Le directeur financier de l’année donne des ailes à Air Canada

Grâce au savant mélange d’analyse et d’instinct dont fait preuve Michael Rousseau, l’expérience Air Canada ne cesse de s’améliorer, tant au sol que dans les airs. Entrevue avec ce CPA de talent.

Michael Rousseau, vice-président général et chef des Affaires financières d’Air Canada au cours des 10 dernières années, ne s’attendait jamais à être le lauréat du Prix du directeur financier de l’année 2017. En fait, le CPA, CA ne savait même pas qu’il avait été mis en nomination. Il l’a appris par téléphone alors qu’il soupait dans un restaurant montréalais. « Comme c’était un numéro inconnu, je n’étais pas sûr de vouloir répondre », se souvient-il. Bien lui a pris d’avoir décroché : « Tous les membres du comité de sélection étaient au bout du fil pour me féliciter d’avoir remporté le prix. »

Les réalisations de M. Rousseau parlent d’elles-mêmes : une stratégie d’investissement qui a plus que doublé le résultat net de l’entreprise au cours des 5 dernières années, une restructuration du régime de retraite qui a transformé un déficit de 4 G$ en un excédent de 1,9 M$, une liste d’investisseurs à long terme qui s’allonge, etc.

Au mois de mai, M. Rousseau a reçu son prix de FEI Canada, commanditaire. Ci-dessous, il explique à L’infolettre CPA sa vision pour Air Canada et parle de l’évolution du rôle du directeur financier.

Dans quelle mesure le rôle de chef des finances a-t-il évolué au cours des dernières années?

Le directeur financier a toujours été un élément important de la réussite d’une entreprise, mais je dirais que son rôle est devenu plus stratégique au cours des 5 à 10 dernières années. Par exemple, j’ai pris en main les relations avec les investisseurs et je voyage aux quatre coins du pays afin de convaincre des investisseurs à long terme. Depuis la crise financière de 2008-2009, le chef des finances se concentre davantage sur la gestion des risques. Pas question de subir une hausse des coûts du carburant sans disposer d’une stratégie de gestion adaptée.

Depuis votre arrivée à Air Canada, qu’est-ce qui a changé?

D’abord, notre situation financière s’est redressée, et ce, en grande partie grâce à notre nouvelle stratégie d’investissement mise en place en 2013. Puis, nous entretenons un dialogue bien plus soutenu avec nos employés. Des cadres dirigeants se déplacent partout au pays afin de rencontrer les membres du personnel et s’assurer que ceux-ci ont accès aux outils et aux formations nécessaires pour faire leur travail. Ensuite, notre service à la clientèle s’est amélioré, ce qui découle de la nouvelle relation que nous avons établie avec nos employés. Enfin, nous avons investi dans de meilleures technologies mobiles et aéroportuaires pour assurer une meilleure expérience client.

Avez-vous apporté des changements à votre stratégie marketing?

Oui. Nous avons mis en place un système de gestion des relations avec la clientèle, qui nous permet de mieux connaître nos clients et de cibler leurs besoins. Par exemple, il se peut qu’on propose une formule vol/hôtel/location de voiture à un voyageur régulier de classe affaires, mais pas à quelqu’un qui fait des croisières. Selon moi, nous n’en sommes qu’aux débuts de ce type de possibilités. Nous saurons un jour aller bien plus loin.

Comment le développement durable éclaire-t-il vos décisions d’affaires?

La durabilité et l’amélioration de notre empreinte écologique font partie des valeurs fondamentales d’Air Canada. Nous achetons désormais des avions plus économes en carburant et nous sommes sur le point de tester les avantages environnementaux de mélanges de biocarburants sur certains vols Montréal-Toronto. Nous utilisons même une peinture plus écologique pour le nouveau logo de nos avions.

Selon vous, qu’est-ce qui est appelé à changer à Air Canada et dans le transport aérien en général?

Je pense que l’expérience client va s’améliorer de plus en plus, tant en ligne qu’à l’aéroport ou en vol. Rien ne justifie qu’un client américain en route vers Londres qui fait escale à Toronto y retrouve ses bagages enregistrés, et nous voulons faire en sorte que cela ne se produise pas!

Quels conseils donneriez-vous aux CPA qui désirent être des agents de changement au sein de leur organisation?

Tout d’abord, il faut s’entourer de gens compétents. Quand j’ai lancé notre nouvelle stratégie d’investissement, j’en ai confié la mise en œuvre à une toute nouvelle équipe. Pour ce qui est de la prise de décisions, je pense qu’elle doit reposer et sur l’analytique, et sur les connaissances de terrain acquises par l’expérience. En vivant de l’intérieur de nombreuses transformations au travail, on acquiert de l’instinct.

Un profil de Michael Rousseau sera publié dans le numéro de juillet-août 2017 de CPA Magazine.

Note de la rédactrice en chef
Le prochain numéro de L’infolettre CPA sera publié le 10 juillet 2017. Bonne lecture et, comme toujours, faites-nous part de vos commentaires!