Comptabilité | La profession

Qui sont les plus drôles : les comptables ou les entrepreneurs en pompes funèbres?

Donald Roper n’est pas l’archétype du comptable, comme on le constate dans ses récits moqueurs au sujet des amants des chiffres que sont les CPA.

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On décrit souvent (à la caricature) les comptables comme des personnes ennuyeuses. M. Roper, un CPA vancouvérois à la retraite, est tout sauf d'accord, lui qui a fait de l’humour une de ses marques de commerce tout au long de sa carrière. (Getty Images) 

Donald Roper, CPA, CA, a été comptable une quarantaine d’années, ce qui lui a amplement donné le temps de rassembler des dizaines de blagues où les comptables sont l’objet de moqueries pas trop méchantes.

« Les gens me disent que je suis drôle, et je prends ça comme un compliment », raconte M. Roper, un CPA vancouvérois à la retraite qui a publié un livre intitulé A Totally Accountant Person: A Certified Number Crunching Nutcase!

Le pseudo-fictif narrateur du livre, Bob Roberts, est l’exemple type du comptable terne, socialement malhabile et obsédé par les chiffres, mais l’auteur précise que tout au long de sa carrière – en grande partie comme auditeur interne pour une compagnie minière –, l’humour a été une de ses marques de commerce.

« Quand vous êtes auditeur, les gens croient que votre rôle est de les prendre en défaut ou de les espionner. Mais si vous arrivez à nouer des relations avec eux et à leur faire saisir que vous êtes là pour les aider, si vous parsemez vos interventions d’un peu d’humour, ça aide grandement à rendre les choses plus agréables. »

S’employer à faire tomber les idées reçues sur les comptables fait partie du travail moderne de ces professionnels. Les stéréotypes véhiculés dans la culture populaire (films et livres) perpétuent d’ailleurs le mythe de la personne ennuyeuse et maniaque des détails. Les comptables comme M. Roper, c’est-à-dire qui font mentir les clichés en montrant qu’ils ont d’autres talents que la bosse des maths, sont pourtant nombreux. On en retrouve, par exemple, dans le monde du sport et le milieu du divertissement.

Dans les années 1990, M. Roper avait commencé à écrire des essais humoristiques sur la vie d’un comptable. Comme il le dit dans l’introduction de son livre, il a été inspiré par une boutade de Mark Breslin (humoriste canadien ayant cofondé les clubs de comédie Yuk) au sujet des comptables.

« Les comptables ne sont pas reconnus pour leur grand sens de l’humour. Les croque-morts sont bien plus drôles, à mon avis », avait dit Mark Breslin. [Voir Drôle de dame, un entretien avec Neha Kohli, CPA et humoriste]

M. Roper s’était dit qu’il n’y a rien de plus faux et s’était donné pour mission de prouver que les comptables sont pas mal plus drôles qu’on peut généralement le penser. Il s’est donc mis à noter les idées comiques qui lui venaient à l’esprit dans ses déplacements en avion, lui qui était appelé à se rendre dans des mines aux quatre coins du monde. Après sa retraite, en 2016, il a cru bon de rassembler tout cela dans un livre au contenu léger.

Dans une version embellie de sa propre carrière, M. Roper fait une satire des stéréotypes sur les comptables, en les poussant à l’extrême. Ainsi, la vie du personnage central est régie par les chiffres – et rien que les chiffres. La trame du récit est fondée sur la vie de l’auteur : de la naissance jusqu’aux études universitaires, obtention du titre de CA (à l’époque), mariage avec une comptable et, enfin, admission au paradis!

« Après une quarantaine d’années comme comptable professionnel, je suis maintenant considéré comme un comptable entièrement amorti ou, si vous préférez, comme un comptable sans valeur résiduelle ni aucune durée restante de vie utile. Bref, je suis juste bon à radier... », blague le personnage de Bob, en fin de carrière.

A Totally Accountant Person est vendu sur support papier et électronique sur Amazon depuis octobre; il a même atteint le deuxième rang des ventes dans la catégorie Satire (livres anglais, couverture souple). Tout comme son personnage typé, M. Roper attend plus de statistiques pour décider s’il va publier un autre bouquin.

« Si les chiffres sont bons, je vais en rédiger un deuxième. »