Stratégies de placement et changement climatique : Examen des meilleures pratiques à l’échelle mondiale

CPA Canada a rassemblé des investisseurs et des gens d’affaires pour une séance d’information présentée par Zoe Knight, responsable mondiale, Centre d’excellence pour le changement climatique, Recherche mondiale, à HSBC. Il a été question des meilleures pratiques à l’échelle mondiale pour la prise en compte du changement climatique dans le cadre de stratégies de placement.

Engagement des entreprises : un facteur crucial

«Le changement climatique s’accompagne de beaucoup d’incertitude, et ce sera loin d’être facile à gérer», affirme Zoe Knight, responsable mondiale du Centre d’excellence pour le changement climatique, à HSBC. «Les entreprises, les investisseurs et les politiciens doivent intensifier leurs efforts et collaborer pour trouver des solutions.»

Mme Knight a tenu ses propos devant des investisseurs et des représentants du milieu des affaires réunis pour une séance d’information organisée par CPA Canada en collaboration avec l’Association pour l’investissement responsable (AIR) du Canada.

S’appuyant sur les résultats publiés dans le plus récent rapport de HSBC sur le changement climatique, intitulé Keeping it Cool – Do you DCF (Discount Climate Facts)?, Mme Knight a présenté les éléments dont les investisseurs devraient tenir compte pour évaluer les effets du changement climatique sur leurs stratégies de placement. Selon elle, l’Accord de Paris de 2015 représente le moment charnière à l’échelle mondiale dans la lutte contre le changement climatique, mais la mobilisation des entreprises et des investisseurs demeure la priorité actuelle. Et, en raison des nombreuses perturbations causées par le changement climatique à l’échelle mondiale, elle a insisté sur l’importance d’agir maintenant.

La période de questions qui a suivi la présentation de Mme Knight a donné lieu à de vives discussions sur la mise en œuvre de ses recommandations dans le contexte canadien.

Analyse de scénarios : la clé pour la prise de décisions de placement

Les investisseurs doivent absolument comprendre les risques et possibilités liés au changement climatique et leur incidence pour la création de valeur à long terme. En raison du caractère imprévisible du changement climatique et de son horizon à long terme, Mme Knight recommande fortement aux investisseurs d’adopter une approche axée sur l’avenir qui prend en compte de multiples scénarios afin de comprendre les effets possibles du changement climatique sur leurs portefeuilles.

Ce travail devrait comprendre la réalisation de simulations de crise pour évaluer l’incidence de divers facteurs d’adaptation au changement climatique sur la rentabilité des portefeuilles et l’optimisation des portefeuilles de placement en fonction de la tolérance aux risques.

Zoe Knight, responsable mondiale, Centre d’excellence pour le changement climatique, Recherche mondiale à HSBC

Difficultés réelles de communication de l’information

Si les investisseurs et les entreprises peuvent avoir un plan interne d’adaptation au changement climatique, la communication de l’information comporte encore des failles à l’échelle mondiale, souligne Mme Knight.

L’accès aux données et à l’information demeure un problème, surtout dans les marchés émergents. Comme le degré de spécificité et la qualité des informations fournies sur le changement climatique laissent toujours à désirer, les investisseurs n’ont pas une vue d’ensemble des incidences potentielles du changement climatique sur l’entreprise dans laquelle ils investissent. 

De plus, les investisseurs et les entreprises n’ont pas la même vision de ce que représente une information d’entreprise importante. De nombreux investisseurs ont de la difficulté à comprendre l’importance relative des informations fournies, alors que les entreprises ont l’impression que les investisseurs demandent de l’information non pertinente, ce qui donne lieu à des problèmes de communication.

Mme Knight a encouragé les investisseurs et les entreprises à maintenir le dialogue et à continuer à poser les bonnes questions afin de trouver un terrain d’entente concernant la présentation des informations pertinentes sur le changement climatique.

Elle a rappelé également la nécessité, pour les entreprises, de mieux rendre compte de leurs efforts relatifs aux questions environnementales, sociales et de gouvernance (ESG) et a insisté sur le rôle du conseil d’administration pour veiller à la prise en compte des facteurs liés au changement climatique dans la réflexion à long terme de l’organisation. 

L’action de CPA Canada dans le domaine de l’information d’entreprise

Sarah Keyes, directrice de projets, division Recherche, orientation et soutien, à CPA Canada, a accueilli les invités à la séance et a rappelé que CPA Canada est déterminée à mieux faire connaître les risques et possibilités que présente le changement climatique pour les entreprises canadiennes.

«Le changement climatique constitue un risque déterminant sur les plans environnemental, social et économique, a-t-elle dit. Et pour les investisseurs, à titre de gestionnaires de capitaux à long terme, il est primordial d’avoir accès à des informations environnementales, sociales et sur la gouvernance de qualité afin de pouvoir prendre des décisions de placement responsables.»

Elle a ajouté que CPA Canada axe son action sur le comblement des écarts en matière d’information en suscitant un dialogue entre investisseurs et entreprises, son but ultime étant de faire progresser ces questions d’une manière productive.
Cette activité constituait la plus récente d’une série d’initiatives de CPA Canada visant à explorer les incidences des questions environnementales, sociales et de gouvernance sur la conduite des affaires et l’information financière.