Le projet pilote sur les IQA du CCRC, organisme de réglementation de l’audit, progresse

Bien que les résultats présentés dans le rapport intermédiaire du CCRC fassent ressortir l’utilité potentielle des indicateurs de la qualité de l’audit, il sera encore plus important de comprendre comment intégrer ces outils aux processus habituels.

Le Conseil canadien sur la reddition de comptes (CCRC) a publié un rapport intermédiaire sur un projet pilote lancé afin d’explorer des mesures quantitatives du processus d’audit (appelées indicateurs de la qualité de l’audit, ou IQA), avec la participation de grands comités d’audit. Les résultats donnent à penser que les IQA pourraient se révéler utiles dans l’avenir.

Sept comités d’audit, leurs présidents, leurs auditeurs externes et les membres de la direction participent au projet pilote du CCRC. Les groupes ont abordé les IQA sous divers angles et ont dégagé certaines fins potentielles des indicateurs, à savoir :

  • obtenir un aperçu général de l’audit
  • évaluer les auditeurs en ce qui concerne la qualité de l’audit et le service à la clientèle
  • surveiller et gérer la valeur ajoutée fournie par les auditeurs

Contenu du rapport intermédiaire du CCRC

Le rapport intermédiaire résume les observations préliminaires, les avantages, les défis et les informations clés qui sont ressortis du projet pilote à ce jour. Même s’il reste encore du travail à faire, par exemple, parce que les comités d’audit n’ont pas pu consulter les rapports de fin d’exercice sur les IQA, il y a déjà d’importants points à retenir, soit les suivants :

  • la direction joue un rôle déterminant dans la sélection des IQA
  • comme les groupes ont été incités à travailler avec les IQA les plus utiles, compte tenu de leur situation particulière, les types d’IQA sélectionnés sont très diversifiés
  • les IQA peuvent fournir des avantages qui contribuent à l’amélioration de la qualité de l’audit, car ils permettent de clarifier les attentes des parties prenantes et d’accroître l’engagement de l’ensemble du comité d’audit à l’égard de la surveillance du processus d’audit
  • les participants ont signalé plusieurs défis, notamment :
    • l’élaboration de critères d’évaluation (p. ex., faut-il effectuer des comparaisons avec les prévisions ou d’autres indicateurs de référence?)
    • la difficulté de quantifier les principaux facteurs d’amélioration de la qualité de l’audit
    • l’interprétation des résultats
  • l’intégration d’indicateurs relatifs à la direction (comme le respect par la direction des échéances convenues pour la communication de ses livrables à l’auditeur) permet au comité d’audit de mettre en lumière la contribution de la direction à la qualité de l’audit
  • bien que plusieurs mesures soient utilisées par différents groupes, les modalités de définition, d’évaluation et de signalement des IQA ne sont pas nécessairement les mêmes
  • les perceptions de l’utilité des IQA varient selon les participants, bien que ces derniers aient tendance à accorder des notes plus élevées à certains IQA, comme le nombre d’heures consacrées à l’audit par risque ou le nombre d’heures consacrées à l’audit par étape

Observations sur le projet pilote à ce jour

En général, le projet pilote est utile parce qu’il suscite un intérêt pour les IQA chez les parties prenantes et permet à celles-ci de comprendre comment ces indicateurs peuvent être utilisés pour évaluer la qualité de l’audit. Cela s’explique par le fait que le projet pilote est essentiellement mené indépendamment des travaux habituels des comités d’audit.

À mon avis, il est peu probable que les comités d’audit utilisent les IQA en vase clos. Ainsi, au fur et à mesure que le projet pilote progressera, il sera important de comprendre comment les comités d’audit s’y prendront pour intégrer les IQA aux travaux effectués dans le cours normal de leurs activités. 

C’est pourquoi CPA Canada lance un projet visant l’intégration des indications relatives aux IQA aux outils que les comités d’audit utilisent pour effectuer l’évaluation annuelle de l’auditeur et l’évaluation complète périodique du cabinet d’audit. Si CPA Canada réussit à établir un lien entre la démarche des IQA et les outils existants, j’estime que les comités d’audit pourront mieux se concentrer sur les IQA qui viennent appuyer leurs activités.

Nous vous tiendrons au courant de l’évolution du projet pilote dans un prochain billet.

Poursuivons la conversation…

Estimez-vous que les IQA pourraient s’avérer utiles comme outil d’évaluation de la qualité de l’audit? Pensez-vous que le projet de CPA Canada sera avantageux pour les comités d’audit? Le projet pilote du CCRC fait intervenir des présidents de comités d’audit d’expérience. Croyez-vous qu’un plus large éventail d’intervenants pourrait utiliser les IQA?

Je vous invite à publier vos commentaires ci-dessous ou à m’écrire directement.

Conversations sur la qualité de l’audit se veut un forum d’échange concernant les faits et problèmes nouveaux survenant à l’international en matière de qualité de l’audit et leur incidence au Canada.

À propos de l’auteur

Eric Turner, CPA, CA

Directeur, Normes d’audit et de certification, CPA Canada