ils répondent « du Canada », on les accueille à bras ouverts : de parfaits inconnus, qui ne sont même pas comptables, les invitent à prendre un verre.

« Je pense que les Canadiens comme nous qui évoluent sur la scène internationale ont de la chance, car les professionnels d’ici ont la réputation de conjuguer savoir-faire et pragmatisme », souligne Laura, M. Sc., FCPA, FCGA. « On considère aussi que nous savons privilégier la collaboration. »

« En général, là où nous intervenons, nous travaillons de concert avec les parties prenantes – organisations de comptables professionnels, ministère des Finances, établissements postsecondaires – pour les aider à mieux former, agréer et évaluer les professionnels du milieu », ajoute Brian, M. Éd., LL. M., C.Dir., FCPA, FCGA. « Le tout pour renforcer la compétence des comptables, et notamment des auditeurs. »

« La déontologie, cruciale dans notre métier, différencie les comptables “professionnels” de ceux qui ne font que se dire comptables. C’est une condition sine qua non, un gage de confiance, de crédibilité, de valeur ajoutée aussi, pour répondre aux exigences légitimes de tout client qui s’adresse à un professionnel. »

« Il ne suffit pas de savoir distinguer le bien du mal, explique Laura. Encore faut-il sensibiliser les intervenants pour circonscrire les attentes. Comme CPA, nous voulons tous rester dans le droit chemin, mais la décision n’est pas forcément évidente. Parfois sous pression, nous composons avec plusieurs devoirs et obligations. Les codes de conduite nous aident alors à répondre à cette question : qu’est-ce qu’un comportement professionnel, dans le contexte de la décision à prendre? »
Brian raconte que le travail du couple commence toujours par l’élaboration de cadres de compétences. « Ces cadres combinent les compétences techniques, bien entendu, mais surtout, habilitantes.

La déontologie et le rôle du professionnel sont l’assise des compétences habilitantes, au cœur des méthodes et du programme de formation : on doit s’assurer que les étudiants comprennent les attentes auxquelles ils doivent répondre à titre de professionnels. Comment procéder pour protéger l’intérêt public? Et surtout, comment le définir? » 

« C’est là que nous tirons vraiment parti de notre statut de CPA canadiens, continue-t-il. Que signifie notre appartenance au Canada? Quelles valeurs défendons-nous? L’une des forces des Canadiens, c’est qu’ils prennent soin de trouver l’équilibre entre les tâches qu’on leur confie expressément – en général, favoriser l’essor économique – et les répercussions sur le plan du développement social, c’est-à-dire la sphère où se produiront des changements authentiques et durables. Pour nous, il s’agit d’outiller le client, de sorte qu’il n’ait plus besoin de nos services, qu’il vole de ses propres ailes, en somme. Un objectif peut-être inhabituel, mais conforme au concept de développement durable. Nous visons un transfert des connaissances acquises, au Canada et ailleurs, afin d’amener les parties prenantes des pays en développement ou en transition à jouer chez eux le même rôle que nous. »

Brian siège au Conseil des normes internationales de déontologie comptable (IESBA), qui établit les normes de déontologie des organisations professionnelles comptables à l’échelle internationale, et au Comité sur la confiance du public (CCP), qui met en œuvre les normes internationales au Canada.

« J’y vois une façon de contribuer à mon tour à la profession, conclut Brian. J’évolue dans le domaine de la déontologie depuis près de 15 ans. Plus j’ai intensifié mon engagement, plus je me suis intéressé à la formulation et à l’interprétation des normes en tant que telles. Je pense en particulier aux manières de clarifier les libellés, afin de donner aux membres des indications adéquates, et, aussi, de prendre en compte les attentes du public à l’égard des comptables professionnels. »