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À quoi ressemblera votre travail comme CPA dans 10 ans?

Pour prospérer demain, les CPA devront façonner l’avenir. Retour sur le projet Voir demain : Réimaginer la profession.

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Teresa FortneyTeresa Fortney (Photo de Riley Smith)

À un quart d’heure d’Halifax, au bord de la route, une drôle de créature saute aux yeux : un homard énorme, perché sur une enseigne Clearwater. Avec ses pinces gigantesques, l’étonnante bestiole fait étalage de tout son charme pour inviter les passants à acheter poissons et fruits de mer sur place. Les habitants du coin le savent, pour déguster des crustacés encore plus frais, il faudrait les pêcher soi-même.

Mais ils ignorent peut-être que derrière la devanture se trouve le siège social de Clearwater Seafoods, géante de l’industrie. Un chiffre d’affaires mondial de 621 M$ en 2017. Le meilleur endroit pour se faire une idée de son fonctionnement? Le bureau de Teresa Fortney, FCPA, au gouvernail des Finances. Par la fenêtre, elle voit les bateaux à voile se croiser dans le bassin de Bedford. De son poste de commande, elle garde l’œil sur tout, au-delà du centre de stockage et de distribution au rez-de-chaussée, où les membres d’équipage s’affairent à recevoir et à expédier des cargaisons de homards. L’entreprise, qui vend dans 45 pays, compte des douzaines d’établissements de traitement.

Son bureau n’est peut-être pas celui du CPA type. Côté travail, Mme Fortney, chef des finances, n’a pas toujours recours aux compétences qu’on associe généralement à la comptabilité. « Les pratiques comptables et les normes d’audit sont au cœur de mes fonctions, mais ne définissent ni mon rôle ni mes activités quotidiennes. Je dirais que le seul qui me parle de normes comptables, c’est mon auditeur. »

Mais, quand on y pense, le « CPA type » n’est-il pas une chimère? C’est ce qu’a constaté Mme Fortney l’automne dernier. Elle faisait alors partie d’une quarantaine de participants de divers milieux et métiers – cabinets, entrepreneurs, autorités de réglementation, universités, secteur public, experts en durabilité et en technologie, industries – invités à une série de trois tables rondes. Ces rencontres formaient l’assise d’un projet ambitieux que mène CPA Canada, l’initiative « Voir demain : Réimaginer la profession », qui interpelle diverses parties prenantes, invitées à repenser l’activité comptable. Quelque 1 200 intervenants, CPA ou non, ont été consultés, en personne et en ligne. Ils cherchaient à répondre à la question suivante : quel rôle les CPA du Canada joueront-ils dans un monde façonné par les technologies émergentes, les changements démographiques et de nouvelles pressions géopolitiques?

Les CPA ne peuvent pas être que les gardiens des finances : Ils doivent Incarner le changement.

À l’occasion des trois tables rondes, Mme Fortney et les autres participants ont débattu de questions épineuses. L’intelligence artificielle (IA) remplacera-t-elle les auditeurs? Les états financiers historiques deviendront-ils inutiles? Que doivent savoir les CPA sur les mégadonnées, l’apprentissage machine et les chaînes de blocs?

Des énigmes difficiles à résoudre. « Chacun a apporté son bagage et son cadre de référence aux tables rondes », constate Mme Fortney. Les participants analysaient le tout à travers le prisme de leur carrière. « Nous avions tendance à formuler les questions sous l’angle de notre réalité. Mais le projet Voir demain nous a menés au-delà de nos parcours singuliers. Ma vision des choses comme chef des finances à Clearwater ne cadrait pas nécessairement avec les perspectives des autres interlocuteurs présents. » Et tant mieux.

Une quarantaine de points de vue contrastés, tous valables. « Teresa apportait l’éclairage de l’entreprise, prioritaire », explique Tashia Batstone, FCPA, vice-présidente principale, Relations externes et expansion des activités, à CPA Canada. « Elle l’a souligné : nous devions penser non seulement à l’information financière et aux éléments mesurables, mais aussi au rôle stratégique des CPA, en concertation, avec les autres cadres à la tête d’une organisation. Teresa cherche à dégager et à créer de la valeur; c’est fondamental dans son travail de chef des finances. »

La création de valeur est au cœur du rapport publié à la suite du premier volet de Voir demain, qui présente une vision audacieuse, voire inattendue de la comptabilité. Si la profession d’hier était axée sur la valeur des actifs corporels et les états financiers historiques, qu’en est-il aujourd’hui? Et qu’en sera-t-il demain? Quels atouts les CPA doivent-ils posséder à l’ère de l’information, en cabinet, dans une entreprise en démarrage ou dans une grande société? Où peuvent-ils créer de la valeur? En 2030, iront-ils au-delà de l’audit et de la comptabilité? Peut-être seront-ils les garants de l’intégrité des nouvelles données, exemptes de partis pris et d’erreurs, consommées – et distillées – par les systèmes d’IA. Peut-être seront-ils les protecteurs de la planète, invités à jauger des actifs incorporels comme la durabilité avec la rigueur appliquée aux données financières.

Les entreprises auront toujours besoin des CPA comme partenaires et conseillers de confiance. Mais la nature des rôles évolue. Voir demain, c’est aller au-devant du virage pour l’orienter. « Au-delà du passé et du rôle de gardien des finances, envisageons les choses autrement », lance Joy Thomas, FCPA, présidente et chef de la direction de CPA Canada. « La profession a devant elle un brillant avenir. Mais pour que cette voie se matérialise, au lieu de laisser le changement s’opérer, sans intervenir, nous devons en être le moteur pour mieux l’orienter. »

Voilà des lustres que la profession suit un schéma connu : « Un événement survient, les autorités de réglementation agissent, d’où de nouvelles règles. Et nous nous adaptons, ajoute Mme Thomas. Ancrée dans la tradition, la profession n’a pas connu de vraie transformation depuis longtemps. »

Mais dès 2015, CPA Canada a pris les devants. Elle a notamment examiné, dans son rapport intitulé Inducteurs de changement : Prendre l’avenir en main, les mutations que connaîtra bientôt la planète sous l’impulsion de facteurs économiques, environnementaux, technologiques, sociaux et géopolitiques. Comment les CPA pouvaient-ils intégrer ces moteurs de changement à la stratégie de leur organisation? À retenir : « Faute de se préparer activement, ils risquaient de se buter à un bouleversement qui rappelle la montée en puissance d’Uber », souligne Mme Batstone.

« Nos membres sont nombreux à être au diapason. Mais, fort occupés, ils n’ont pas forcément le temps de s’interroger sur l’avenir de la profession. CPA Canada doit s’assurer qu’ils sont au fait des changements, prêts à s’adapter et à continuer d’ajouter de la valeur dans un contexte dynamique. »

« Ancrée dans la tradition, la profession n’a pas connu de vraie transformation depuis longtemps. »

Tim Herrod, participant de Saskatoon, partage cet avis. « La remise en question n’est pas ce qu’il y a de plus agréable, mais c’est un investissement fructueux », constate le CPA, conseiller externe principal chez Bain & Company, qui se spécialise en transformation des approvisionnements. « De nombreuses autres professions restent en retrait, se demandant pourquoi tant de bouleversements? CPA Canada a choisi des actions stratégiques, voire indispensables. »

Quand CPA Canada a lancé le projet Voir demain, l’équipe a voulu examiner le travail de préparation entrepris par les organisations professionnelles à l’étranger. « Les autres organisations comptables abordent l’avenir de la profession sous l’angle de l’information financière et des finances », explique Mme Batstone. Ainsi, aux États-Unis et au Royaume-Uni, on s’interroge sur la refonte de l’audit. Mais l’équipe du projet Voir demain voit plus grand. « Que dire de l’avenir des affaires, et de l’orientation de l’économie? Nous voulons optimiser le positionnement des CPA, épauler les chefs d’entreprise et, nous aussi, endosser un rôle de chef de file. »

Pour se donner les moyens de répondre à ces questions, CPA Canada a fait appel à Catalytic Governance, un cabinet-conseil qui aide les organisations à tracer une voie stratégique pour esquisser leur avenir. On a ainsi organisé les trois grandes tables rondes, tenu une série de consultations ciblées, et lancé la plateforme SoapBox, un forum en ligne où membres et autres intervenants étaient invités à s’exprimer. CPA Canada a résumé les commentaires en ligne grâce à un outil d’analyse basé sur l’IA, Lexalytics, et les a intégrés comme thèmes de discussion en table ronde, ainsi que dans le rapport définitif.

Aux tables rondes, plusieurs conférenciers – dont Sree Ramaswamy, associé au McKinsey Global Institute, et John Seely Brown, ancien directeur scientifique de Xerox – ont notamment parlé d’automatisation, d’IA et de mégadonnées. Les participants ont ensuite élaboré quatre « scénarios », soit des visions plausibles de l’avenir que pourrait connaître la profession – et la planète au sens large.

  1. Lentement mais sûrement : la communauté internationale recherche la stabilité. Les pays coopèrent, mais la lourdeur de la réglementation et l’aversion au risque freinent l’innovation. En l’absence de mesures énergiques pour rétablir la situation, les changements climatiques prennent de l’ampleur.
  2. Le phénix renaît de ses cendres : après une succession de crises économiques et climatiques, les puissances mondiales choisissent la concertation et une refonte en profondeur. Une réglementation bien pensée facilite la marche du progrès sans le laisser se déchaîner, ce qui débouche sur de grandes avancées : technologie, durabilité, lutte contre les inégalités sont les thèmes porteurs.
  3. Géants de la techno  : faute d’un effort réfléchi pour unifier les actions des États et des législateurs, les multinationales des TI dominent l’économie et décident de l’avenir de la planète. L’innovation massive apporte certaines améliorations, mais engendre la précarité et suscite la montée des inégalités.
  4. À ma manière : on constate l’émergence d’un monde dépourvu d’objectif commun, sans projet de refonte en profondeur, où les États se replient sur eux-mêmes, vulnérables aux inégalités, aux crises climatiques et aux frictions géopolitiques –, ce dont témoigne le Brexit, par exemple.

L’étude des cas de figure n’avait pas pour objectif de prédire l’avenir, mais de présenter quatre versions plausibles d’un futur à envisager. Après avoir cerné le fil conducteur des scénarios, les participants ont discuté – souvent avec la plus grande conviction – des compétences et des services susceptibles de s’avérer les plus utiles dans chacun des quatre contextes. Et, au premier chef, ils ont cherché à cerner les savoir-faire que les CPA seraient les mieux placés pour offrir.

Amar Ahluwalia l’a vite compris, la rapidité peut déstabiliser; c’est ce que lui avouent ses clients. Il est vice-président, Partenariats et marchés des capitaux, à OnDeck Capital, une société de prêt en ligne qui tire parti de plus de 2 000 points de données extraites d’environ 100 sources, alimentées en temps réel, pour orienter ses décisions, fulgurantes : accordera-t-elle, oui ou non, le prêt que lui demande une PME? De fait, déroutés par la rapidité du traitement, certains utilisateurs ont exprimé des réserves. « Nous avons dû ralentir le mode de fonctionnement, histoire d’éviter que les clients se sentent dépassés », a-t-il admis à une des tables rondes Voir demain, tenue en octobre.

1 200 intervenants, CPA ou non, ont pris part, en ligne ou en personne, au projet Voir demain.

De quoi susciter de vives discussions, voire de mettre le feu aux poudres. Primo, de quelles données s’agissait-il, d’où venaient-elles, étaient-elles fiables? Secundo, si OnDeck consultait des données en temps réel, et non des états financiers fondés sur le passé, quel était le rôle des CPA, en particulier les auditeurs?

Les cyniques répondraient : certains CPA se retrouveront au chômage. Pourtant, un optimiste verrait plutôt les possibilités que laisse entrevoir le cas de l’ambitieuse OnDeck. Le flux des données, méli-mélo complexe, intarissable, a été multiplié par 45 depuis 2005, selon le cabinet-conseil McKinsey (cours des actions, relevés des indicateurs en usine, messages sur les médias sociaux, tout est bon à prendre). Dans ce torrent confus de chiffres et de gazouillis, il faut faire la part des choses. Mais les données dans leur ensemble alimentent l’IA. C’est bien elle qui permet d’enseigner aux voitures à conduire, de prédire le résultat d’un litige fiscal et de concrétiser une foule d’autres interventions. De quoi révolutionner tous les secteurs d’activité, ou presque.

La plateforme OnDeck, déjà gavée de données, n’avait nul besoin d’en dévorer davantage (états financiers audités, statistiques en temps réel…). Ce qu’il lui fallait, c’était l’intervention perspicace d’un observateur lucide, capable d’évaluer l’information, pour la remettre en question au besoin. « C’est là que les CPA auront un rôle marquant à jouer, explique Mme Batstone. Au lieu de diriger leur regard vers le passé, ils se tourneront vers l’avenir. Les décisions se prennent en temps réel, donc l’entreprise n’a pas toujours le loisir d’attendre que les états financiers soient prêts. La direction doit fonder ses décisions sur des faits, en prise directe sur la réalité. Sans forcément devenir des virtuoses de l’analyse de données, les CPA doivent se familiariser avec la question. »

Et dans bien des cas, ces données ne seront pas forcément de nature financière. « Si nous mettons tous nos œufs dans le même panier, par l’application d’une grille d’analyse de la valeur chiffrée, nous risquons de nous concentrer sur des éléments que les décideurs d’aujourd’hui – des entrepreneurs aux investisseurs – remettent en question », précise Mme Batstone. Qui sait, ils s’intéressent peut-être davantage aux indicateurs de l’empreinte environnementale qu’aux flux de trésorerie trimestriels. D’ailleurs, Mme Fortney explique que son équipe travaille en collaboration avec le gouvernement et le Marine Stewardship Council, OSBL indépendant, en vue d’évaluer la durabilité des activités de pêche de Clearwater. Le hic, c’est qu’aux Finances, on ne dispose d’aucun indicateur précis pour la mesurer. La question avait été soulevée, pourtant. « Dans les pêches, la durabilité figure désormais au cœur des préoccupations, affirme Mme Fortney. Le thème façonne notre quotidien. Nos étiquettes et emballages sont axés sur de nouvelles réalités. Cela dit, nos états financiers n’en tiennent pas compte. »

Après s’être plongée dans l’univers des tables rondes de l’initiative Voir demain, Mme Fortney, de retour au bureau, a cherché des moyens d’intégrer l’optique environnementale au travail du Service des finances. Son but? Jouer cartes sur table et renseigner les intéressés sur l’approche de Clearwater quant à la durabilité et à l’innovation. « Ce sont des indicateurs difficiles à chiffrer et à communiquer aussi », constate Mme Batstone. La profession explore différentes approches, comme l’information intégrée, pour mesurer et présenter l’évolution d’autres indicateurs porteurs de valeur, sur les axes du capital naturel et du capital humain. « Mais certaines pratiques manquent encore de cohérence; certaines entreprises ont décidé de présenter de l’information sur la durabilité ou sur l’intégrité de leurs données, mais l’uniformité peut laisser à désirer, d’une organisation à l’autre, voire d’un exercice à l’autre, ajoute-t-elle. C’est un saut dans l’inconnu, vers des terres inexplorées. »

« Nous avons un vrai rôle à jouer, car nous, CPA, sommes rompus aux subtilités des cadres et des normes »

La deuxième vague de consultation du projet Voir demain bat son plein. Elle permettra de dégager les grandes lignes des responsabilités qu’endosseront les CPA pour jalonner – voire défricher – de nouveaux territoires. « Nous avons un vrai rôle à jouer, car nous sommes rompus aux subtilités des cadres et des normes », déclare Mme Thomas. Forte de quelque 217 000 membres, la profession a établi des partenariats avec les gouvernements, les autorités de réglementation, les normalisateurs, les sociétés fermées et les sociétés ouvertes, sans oublier les organisations comptables internationales. « Aucune des parties prenantes du milieu ne peut piloter le changement à elle seule », précise-t-elle. Néanmoins, CPA Canada est bien placée pour les réunir toutes autour d’une même table.

Les groupes de travail de la deuxième vague de consultation cherchent à baliser la collaboration de CPA Canada avec les autorités de réglementation, les normalisateurs et d’autres acteurs. Il sera question de mieux définir l’apport des CPA sur les axes de la standardisation des données et, aussi, du recours à des modèles inédits de création de valeur : comment est-elle dégagée, repérée, mesurée? Comment en faire état? Les participants aborderont des questions d’envergure sur les compétences qui donneront aux CPA les moyens de triompher, à l’ère de l’information. Vu la cadence accélérée de l’innovation, les CPA, polyvalents et aptes à s’adapter, s’engageront résolument dans le changement : il leur faudra apprendre à réapprendre.

Les réponses pourraient déboucher sur une comptabilité nouvelle, qui prendrait naissance dans la formation des CPA. « C’est grâce à la relève que tout se jouera, constate M. Herrod. Pour modeler la profession de 2030, il faut commencer par repenser la formation : qui choisit d’embrasser la carrière? Pourquoi? Comment préparer les jeunes à répondre aux attentes des clients? » Selon M. Herrod, mieux vaut éviter des études pointues à outrance. Il penche pour une mise en valeur des compétences fondamentales, comme le sens des affaires, la négociation et la résolution de problèmes, que les CPA pourraient enrichir par des formations de spécialité.

Cependant, pour chaque compétence ajoutée au programme d’agrément – analyse des données, comptabilité adaptée à l’économie du partage – des volets doivent en être retirés. M. Herrod se demande si tous les CPA doivent connaître les moindres rouages de l’audit. « L’automatisation et l’IA pourraient faciliter la réalisation de nombreuses procédures d’audit, sans guère d’intervention. Si bien que pour assurer la pérennité de la profession, il faut prendre en considération de nouvelles réalités. » Tout est là : de quel bagage les CPA auront-ils besoin en 2030?

Teresa Fortney aimerait bien le savoir, pour elle-même, mais aussi pour sa fille, qui suit le parcours menant au titre de CPA. Elle s’interroge : quelle forme prendront les fonctions de la jeune femme demain? « On pourrait s’alarmer des bouleversements, des questions environnementales, des aléas de la politique, il est vrai. » Toutefois, après avoir discuté ferme avec d’autres CPA, déterminés à collaborer pour continuer à apporter une réelle valeur ajoutée, elle se montre optimiste. « Les craintes se dissipent. La voie reste à tracer, mais le projet Voir demain nous a amenés à poser nos marques; le brouillard se dissipe. »

Quel avenir pour la profession comptable? Face aux progrès technologiques, à la mondialisation, aux nouveaux modèles d’affaires ou géopolitiques, et aux valeurs et normes de société changeantes, le temps de la transformation est venu pour les CPA. Apprenez-en davantage sur les principales conclusions de la première phase et la façon dont elles influenceront la deuxième phase en visitant cpacanada.ca/voir-demain-initiative. Découvrez aussi comment prendre part au débat.