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Faut-il mentir pour décrocher un emploi?

Surprise : selon de nouvelles recherches, certains patrons apprécient la capacité des candidats à enjoliver la réalité.

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Illustration d'une femme tenant son CV dans ses bras, tandis qu'un oiseau est assis sur son nez allongéLes participants d’une étude ont souvent perçu les menteurs comme plus compétents que les gens sincères, au point d’être plus portés à les engager, surtout dans la vente, la publicité et les services bancaires d’investissement. (Illustration Leeandra Cianci)

Si quelqu’un affirme qu’il n’engagerait jamais un menteur, peut-être ment-il, sans même le savoir. D’après une nouvelle étude publiée dans Organizational Behavior and Human Decision Processes, certains gestionnaires recruteurs considèrent la duplicité comme un atout, malgré l’éthique douteuse que cela suppose. 

Voilà quelques années, les auteurs de l’article, Brian Gunia, de la Johns Hopkins Carey Business School, à Baltimore, et Emma E. Levine, de la Booth School of Business de l’Université de Chicago, ont relevé une anomalie dans leurs données. À l’égard de comportements malhonnêtes (gonfler une note de frais, passer sous silence un conflit d’intérêts), les participants à l’étude percevaient souvent les menteurs comme plus compétents que les gens sincères, au point d’être plus portés à les engager, surtout dans la vente, la publicité et les services bancaires d’investissement. Ils pensaient que les hypocrites seraient plus persuasifs et qu’ils ne reculeraient devant rien pour conclure une vente.

« Les cadres qui occupent un poste fortement tourné vers la vente pourraient avoir tendance à écarter leurs préoccupations d’ordre éthique au sujet d’un candidat s’ils le croient compétent », explique M. Gunia.

Par contre, il en va autrement dans les domaines qui ne sont pas axés sur la vente, dont la comptabilité. Selon les auteurs, les postes y sont orientés client : comme l’employé est censé répondre aux besoins du client, plutôt que de réaliser des ventes, l’honnêteté est primordiale. Alors, aux gestionnaires orientés client de combattre le préjugé inconscient selon lequel les menteurs seraient plus compétents.

« Quand on évalue des candidats qui ont surtout travaillé dans la vente, il faut prioriser le service à la clientèle », souligne M. Gunia. La comptabilité, entre autres, repose sur la confiance.