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Productivité accrue aux côtés de collègues inconnus

Est-il temps de revoir la répartition des places au bureau?

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illustration d'un homme et d'une femme écoutant des appareils assis sur une chaiseLes changements occasionnels peuvent faire jaillir les trouvailles, mais le décloisonnement ne convient pas à tous. (Illustration de Leeandra Cianci)

Obligatoires chez Google et Facebook, les aires ouvertes favoriseraient la collaboration et la productivité. Sunkee Lee, professeur adjoint en stratégie organisationnelle à l’Université Carnegie Mellon, a voulu en savoir plus.

« Des études ont été menées sur les interactions et la concertation, mais on ignorait si les travailleurs, plus près de leurs collègues, en tiraient avantage au point d’avoir des idées novatrices. »

Sunkee Lee a donc analysé le cas d’un détaillant en ligne sud-coréen récemment installé dans de nouveaux locaux, où 60 commis ont été placés en espace partagé, aux côtés de collègues différents.

En examinant les statistiques sur huit mois, le chercheur a constaté que la reconfiguration avait porté ses fruits. Forts de nouvelles connaissances, les vendeurs sortaient des sentiers battus, et les résultats suivaient. Un spécialiste du rayon bambins a fait grimper les ventes en ajoutant au catalogue un petit pot qui diffuse des comptines : l’apprentissage de la propreté se fait en musique. L’idée lui est venue après avoir bavardé avec un collègue de l’électronique. Certains représentants ont déniché des produits innovants; d’autres ont peaufiné leurs tactiques de négociation avec les fournisseurs. Par ailleurs, les effets positifs ont été plus notables chez les employés de longue date, qui avaient jusque-là eu peu de contacts avec leurs nouveaux voisins de pupitre. Par rapport au groupe témoin où le plan des bureaux était demeuré inchangé, les vendeurs confrontés à la nouveauté ont décidément fait meilleure figure.

De là à instaurer partout le principe de la chaise musicale ou des espaces à la WeWork? Pas sûr. D’accord, les changements occasionnels font jaillir les trouvailles, mais le décloisonnement ne convient pas à tous. « Pour les entreprises qui carburent à l’innovation et aux nouvelles conn­aissances, c’est gagné d’avance. Difficile d’en dire autant là où les tâches, normalisées, exigent de la concentration. » 

Dans la balance, il y a les idées géniales, mais aussi les dérangements.