L’information d’entreprise doit évoluer pour s’adapter à l’ère numérique

La diffusion sans précédent et immédiate de l’information grâce aux technologies a révolutionné les affaires, mais l’information d’entreprise n’a pas suivi le même rythme. Nous avons réuni un panel afin de mieux comprendre la situation.

À l’ère du numérique, l’utilisateur est roi

CPA Canada et XBRL Canada ont réuni le 25 octobre 2017 un panel d’experts invités à échanger sur les changements engendrés par la révolution numérique dans la communication d’information par les entreprises et sur les nouvelles technologies, notamment l’eXtensible Business Reporting Language (XBRL), dont elles disposent pour s’adapter. Le panel était composé des experts suivants :

  • John Turner, chef de la direction, XBRL International
  • Mike Willis, directeur adjoint de la division de l’analyse économique et de l’analyse des risques, Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis
  • Alex Fisher, comptable principal, Commission des valeurs mobilières de l’Ontario
  • Wasim Thaha, cofondateur et directeur, Newsfile Corp

Les technologies numériques ouvrent des possibilités auparavant inimaginables, notamment sur les marchés financiers mondiaux, où elles permettent aux investisseurs d’accéder à une mine d’informations. Les investisseurs ne veulent plus attendre que l’information leur soit envoyée; ils veulent pouvoir l’obtenir et l’analyser quand bon leur semble, où qu’ils se trouvent. Ils s’attendent de plus en plus à pouvoir accéder, à toute heure du jour et de la nuit, à de vastes ensembles de données dont ils peuvent extraire une information personnalisée, mondialement uniforme et exempte d’erreurs.

Selon le rapport Mesurer la société de l’information de 2017, près de 46 % de la population mondiale utilise Internet et ce chiffre devrait continuer de croître.

Les sociétés aussi disposent d’une latitude accrue, en l’occurrence quant à la manière dont elles décident de communiquer l’information aux utilisateurs, lesquels s’attendent à ce que cette information leur soit fournie plus fréquemment, plus rapidement et à moindre coût.

Notre monde étant de plus en plus numérique, les sociétés doivent manifestement se distancer de l’approche traditionnelle de présentation de l’information afin de répondre aux besoins d’utilisateurs dont la quantité ne cesse d'augmenter.

Pour en savoir plus, visionnez la vidéo (en anglais) du panel tenu par CPA Canada et XBRL Canada.

Mike Willis présente un exposé sur les technologies et l’information d’entreprise.

XBRL : La technologie au service de l’information

Les sociétés peuvent utiliser les nouvelles technologies, telles que XBRL, pour améliorer la communication de leur information.

Ouvert et libre de droits, le langage XBRL est une norme internationale de communication de l’information d’entreprise. Souvent présenté comme le «code à barres» de l’information d’entreprise, le langage XBRL simplifie l’utilisation, le partage, l’analyse et la valorisation des données. Il constitue le fondement d’un mode de communication des plus rigoureux et efficace qui facilite la diffusion et l’utilisation des rapports financiers.

Le langage XBRL permet par ailleurs de communiquer l’information en format Inline XBRL (iXBRL), une norme ouverte qui structure les données de façon à ce qu’un même rapport puisse être utilisé aussi bien par l’homme que par un ordinateur.

À ce jour, plus de 60 pays et plus de 100 autorités de réglementation exigent qu’une partie ou l’ensemble de l’information obligatoire soit communiquée en langage XBRL. Au Royaume-Uni, plus de deux millions de sociétés produisent leurs comptes et leurs déclarations fiscales en format XBRL. D’ailleurs, tant la Companies House (registre des entreprises britannique) que la SEC publient leurs rapports dans ce format et permettent aux investisseurs et au public de les télécharger gratuitement à leurs propres fins.

L’Autorité européenne des marchés financiers a adopté le format iXBRL à titre de format électronique unique que toutes les sociétés européennes, ouvertes ou fermées, devront utiliser à compter du 1er janvier 2020 pour la production de leur rapport financier annuel.

John Turner donne une conférence sur l’importance d’une norme internationale de communication de l’information d’entreprise.

Format XBRL : Obligatoire pour les émetteurs privés étrangers canadiens

Depuis le 15 juin 2011, la SEC exige que tous les états financiers annuels et trimestriels établis selon les PCGR américains soient déposés en format XBRL. Les émetteurs privés étrangers (ÉPÉ) canadiens qui préparent leurs états financiers selon les IFRS devront eux aussi utiliser ce format pour les périodes se terminant après le 15 décembre 2017.

Cette exigence aura des répercussions considérables sur les quelque 300 ÉPÉ canadiens, qui constituent le groupe le plus important d’ÉPÉ inscrits auprès de la SEC.

De plus amples renseignements sur le langage XBRL vous aideront à vous conformer à la nouvelle exigence de la SEC.

Quelle est l’incidence de ces changements sur les CPA?

Essentiellement, dans un monde qui compte de moins en moins de frontières, où les technologies jouent un rôle de plus en plus important, les CPA doivent être prêts à s’adapter à l’évolution des pratiques, des procédures et des processus.

Le processus de communication de l’information doit être vu comme une occasion d’accroître la transparence et l’uniformité, ce dont les technologies, notamment XBRL, peuvent être les catalyseurs. Autrement dit, les rapports financiers doivent dorénavant être établis à l’intention de deux types de parties prenantes : les hommes et les ordinateurs.

Pour affiner vos connaissances sur les avantages et les défis associés à la communication de données financières structurées, visionnez la vidéo (en anglais) du panel sur le langage XBRL.