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Mr Young : un robot conversationnel veille sur votre santé mentale

Un chatbot développé par une jeune pousse montréalaise permet aux entreprises de s’occuper du moral de leurs employés en trois étapes.

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Mr Young permet d’évaluer en trois étapes l’état psychologique d’un employé pour ensuite l’aider à cerner les déclencheurs possibles de son stress et lui proposer des solutions pigées à même une immense banque de ressources. (Shutterstock/GaudiLab)

Au cours d’une semaine normale, 500 000 Canadiens s’absentent du travail en raison de problèmes de santé psychologique. Selon un rapport de la Commission de la santé mentale du Canada publié en 2016, ces problèmes coûtent à l’économie canadienne environ 51 G$ de dollars par année. Et une bonne partie de ces coûts (20 G$) découlent de problèmes associés au travail.

C’est ce défi qu’une jeune pousse montréalaise, Mr Young, a décidé de relever en 2016. Son robot conversationnel, qui porte le nom de l’entreprise, permet d’évaluer en trois étapes l’état psychologique d’un employé pour ensuite l’aider à cerner les déclencheurs possibles de son stress et lui proposer des solutions pigées à même une immense banque de ressources.

« Toute notre démarche part de là, explique Edouard Ferron-Mallett, un des trois cofondateurs. Les ressources favorisant la santé mentale et le bien-être sont abondantes, mais comment les rendre accessibles au grand public? Et par où commencer? »

SOIGNER LE MILIEU DE TRAVAIL

Pour relever le défi, la jeune entreprise canadienne a travaillé avec des psychologues (cliniciens, industriels, spécialisés), des chercheurs et de nombreux experts pour créer cette supergrappe de connaissances. Car Mr Young fonctionne comme les autres chatbots : il a déjà en banque des centaines de réponses aux questions que vous pourriez vous poser, ou lui poser. L’IA se chargera de la suite.

« Notre robot pourrait vous suggérer de consulter un psychologue ou un travailleur en santé mentale, et vous donnera ses coordonnées, explique M. Ferron-Mallett. Il pourrait aussi vous orienter vers un groupe de soutien, ou vous conseiller d’appeler un service d’aide téléphonique. Une personne a parfois simplement besoin de parler. Tout dépend du diagnostic. »

Si votre stress est plus de surface, le robot vous proposera des exercices de méditation, l’adoption de meilleures habitudes de vie ou la tenue d’un journal personnel. Il peut même vous diriger vers un de ses confrères, Woebot, un robot conçu par des psychologues de la Stanford School of Medicine qui exploite la thérapie cognitivo-comportementale pour soigner l’anxiété et la dépression. Mr Young pourrait aussi vous suggérer de vous adresser au service des ressources humaines ou au responsable de la santé et sécurité de votre entreprise.

« Avec Mr Young, la direction d’une entreprise peut prendre le pouls de ses équipes et voir où les choses vont bien ou mal, dit M. Ferron-Mallett. Notre but est d’aider les employeurs à être de meilleurs employeurs. Notre robot prend en considération leur structure et leurs ressources; il ne va pas les obliger à tout chambouler. » [Lire notre article intitulé La santé mentale de vos employés, faites-en votre affaire dès aujourd’hui]

TIRER PARTI DE MR YOUNG

La concurrence est rude dans le domaine, mais confier son stress à un robot semble un marché prometteur. Tess, un des premiers robots conversationnels de ce genre, se targue d’avoir 4 millions d’utilisateurs payants, dont les frais d’accès peuvent être pris en charge par les employeurs. Une des forces de Mr Young est tout autre : c’est le seul robot de son espèce offert en anglais et en français.

Génial… mais comment est-ce que ça fonctionne?

« Au début, nous installons une version standard pour un groupe restreint d’utilisateurs, afin de voir comment intégrer efficacement le robot dans l’entreprise, notamment sur quelle plateforme (comme Slack ou Teams), explique M. Ferron-Mallett. Nous vérifions à cette étape ce que comprend le programme d’aide aux employés, ou si les frais de consultation d’un psychologue sont couverts par les assurances collectives, pour que Mr Young en tienne compte dans ses réponses. »

Cela fait, il est ensuite possible de personnaliser davantage le robot (grâce à des linguistes ou à des rédacteurs), pour que ses échanges avec les utilisateurs reflètent au mieux l’image de l’entreprise. La direction n’a pas accès aux échanges (qui demeurent confidentiels) entre les utilisateurs et le robot, mais elle reçoit des tableaux analytiques sur la situation. Ainsi, elle peut mettre en place des mesures, comme des ateliers ou des exercices, pour soutenir tel ou tel secteur. En faisant un suivi sur une période de plusieurs mois, elle pourra déterminer si le problème persiste.

CERNER LES SOURCES DE STRESS

D’après un rapport du Centre canadien d’hygiène et de sécurité au travail publié en 2016, seulement 23 % des travailleurs se sentiraient à l’aise d’aborder la question de leur santé psychologique avec leur employeur. Pourtant, 47 % des Canadiens citent leurs heures de travail comme étant la partie la plus stressante de leur quotidien, selon la Commission de la santé mentale du Canada. Outre l’aide de professionnels que l’on peut consulter grâce à un programme d’aide aux employés, il est important d’entretenir de bonnes relations avec ses collègues. [Lire notre article intitulé Cachez-vous vos émotions au travail?] Les travailleurs peuvent aussi profiter du programme virtuel de mieux-être de la Great-West, qui offre notamment des vidéos favorisant la réduction du stress et la relaxation profonde.