Quelques conseils pour les OSBL de la part d’un explorateur canadien

Le changement est déstabilisant, mais pour ceux qui savent s’adapter et persévérer, le jeu en vaut la chandelle. Bruce Kirkby, explorateur canadien, nous explique comment le fait d’aller vers l’inconnu aide les organismes sans but lucratif à innover et à prospérer.

Parlez-nous de votre parcours professionnel et de ce qui vous a amené à vous lancer dans une carrière axée sur le voyage et l’exploration.

Je peux vous dire que je ne m’y attendais pas moi-même. Au secondaire, j’étais l’intello asocial classique, bon en maths et en sciences, mais sans aucun talent pour les sports ni les arts. J’ai étudié en génie physique à l’université. Ensuite, j’ai décroché mon premier et seul vrai boulot… que j’ai abandonné quatre mois plus tard afin de devenir guide pour une entreprise de rafting.

Les choses se sont enchaînées et, après avoir été guide pendant 20 ans dans l’Arctique canadien, je me suis retrouvé à faire du kayak de mer à Bornéo, à traverser l’Arabie saoudite à dos de chameau et la Mongolie à cheval, à descendre le Nil Bleu en Éthiopie avec le National Geographic et à parcourir l’Islande à pied. Même si je n’étais pas très bon en rédaction, j’ai écrit un livre. Les gens l’ont aimé, alors j’en ai écrit un deuxième. J’ai commencé à recevoir des commandes de la part de magazines, puis le Globe and Mail m’a offert d’écrire une chronique hebdomadaire sur le voyage. Ma femme m’accompagne souvent en voyage et, maintenant que nous sommes une famille, nous allons emmener les garçons.

Les valeurs qui sous-tendent mon parcours personnel sont le travail, la patience et la persévérance. J’ai cherché à rendre le monde meilleur, à prêter ma voix aux lieux sauvages, aux cultures menacées et aux groupes sous-représentés comme je l’ai pu, dans mes écrits, dans mes photos et dans les films auxquels j’ai participé. Je crois fondamentalement que toute vie est précieuse et que chacun possède des capacités extraordinaires. C’est le message que j’essaie de communiquer dans mes allocutions.

Les organismes sans but lucratif (OSBL) et les organismes de bienfaisance canadiens doivent souvent composer avec une bonne dose d’incertitude, que ce soit en raison du manque de ressources, de la rotation du personnel, de la gestion des bénévoles ou d’une foule d’autres raisons. Quels conseils donneriez-vous aux CPA et aux dirigeants d’entreprise qui veulent gérer le changement plus efficacement (vidéo en anglais)?

Le changement n’est jamais facile, particulièrement lorsqu’il nous est imposé, comme lors d’un bouleversement ou d’une situation difficile. Nous avons tendance à fuir le changement, mais nous pouvons aussi l’accepter. Le changement est à la base de presque toutes les grandes histoires de croissance et d’évolution humaines. C’est un processus familier pour les enfants, qui n’ont pas peur de grimper dans les arbres ni de dévaler les pentes à vélo, quitte à s’érafler les genoux au passage. Malheureusement, avec le temps et la socialisation, la plupart d’entre nous se mettent à éviter le changement et à rechercher la certitude et la sécurité.

Si l’on réussit à réapprivoiser le processus de changement – et il suffit de commencer très simplement –, cette compétence devient rapidement transférable. Les dirigeants sont alors en mesure d’innover pour relever les défis du monde du travail moderne. Même le plus imposant des changements peut être décomposé en petits éléments qui sont reconnaissables et répétables.

Comment les organisations peuvent-elles offrir à leur personnel les connaissances et le soutien nécessaires pour connaître un succès durable et pour favoriser l’innovation?

Le changement s’accompagne inévitablement de la crainte de l’échec et du regard d’autrui, ce qui peut nous intimider et même nous paralyser. Tout ça est normal. Ce qui compte, c’est la façon de surmonter ces défis. Prenons l’exemple de la crainte. C’est un puissant sentiment que nous connaissons tous. Il ne suffit pas de dire qu’il faut s’armer de courage pour vaincre ses craintes. Non, il faut aller plus loin et comprendre qu’il existe divers degrés de peur et d’incertitude. 

En portant attention à la situation de notre équipe sur ce spectre, nous pouvons influencer grandement sa productivité et sa capacité d’innovation. Puis apparaît peu à peu la voie à emprunter pour assurer la croissance, la réussite et l’innovation.

Dans bon nombre de vos récits et de vos aventures, vous parlez de l’importance de s’écarter du train-train quotidien pour s’ouvrir aux possibilités de demain. Pouvez-vous nous expliquer en quoi le fait de s’ouvrir à l’inconnu (en anglais) peut nous aider à croître?

Dans la vie personnelle et au travail, on peut diviser ce qu’on fait en deux catégories : ce qui importe vraiment, et le reste. Le reste, ce sont les responsabilités quotidiennes et la routine qui sont nécessaires pour maintenir le bon fonctionnement de l’organisation – ou du ménage –, comme la gestion des courriels et des appels, le paiement des factures et ainsi de suite. Ce sont des activités inévitables, bien entendu, mais si on n’y prend pas garde, elles peuvent accaparer tout notre temps. C’est particulièrement vrai aujourd’hui, où les gens sont tellement occupés qu’ils n’ont le temps de rien faire et où ils sont constamment dérangés.

Par conséquent, on n’accorde pas toujours assez de temps à ce qui est réellement important. Pratiquement tout le monde comprend instinctivement de quoi il s’agit : la croissance, l’apprentissage, le changement, la vision stratégique, le temps en famille, les voyages, bref, tout ce qui fait que nous sommes qui nous sommes. On ne peut pas repousser ces choses indéfiniment. Pour réussir, il est essentiel de savoir ce qui compte et d’accorder assez de temps à ces activités dans notre vie et au travail.

Nous sommes ravis de vous compter parmi les conférenciers du Forum pour les dirigeants d’OSBL qui aura lieu cet hiver. Pouvez-vous nous donner un aperçu de votre présentation?

J’ai bien hâte d’y être et d’y rencontrer des participants, tant de manière officielle, sur scène, qu’officieuse. Je crois que les OSBL jouent un rôle très important dans la société canadienne, et partout dans le monde, en fait.

Ma présentation va traiter d’aventure. Il y aura des récits, des images et des vidéos de partout autour du globe. Le ton de la présentation est léger, mais mon objectif est de transformer la façon dont les gens perçoivent les changements et les bouleversements, et de leur fournir des outils dont ils pourront se servir pour surmonter avec brio les défis auxquels ils seront confrontés.

 

Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la façon dont l’ouverture au changement et l’esprit d’aventure peuvent aider votre organisation, assistez au Forum pour les dirigeants d’OSBL 2018, qui se tiendra les 26 et 27 février à Toronto.