Directeur d'entreprise et chef de parler au restaurant

La clé d’une conversation réussie est d’être préparé à nouer le dialogue : plus vous en savez au sujet de la personne, plus il sera facile d’échanger avec elle. (Photo de jacoblund/Getty Images)

Comptabilité | La profession

6 façons de tirer le meilleur parti d’une conversation importante

Savoir poser des questions judicieuses... et autres conseils de pro

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Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi Barbara Walters faisait souvent pleurer les célébrités qu’elle interviewait? ... ou comment Christiane Amanpour réussit à mettre les leaders de ce monde sur la sellette? Certains journalistes ont un talent rare pour poser la question qui mènera à la réaction tant recherchée, mais il s’agit en fait d’une compétence que nous pouvons tous perfectionner et mettre à contribution dans plusieurs contextes. Voici six façons infaillibles d’en arriver à poser des questions percutantes dans vos activités professionnelles quotidiennes.

Faites vos devoirs

Le regretté animateur Brian Linehan était reconnu pour les efforts qu’il consacrait à préparer ses interviews, notamment pour dénicher des anecdotes ou des faits moins connus à propos des célébrités qu’il recevait – et à qui il rafraîchissait souvent la mémoire. « Vous me rendez nerveuse », lui aurait dit un jour Bette Midler. « M’avez-vous fait prendre en filature? »

La clé d’une conversation réussie, surtout s’il y a déséquilibre des pouvoirs, est d’être fin prêt à nouer le dialogue. Plus vous en savez au sujet de la personne, plus il sera facile d’échanger avec elle. Si vos questions ne font pas mouche comme prévu, rappelez-vous que les gens aiment généralement parler d’eux : une bonne raison, donc, de mémoriser l’essentiel de leur CV ou les faits saillants de leur carrière.

Choisissez le lieu

Au travail, vous n’avez souvent pas le choix du lieu où se déroule une conversation : dans un bureau ou une salle de réunion, la plupart du temps.

Si vous pouvez décider de l’endroit, vous serez avantagé. Les intervieweurs de talent comme Barbara Walters ou Anderson Cooper s’arrangent souvent pour tenir l’entretien là où la personne se sentira le plus à l’aise, par exemple à la maison d’une vedette ou au café préféré d’un politicien (ou même dans une voiture, comme le savent les fervents admirateurs de la série Comedians in Cars Getting Coffee, animée par Jerry Seinfeld). Un sujet à l’aise est un sujet qui a de meilleures chances de s’ouvrir.

Dosez bien les questions

Vous le savez déjà : une question est soit ouverte, soit fermée. Si vous souhaitez que votre interlocuteur s’ouvre, posez-lui des questions ouvertes. « Dites-moi... comment c’était de grandir en Croatie? », « Comment avez-vous trouvé votre expérience d’un premier boulot chez McDonald’s? »

Les questions fermées, elles, permettent d’obtenir seulement des réponses factuelles; souvent, un simple oui ou non. « Aimez-vous votre emploi actuel? » vous vaudra probablement une réponse bien courte, l’interlocuteur s’attendant à ce que vous passiez à une autre question.

Écoutez bien et laissez parler l’autre

Il est tout naturel de vouloir remplir les vides gênants dans une conversation, mais comme intervieweur, gardez-vous-en. Laissez l’autre s’en charger. Comme tout journaliste aguerri le sait, une partie du « bon matériel » découlera de ces silences, pendant lesquels l’interlocuteur est forcé de réfléchir à ce qu’il va dire, après quoi il s’épanche souvent plus que de coutume. Il ne s’agit pas de rendre l’autre inconfortable, mais bien de lui montrer par le langage non verbal que vous le comprenez et que vous lui laissez le champ libre.

Préparez un scénario, mais osez lui déroger

Certes, vous devez arriver préparé, avec des questions pour lesquelles vous souhaitez des réponses. Mais ne cédez pas à la rigidité quant au déroulement de la conversation, tout en veillant à revenir à vos moutons. Une bonne capacité d’écoute est essentielle pour puiser l’information voulue et maintenir la conversation sur la bonne voie. Si vous avez l’air de lire des questions toutes faites, votre interlocuteur pourrait bien répondre dans une langue de bois.

Ayez du rythme et posez vos questions dans le bon ordre

Tout en visant le naturel, vous devez néanmoins savoir quoi demander, et quand. Une règle empirique suggère de commencer par les questions inoffensives et de garder les questions épineuses pour la fin. Non seulement cela permet de mettre le sujet à l’aise et en confiance, mais vous pourrez ainsi compter sur un peu de matière, au cas où, irrité par vos questions, votre interlocuteur mettrait fin abruptement à l’entretien.

Oui, cela s’est déjà vu : dans une entrevue célèbre réalisée en 1994 par CBS, où Connie Chung recevait Bill Gates, le fondateur de Microsoft. Après avoir brisé la glace par des questions générales, dont l’une avait amené M. Gates à sauter par-dessus une chaise pour montrer un autre talent, l’intervieweuse avait mis l’entrepreneur en rogne par ses questions peu complaisantes au sujet d’une enquête pour violation des lois antitrust par la société Microsoft. Le richissime homme d’affaires avait alors coupé court à l’entrevue.