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Ce CPA marche pour participer aux JO de 2020

Mathieu Bilodeau croyait devoir cesser de faire du sport, mais une rencontre fortuite lui a fait découvrir la marche athlétique. Et mené aux Jeux olympiques.

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CPA Mathieu Bilodeau marchant avec d'autres coureurs dans un marathon à l'extérieur dans la rue Mathieu Bilodeau, CPA en Alberta, aux Jeux olympiques de Rio en 2016 (Jewel Samada/AFP/Getty Images)

Avez-vous toujours pratiqué un sport de compétition?

Adepte du ski et du triathlon, j’ai déménagé à Calgary en 2011 pour intensifier mon entraînement. Lorsque j’ai accepté un emploi à la société pétrolière MEG Energy en 2014, je me suis senti submergé : je m’entraînais tout en travaillant à temps plein et j’ai pensé raccrocher mes skis et mes chaussures de course.

Pourquoi avoir choisi la marche athlétique?

Un soir, j’ai rencontré une dame qui portait au doigt une bague olympique. C’était Janice McCaffrey, l’une des meilleures marcheuses athlétiques de l’histoire… et l’épouse de mon patron, Bill McCaffrey, alors chef de la direction de MEG Energy. J’ignorais tout de la marche athlétique et je lui ai demandé de m’initier. Comme c’était 18 mois avant les qualifications pour les Olympiques de Rio, je me suis dit : « Pourquoi ne pas tenter ma chance? »

Décrivez-nous ce drôle de sport...

La marche athlétique est une drôle de discipline olympique : il faut toujours qu’un des deux pieds soit en contact avec le sol et que les genoux restent droits jusqu’à ce qu’ils dépassent les hanches, d’où cette allure cocasse. Au début, je marchais à la tombée de la nuit. Parfois, ma femme m’accompagnait à vélo et constatait que je déclenchais les rires des passants.

Comment sest passée votre première course?

J’ai d’abord participé au Championnat des États-Unis. Puis, je me suis qualifié pour les Championnats mondiaux à Pékin. Je devais être inconscient pour me mesurer aux meilleurs marcheurs du monde! Je marchais un peu comme un robot, mais avec tellement d’ardeur.

Et après?

J’ai concouru à Rio, mais l’épuisement m’a empêché de terminer la course. Or, pendant la cérémonie de clôture, ma mère m’a texté de Québec : elle me voyait à la télé! Je me suis alors rendu compte que des gens du monde entier me regardaient.

Êtes-vous devenu une vedette?

Je suis assez connu en France, où la marche athlétique compte beaucoup plus d’adeptes qu’ici. Les gens adorent mon accent québécois et semblent intrigués que je sois à la fois comptable et athlète. En France, il est quasi impossible de conjuguer sport et vie professionnelle. 

Justement, comment gérez-vous la conciliation travail-sport?

Concilier le travail et l’entraînement n’était pas une sinécure. Je me levais à 4 h du matin pour marcher 30 kilomètres et, après ma journée de travail, je m’entraînais de nouveau le soir. Parfois, à l’heure du lunch, je dormais sous mon bureau.

Où en êtes-vous professionnellement parlant?

Je suis maintenant auditeur chez Deloitte. Cette année, j’ai pris congé pour déménager à Canmore et m’entraîner en vue des JO de 2020 à Tokyo. Cette course de 50 kilomètres pourrait être le couronnement de ma carrière de marcheur. Ensuite, j’aimerais devenir directeur ou associé chez Deloitte. Mais avant, cap sur 2020!