Comptabilité | La profession

Accéder à un poste de haute direction : Être à l’écoute et oser

Et si vous aviez déjà tout ce qu’il faut pour prendre le contrôle des finances de votre organisation? Trois CPA qui sont parvenus au sommet de grandes entreprises québécoises en sont convaincus.

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Multi-ethnic group of business persons talking in the office« Bien écouter et bien communiquer, à savoir en termes simples, sont essentiels dans notre profession » rappelle Pierre Lafontaine, vice-président, fiscalité, chez Bombardier inc. (Getty Images/pixelfit)

Existe-t-il une voie royale pour accéder aux plus hautes fonctions des organisations et devenir directeur financier, chef des finances ou président d’une entreprise? Trois CPA québécois qui rayonnent au sein d’entreprises bien connues ont partagé leur expérience lors d’une table ronde tenue lors du congrès L’UNIQUE.

Osez vous lancer

Tous se sont entendus pour dire que l’obtention du premier poste de direction était un défi. Graziella Khawand, directrice financière, Groupe Yellow, s’est rappelé ce moment : « Il m’a fallu gagner la confiance du président, et travailler fort. Vous devez montrer que l’entreprise vous tient à cœur, que vous êtes fiable… et patient, ce qui ne va pas forcément de soi quand on a de l’ambition. Cela dit, si vos efforts ne portent pas fruit, partez! »

Car des risques, il faut oser en prendre. Quand Pierre Lafontaine, aujourd’hui vice-président, Fiscalité, chez Bombardier inc. s’est joint à la multinationale, ils n’étaient que deux fiscalistes. Aujourd’hui, il dirige une équipe de 45 fiscalistes dans le monde. Le chiffre d’affaires du géant québécois avoisine les 18 G$.

Marie-Noël Grenier, présidente de Jambette, un fabricant de modules de jeux pour enfants qui compte une centaine d’employés, était du même avis. La CPA, qui a commencé à travailler dans l’entreprise alors qu’elle était étudiante, y est devenue directrice de production, puis directrice des finances, bras droit du PDG, PDG et enfin présidente, quand l’entreprise a encore grossi. « Un des avantages des PME, c’est que les choses peuvent vite changer et qu’on y porte plusieurs chapeaux. »

Les grandes organisations peuvent aussi proposer de nouveaux défis, a rappelé Pierre Lafontaine, mais les choses prennent plus de temps. « Hélas pour eux, ceux qui n’ont pas été assez patients ne sont plus là pour le constater ni en profiter, et voient souvent leur carrière stagner ».

Laissez parler le leader en vous

Cela dit, il n’est pas toujours évident de faire valoir ses idées et de faire sa marque, surtout lorsqu’on est jeune. Mais « comme comptables, on a la force des chiffres avec nous, alors appuyez-vous sur les faits, a rappelé Mme Grenier. C’est comme ça qu’on peut faire avancer nos idées ».

Appuyez-vous sur les faits, mais ne vous enfargez pas dans les fleurs du tapis, a souligné Pierre Lafontaine. « Assurez-vous de bien comprendre les attentes de vos clients mais sans faire preuve de rigorisme ». Et d’insister sur le rôle crucial des compétences générales : « Bien écouter et bien communiquer, à savoir en termes simples, sont essentiels dans notre profession. Même si on est dans le même bateau, ça n’a pas toujours été facile de convaincre mes collègues de l’importance de la fiscalité. »

La présidente de Jambette a appris la leçon quand elle a voulu imposer une mesure plutôt que de consulter, ce qu’elle fait dorénavant. « Les gens ont besoin de comprendre, de donner du sens à ce qu’ils font, de savoir que vous les amenez quelque part avec vous. »

Mais force est de constater qu’un tel leadership inclusif ne se développe pas du jour au lendemain.

Faites-vous « des amis »

Demandez l’aide des ressources humaines, a conseillé Pierre Lafontaine. « Les leaders qui obtiennent les meilleurs résultats sont tous entourés d’équipes fantastiques. C’est très important de bien évaluer le talent des gens qui nous entourent. »

« On aime tous travailler avec des gens agréables, a rappelé Graziella Khawand. Soyez positif, inspirant. Les entreprises aiment recruter pour des postes de haute direction des personnes de l’interne qui ont du leadership. »

Pour autant, tout ne se passe pas toujours comme prévu. « Sortez de votre zone de confort, faites du réseautage. Beaucoup de réseautage. Des occasions se présenteront, mais elles ne le feront pas toutes seules. »

Demeurez humain avant tout

Cultivez aussi votre créativité, a insisté Marie-Noël Grenier. « En développant un sens de l’écoute, vous allez prendre connaissance de situations problématiques que vous pourrez régler. Et plus vous allez le faire, plus vous serez identifié comme une personne qui règle des problèmes, surtout que, là encore, vous aurez les chiffres avec vous. »

Le but, rappelé par Graziella Khawand : montrer la valeur de notre travail et la pertinence du savoir-faire, en devenant un partenaire d’affaires qui comprend les besoins et les défis.

Mme Grenier a aussi encouragé à une plus grande humanité. « Je me suis demandé à un moment si je voulais tout cela ou si c’était la société qui m’y poussait. J’ai consulté un coach, qui m’a aidée à y voir plus clair. Allez chercher de l’aide au besoin. Affrontez vos peurs et vos doutes. Montrez votre vulnérabilité, y compris à vos collaborateurs. Montrer ses émotions n’est pas toujours bien vu mais c’est pourtant une preuve de grand courage. »

Pour en savoir plus

Il n’est jamais trop tard pour développer ses compétences générales; cela s’avérera toujours utile, peu importe que vous vouliez changer de carrière ou non. Voici en attendant quelques liens pertinents pour votre développement professionnel.