Canada | Économie

Le pessimisme à l’égard de l’économie est en hausse

Selon le dernier sondage CPA Canada Tendances conjoncturelles, les dirigeants d’entreprise canadiens se montrent peu optimistes. Ils sont aussi très majoritairement en faveur d’une révision complète du régime fiscal du pays.

A Facebook IconFacebook A Twitter IconTwitter A Linkedin IconLinkedin An Email IconCourriel

Selon CPA Canada Tendances conjoncturelles, au quatrième trimestre de 2018, 35 % des répondants se sont dits pessimistes quant aux perspectives économiques du pays dans les 12 prochains mois. (Shutterstock/tommaso79)

Un nouveau sondage mené pour le compte de CPA Canada montre que le pessimisme à l’égard de l’économie canadienne est en hausse.

Selon CPA Canada Tendances conjoncturelles, au quatrième trimestre de 2018, 35 % des répondants (comptables professionnels occupant des postes de direction, notamment des chefs de la direction, chefs de l’exploitation et chefs des finances) se sont dits pessimistes quant aux perspectives économiques du pays dans les 12 prochains mois. Il s’agit d’une hausse depuis le trimestre précédent (28 %), et d’une augmentation considérable par rapport à la même période l’année dernière (16 %).

L’optimisme à l’égard de l’économie a atteint son niveau le plus faible depuis 2016, soit 26 %.

« Malgré la vague de données économiques solides publiées dernièrement, la nette diminution de la confiance à l’égard de l’économie met en lumière l’inquiétude des dirigeants d’entreprise du pays. Ceux-ci, à juste titre, se préoccupent des nombreux risques externes », souligne Joy Thomas, présidente et chef de la direction de CPA Canada.

Pour les répondants, les trois principaux obstacles à la croissance de l’économie du pays sont les sentiments de protectionnisme commercial aux États-Unis, l’incertitude qui plane sur l’économie canadienne et le prix du pétrole. Parmi les autres obstacles relevés figurent la pénurie de main-d’œuvre qualifiée ainsi que le recrutement, le perfectionnement et la fidélisation des employés.

« La hausse du pessimisme s’inscrit dans une tendance constatée depuis plus d’un an et reflète les risques qui continuent de peser sur l’économie canadienne », précise Francis Fong, économiste en chef de CPA Canada. « La croissance économique devrait connaître un ralentissement considérable cette année par rapport à 2018, et des facteurs comme les risques liés aux échanges commerciaux et les risques géopolitiques continuent d’assombrir les perspectives d’avenir. »

À l’approche du dépôt du budget fédéral, les répondants disent souhaiter une révision complète du régime fiscal. Selon les résultats du sondage, 79 % croient qu’une refonte s’impose, tandis que 66 % invitent les partis politiques à en faire une priorité de leur plateforme électorale en vue des élections de l’automne 2019. [Voir Il est grand temps de réformer le régime fiscal canadien]

Bruce Ball, vice-président, Fiscalité, à CPA Canada, n’est pas surpris par ces chiffres. Selon lui, les CPA comprennent que la très grande complexité du régime fiscal canadien dans un contexte de réforme fiscale aux États-Unis constitue un grave problème.

« De nombreux répondants s’inquiètent aussi en raison des taux d’imposition élevés des particuliers, ajoute M. Ball. Ainsi, dans l’ensemble, les préoccupations quant à la compétitivité du Canada et à la complexité du régime fiscal du pays demeurent. Ces facteurs, conjugués au temps écoulé depuis la dernière révision – plus de 50 ans –, rendent une refonte nécessaire, depuis longtemps. »

Les répondants estiment qu’une révision approfondie du régime fiscal aurait bon nombre d’avantages. À cet égard, ils citaient le plus souvent l’économie d’argent et de temps pour les particuliers et les entreprises ainsi que la possibilité pour le Canada d’attirer plus d’investissements. En outre, les répondants étaient nombreux à penser que cette refonte est essentielle pour accroître la compétitivité du pays sur la scène mondiale. [Voir Examen du régime fiscal : vital pour les entreprises et les particuliers]

M. Ball conclut ainsi : « Étant donné le grand nombre et la grande variété des questions susceptibles de devenir un enjeu électoral, le fait que les deux tiers des répondants sont d’avis qu’une refonte du régime fiscal doit en faire partie montre que le temps est venu d’agir. »

CONSULTEZ LE SONDAGE CPA CANADA TENDANCES CONJONCTURELLES

Le rapport trimestriel CPA Canada Tendances conjoncturelles est fondé sur un sondage commandé par CPA Canada et mené par Nielsen. Le rapport du quatrième trimestre de 2018 est le fruit d’un sondage effectué du 4 au 21 décembre 2018 par courriel, auquel ont répondu 698 personnes sur les 6 782 qui, selon les dossiers de CPA Canada, occupent des postes de haut niveau.