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Des rénos? Il existe une appli pour ça!

HomeStars est devenue l’annuaire Web favori pour trouver des rénovateurs. Mais une nouvelle appli offrant plus de fonctionnalités entre dans l’arène!

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photo illustration d'une maison en construction sur un téléphone intelligentSelon un sondage de CPA Canada, 31 % des répondants envisagent d’augmenter leurs dépenses en entretien de la maison ou de la cour et en jardinage par rapport à l’été precedent. (Illlustration de Matthew Billington)

Bryan Baeumler, entrepreneur vedette de la chaîne HGTV, se fait souvent demander par ses fans : « Hé, Bryan! Connais-tu un bon plombier? » (ou un électricien, un menuisier, un peintre). Aussi vient-il de lancer une application, appelée HeyBryan, qui répond à sa place à ce genre de questions. Grâce à cette plateforme, l’utilisateur peut choisir parmi 16 catégories de projet (p. ex., toiture, planchers, collecte de déchets), consulter une liste d’entrepreneurs – qui ont tous été soumis à des vérifications d’antécédents criminels, professionnels et de solvabilité –, puis clavarder avec ces derniers pour discuter des travaux.

HeyBryan arrive juste à temps pour la prochaine vague de rénovations. Car selon le dernier recensement canadien, un peu plus de 920 000 maisons doivent faire l’objet de réparations majeures (p. ex., plomberie, système électrique, murs, planchers, toit) dans un avenir rapproché. De plus, 60 % des baby-boomers canadiens prévoient rénover leur maison d’ici 2023.

L’explosion du marché canadien des rénovations domiciliaires depuis une vingtaine d’années s’explique en partie par ces nombreuses réparations à faire. En 2017, les propriétaires ont consacré 77,7 G$ à réparer ou à moderniser leurs espaces; c’est plus que le montant alloué à la construction d’habitations neuves. Selon un sondage de CPA Canada, 31 % des répondants envisagent d’augmenter leurs dépenses en entretien de la maison ou de la cour et en jardinage par rapport à l’été précédent, alors que 44 % comptent dépenser la même somme. « Cette montée des dépenses a beaucoup à voir avec l’évolution du marché immobilier canadien, tout particulièrement dans des points chauds comme Toronto et Vancouver, explique Krista Thompson, associée au sein du groupe Bâtiment, construction et immobilier de KPMG Canada. Lorsque les habitations sont peu abordables, les propriétaires choisissent souvent de rénover plutôt que de déménager. Et il y a aussi le phénomène Airbnb, qui les pousse à rendre leurs maisons plus attrayantes pour d’éventuels locataires. »

Pour le propriétaire dont le domicile a besoin d’amour, l’un des problèmes les plus épineux est d’engager un rénovateur – une tâche difficile selon 78 % des répondants à un sondage Ipsos mené en 2018 auprès de propriétaires torontois. 

Près d’un million de maisons canadiennes doivent faire l’objet de réparations majeures.

HeyBryan vise à résoudre ce problème. Après son lancement à Vancouver en 2018 et dans le Grand Toronto en 2019, l’application gagnera cinq autres villes d’ici 2020. Actuellement, elle regroupe plus de 2 000 fournisseurs. Certains se sont inscrits parce que l’application leur simplifie la vie, côté paiement.

« L’appli traite le paiement dès que le projet est terminé », explique Lance Montgomery, fondateur, président et chef de la direction de HeyBryan. (Après avoir eu du mal à faire réparer son lave-vaisselle, il a proposé son idée à M. Baeumler en utilisant le formulaire de contact sur le site Web de ce dernier.) « Nous aidons également les fournisseurs à vendre leurs services et à planifier leur emploi du temps. D’où une augmentation du nombre de fournisseurs de 350 %, et du nombre de clients inscrits de 260 %. » (HeyBryan tire ses revenus des frais de 20 % imposés au fournisseur et de 7,5 % imposés au client.)

Attiré par les services de marketing et de paiement de HeyBryan, Steve Zappa, peintre de Mississauga (Ontario), s’est inscrit en 2019. Il attend toujours un premier projet. « L’application est probablement trop récente. » Entre-temps, ses contrats viennent principalement du bouche à oreille ou d’annonces sur Kijiji. À l’heure actuelle, HeyBryan compte 4 000 clients. Selon M. Montgomery, entre 50 et 60 personnes s’y inscrivent chaque jour, et à ce rythme, son entreprise en démarrage deviendrait rentable d’ici la fin de 2019. 

Le plus important sera de séduire les propriétaires qui ont le réflexe de consulter HomeStars. Fondé en 2006 par l’entrepreneuse canadienne Nancy Peterson, HomeStars a été acheté par IAC, société multimédia établie à New York dont le chiffre d’affaires annuel dépasse les 3 G$. Cela dit, ce site n’a pas la capacité de traiter les paiements ni de prendre de rendez-vous à la Uber. Par contre, à l’instar de HeyBryan, il vérifie les antécédents criminels et de solvabilité de ses fournisseurs, au nombre de 1,8 million. Qu’ils aient payé un abonnement supérieur ou non, ceux-ci peuvent faire l’objet de commentaires et de notes, parfois sans gants blancs, de la part des clients fidèles (ils sont 1,2 million).

« Nous avons une équipe responsable de l’intégrité des contenus, explique Mme Peterson. Si un avis lui semble juste, elle le laisse tel quel. Nous tenons à recevoir des avis honnêtes, car la confiance de nos clients en dépend. Il a fallu travailler dur pour sensibiliser nos annonceurs à l’importance de l’honnêteté. » 

Errol Judd, propriétaire de l’entreprise de traitement de l’eau Hills & Valley Water Systems à Ottawa, reconnaît le bien-fondé d’une inscription à HomeStars, malgré d’éventuels commentaires négatifs. Avant de s’inscrire en 2013, il consacrait près de 14 000 $ par année à la publicité sur le site Pages Jaunes et à Google AdWords afin de rester en tête des résultats de recherche pour les systèmes de purification d’eau. Ces dépenses se sont révélées fructueuses : 30 % des nouveaux clients ont été appâtés par la publicité sur Google – mais M. Judd a remarqué qu’il recevait encore plus de visiteurs de HomeStars, alors qu’il n’avait payé aucune inscription sur ce site. « Google ne fait qu’afficher votre nom sans contexte dans les résultats de recherche. Par contre, si vous accumulez les commentaires positifs sur HomeStars, vous gagnez la confiance des clients. » M. Judd a donc décidé de passer à un compte HomeStars de catégorie supérieure pour 2 000 $ par année, soit le septième de ce qu’il payait pour Google AdWords et les Pages Jaunes. Aujourd’hui, environ 90 % de ses clients potentiels vont sur HomeStars pour prendre leur décision, et en trois ans, ses revenus ont plus que doublé.

Outre HomeStars, HeyBryan devra faire concurrence à Houzz, entreprise californienne qui compte plus de 2 millions de designers, d’architectes et de professionnels de la rénovation prêts à servir sa clientèle. Pour les petites rénovations (plomberie, éclairage, peinture), les clients peuvent également se tourner vers Handy (établie à New York) ou Jiffy (à Toronto), qui s’occupent des réservations, des paiements, de la facturation et du service à la clientèle.

HeyBryan s’est toutefois fixé deux objectifs audacieux : entrer à la Bourse des valeurs canadiennes cet été et dégager un bénéfice d’ici la fin de l’année. « Il n’y aura peut-être jamais de bon moment pour faire un PAPE, lance M. Montgomery. Mais nous voyons grand. Après le Canada, nous enchaînerons avec les États-Unis, en commençant par le Nord-Ouest de la côte Pacifique. Notre but est de trouver la meilleure solution pour assurer notre croissance. »

RÉNOVER FUTÉ

Trois conseils pour optimiser votre budget rénovation :
1) Soyez prudent si vous optez pour une marge de crédit hypothécaire
Idéalement, vous devriez payer vos rénovations comptant, mais si vous empruntez, comparez bien les produits. Un prêt personnel ou un prêt rénovation vous accorde un montant fixe à rembourser mensuellement sur une période donnée (par exemple, cinq ans). Vous augmentez le montant de votre prêt hypothécaire? Il s’ajoutera à votre capital et, à long terme, pourrait porter des intérêts substantiels. Une marge de crédit hypothécaire vous permet d’emprunter et de payer des intérêts uniquement sur l’argent dont vous avez besoin. Le taux d’intérêt peut être plus avantageux, mais comme il n’y a pas de calendrier de remboursement, vous courez plus de risques. « Le danger, c’est que votre versement minimum se limite aux intérêts », affirme Ann Hebert, CPA et professionnelle de la finance à Toronto. « Faites votre propre calendrier de remboursement. »

2) Installez-vous avant de rénover
Mme Hebert recommande de passer un peu de temps dans votre nouvelle demeure. Vous aurez une meilleure idée des travaux à faire en priorité. Ce conseil vaut particulièrement pour les jeunes couples ou ceux qui ont contracté un emprunt hypothécaire important; ils devront se limiter à un projet à la fois.

3) Pensez au rendement de votre investissement
Si vous prévoyez revendre votre maison, misez sur les projets qui en augmenteront le prix, comme rénover la cuisine. Selon le magazine Remodeling, le remplacement des portes de garage, des patios ou des recouvrements extérieurs est très rentable aussi. Respectez le style des autres maisons de votre quartier. Dépenser sans compter ne vous rapportera pas nécessairement plus.