Les robots travaillent derrière des cabines dans un environnement de bureau occupé

Selon Forbes, plusieurs fonctions comptables (comme l'entrée et la catégorisation de données, la conformité et le rapprochement, les comptes fournisseurs et les comptes clients) seront automatisées d’ici 2020. (Photo de Suwin/Shutterstock)

Monde | Intelligence artificielle

Intelligence artificielle : être futé, c’est se réinventer

Les robots marchent sur vos plates-bandes? Sachez vous rendre indispensable.

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À en croire le milliardaire Bill Gates, l’intelligence artificielle (IA) serait une véritable bénédiction pour l’humanité. Finies les tâches fastidieuses. Nous nous concentrerons sur l’essentiel. Vraiment?

De fait, selon Forbes d’ici 2020, diverses fonctions comptables – entrée et catégorisation de données, conformité et rapprochement, traitement des comptes fournisseurs et des comptes clients – seront automatisées grâce à Intuit, OneUp, Sage, et Xero. Côté audit, l’IA débouchera sur des analyses approfondies d’une masse phénoménale de données.

« Les technologies évoluent et apportent de nouveaux outils pour repenser les tests, d’où des conclusions éclairées pour le client », lance Richard Olfert, associé directeur, Qualité, risques et réglementation, Deloitte.


Richard Olfert évoque avec CPA Canada l’impact de la technologie en comptabilité. (vidéo en anglais)

Pour se montrer à la hauteur, les CPA devront – au-delà de la stratégie et la planification à long terme – mettre l’accent sur le jugement et l’analyse approfondie.

« Les tâches courantes (opérations aux comptes créditeurs et fournisseurs, par exemple) passent à l’arrière-plan. Le professionnel accompli a le sens des affaires. Curieux, il s’intéresse aux rouages des entreprises, et il maîtrise à fond les technologies. Il ne suffit plus de s’y connaître en comptabilité et en audit », explique M. Olfert.

L’idée, c’est de mettre à profit l’IA. D’y voir une occasion de renforcer les compétences, de réduire le risque d’erreurs, et de libérer les professionnels, appelés à prendre en mains des responsabilités enrichissantes.

« Les robots sont nos alliés. La robotique, l’IA et l’analyse de données nous permettent de bonifier nos prestations. C’est une occasion à saisir et non une menace, affirme Rachel Grimes, présidente de l’International Federation of Accountants (IFAC). Grâce à ces atouts, notre travail ne sera que mieux fait, nos clients, encore mieux servis, et nos fonctions, plus valorisantes. Ainsi va le monde… »


Les robots vont permettre aux CPA bonifier leurs prestations, souligne Rachel Grimes, de l’IFAC. (vidéo en anglais)

L’IA nous fait gagner du temps et chasse la monotonie. Et elle peut améliorer le résultat net des entreprises. Selon un livre blanc publié en 2017 par International Data Corporation (IDC), l’apport de l’IA aux relations clients se chiffrera à environ 32 milliards de dollars pour les entreprises canadiennes d’ici 2021. Pour les auteurs du rapport, les TI font office de tremplin, aux retombées décuplées. L’effet de levier d’une nouvelle technologie, comme l’IA, pourrait s’avérer encore plus marqué, soulignent-ils.

Panacée universelle, l’IA? Non. Pour Elon Musk, cofondateur de Tesla, c’est plutôt l’une des principales menaces qui planent sur l’humanité. Si bien que son association sans but lucratif, OpenAI, aspire à créer une IA moins risquée. Pour l’heure, le maniement de vastes quantités de données confidentielles soulève des questions de protection des renseignements personnels et de sécurité. On craint aussi que la communication en personne ne tombe en désuétude, et le spectre du chômage massif surgit. Selon un rapport de 2016 du Forum économique mondial, l’intensification de l’IA devrait anéantir plus de 5,1 millions d’emplois entre 2015 et 2020 (sur 7,1 millions au total). Les cols blancs (emplois de bureau, postes administratifs) seront touchés de plein fouet. Par ailleurs, une enquête Gartner de 2017 indique que les licenciements ont pour pendant des créations de postes. Gartner conclut que l’IA pourrait créer 2,3 millions d’emplois dans divers secteurs dès 2020.

Quelles que soient vos fonctions, l’IA ne disparaîtra pas. Il faut donc trouver moyen de suivre la cadence. Pour éviter l’impasse, à chacun de réussir à tenir le pari. Et de se réinventer?


Les conseils prodigués par les comptables seront indispensables dans le futur, pour Anton Colella. (vidéo en anglais)

« L’IA prendra de l’ampleur et les technologies en jeu monteront en puissance, mais les comptables et leur travail demeureront indispensables. Impossible de se passer de leur regard, de leurs conseils judicieux », fait valoir Anton Colella, qui a été à la tête de l’Institute of Chartered Accountants of Scotland (ICAS) chef de la direction mondial de Moore Stephens International. « Le défi pour les cabinets? Savoir s’adapter à ce nouveau contexte et présenter leur bagage de compétences, pour amener les clients à en tirer pleinement parti. »

Pour aller plus loin

Cet été, CPA Canada présentera un guide sur l’intelligence artificielle et une publication examinant ses répercussions sur la profession. Le Forum national sur les outils technologiques 2018, les 28 et 29 mai à Toronto, étudiera l’incidence, sur l’entreprise, des ressources, outils et tendances technologiques d’aujourd’hui et de demain (l’IA y sera abordée).