Jeune femme assise les jambes croisées dans une pose d'yoga à son bureau

Au travail, la méditation en pleine conscience rendrait les travailleurs plus créatifs, plus productifs, et favoriserait la collaboration en stimulant l’empathie. (Photo de fizkes/Shutterstock)

Comptabilité | La profession

La méditation au travail : un outil à exploiter?

Si on en croit une étude publiée récemment, ses effets ne sont peut-être pas ceux qu’on espérait.

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La méditation en pleine conscience (mindfulness), qui consiste à porter son attention sur des éléments du présent (comme notre respiration ou ce que perçoivent nos sens), a la cote depuis quelques années. Ses bénéfices sont nombreux, de la gestion efficace du stress au traitement de la dépression, en passant par l’amélioration des fonctions cognitives et le renforcement de la mémoire.

Au travail, elle rendrait les travailleurs plus créatifs, plus productifs, et favoriserait la collaboration en stimulant l’empathie. Convaincues par les centaines d’études qui appuient ces dires, les Google, Nike et Apple de ce monde ont mis en place de nombreux programmes pour leurs employés (salle dédiée, jusqu’à 30 minutes de pause méditative par jour, professeur sur place, etc.).

Une étude qui paraît ce mois-ci dans la revue Organizational Behavior and Human Decision Processes donne un autre son de cloche. Les auteurs, Andrew C. Hafenbrack et Kathleen D. Vohs, ont voulu explorer le lien entre motivation des employés et pleine conscience. La pratique, rappelons-le, vise à accepter les choses telles qu’elles sont. À ne pas regarder vers le passé, mais pas non plus vers l’avenir. Un obstacle pour les entreprises?

Pour ce faire, ils ont demandé à plusieurs centaines de participants qui venaient de méditer (après avoir reçu une formation donnée par un spécialiste ou fait divers exercices guidés) d’accomplir des tâches simples que tous les cols blancs exécutent : rédiger une note, taper à l’ordinateur, etc.

Bilan : le degré de motivation était plus bas chez ceux qui avaient médité. Ceux-ci n’avaient pas non plus envie de mettre autant d’énergie ou de temps à accomplir leur travail que ceux qui ne s’étaient pas adonnés à la méditation.

La qualité du travail accompli n’était pas moins bonne ni meilleure, contrairement à ce qu’on entend dire depuis des années. « Si la méditation de pleine conscience est une forme de sieste mentale, qui voudrait, tout juste réveillé, se mettre à classer des fiches? » demandent les auteurs.

Robert Gagnon, CPA, CA, coach professionnel et personnel, comprend bien les résultats de l’étude : « Après un exercice de pleine conscience, certains pourraient ne pas avoir l’esprit à se replonger aussitôt dans un travail exigeant de la minutie, axé sur les résultats. »

« Je ne suis pas surpris que les participants se soient sentis moins motivés pour accomplir certaines tâches qu’avant l’exercice », ajoute M. Gagnon, qui écrit, enseigne, médite depuis 30 ans et anime des ateliers sur cette pratique. « [Cependant], le travail des CPA ne se résume pas à l’exécution de tâches, mais comprend des responsabilités plus larges, dont l’exercice du jugement, la prise de décisions, la résolution de problèmes et un rôle d’autorité et de gestion. Pour y parvenir, il ne faut pas être stressé, mais équilibré, et c’est là que la pleine conscience va aider. »

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EXERCICES DE MÉDITATION

Robert Gagnon, CPA, CA, devenu coach professionnel et personnel, sait que les comptables font un travail stressant et ont d’importantes responsabilités et des horaires chargés. Cette situation met leur capacité à prendre des décisions judicieuses à l’épreuve. Or la pleine conscience, qu’elle soit pratiquée par la méditation ou grâce à des exercices ciblés, donne l’occasion à l’individu de « rajeunir mentalement ». Elle lui permet de recharger ses batteries, de se recentrer sur son identité profonde et sur la conscience qu’il a de lui-même, tout en le calmant. Voici deux exercices qu’il vous propose d’essayer.

EXERCICE 1 : POUR CEUX QUI PRATIQUENT DÉJÀ LA MÉDITATION AU TRAVAIL

« Voici un moyen de s’attaquer à la perte de motivation. Après un exercice de méditation – et j’estime que la méditation est idéale dans ce cas – concentrez-vous sur qui vous êtes, l’endroit où vous êtes et la raison pour laquelle vous y êtes. Retrouvez vos repères, ces traits particuliers qui définissent selon vous comment vous vous percevez et comment les autres vous perçoivent. Des qualités comme l’intégrité, la compétence, l’empathie, la justice, l’équité et la fiabilité… Ces attributs orientent et déterminent votre comportement, vous ramènent à la réalité et à vos responsabilités. Les CPA sont pour la plupart des personnes intrinsèquement motivées; ils ont simplement besoin d’un rappel de temps à autre. »

EXERCICE 2 : POUR CEUX QUI VEULENT ESSAYER

« Les CPA ont obtenu leur titre en faisant principalement appel à leur esprit logique et à leur capacité d’analyse, mais ceux-ci cachent souvent une créativité et des aptitudes extraordinaires. Certains de ces talents sont simplement des atouts, mais d’autres peuvent être appliqués aux responsabilités actuelles ou exploités pour réorienter sa carrière. Sachez les découvrir et voyez où ils vous mèneront.

« Un des exercices de pleine conscience que je préfère est le dessin “à l’envers”, une technique que j’ai apprise en lisant le livre Dessiner grâce au cerveau droit, de Betty Edwards. Prenez un croquis quelconque (personnellement, je préfère un buste), et tournez-le à l’envers (tête en bas). Dessinez ce que vous voyez. (Vous trouverez en ligne de nombreux croquis inversés à cet effet.) Cet exercice vise à faire travailler le cerveau droit, plus discret mais plus créatif. Il est parfait pour les personnes qui, comme moi, ne se voient vraiment pas comme des artistes. Vous serez surpris par le résultat et par ce que vous allez ressentir, par l’état de pleine conscience atteint grâce au cerveau droit. »