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Malgré des années de belles promesses de la part de représentants de nos gouvernements, un rapport publié par le Bureau du vérificateur général du Canada montre que le Canada a fait bien peu de progrès dans l’atteinte de ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. (Photo de crossbrain66/Getty Images)

Canada | Économie

GES : le Canada rate ses cibles, mais les entreprises peuvent faire preuve de leadership

Selon un rapport, le Canada va manquer sa cible de 2020, et l’atteinte des objectifs à long terme est compromise.

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Malgré des années de belles promesses de la part de représentants de nos gouvernements, un rapport publié par le Bureau du vérificateur général du Canada montre que le Canada a fait bien peu de progrès dans l’atteinte de ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre (GES). Ces constatations s’ajoutent à un rapport des Nations unies qui mentionne que notre pays est loin d’être sur la voie d’atteindre ses objectifs fixés pour 2030 dans l’Accord de Paris.

Manque d’action et cibles ratées

Les vérificateurs généraux du pays se sont réunis en 2016 pour examiner les efforts déployés aux quatre coins du Canada en vue de réduire les émissions de GES. Les travaux consistaient à faire le bilan des dernières décennies et à analyser les projections concernant les objectifs mondiaux.

Leur rapport, publié en mars 2018 et intitulé Perspectives sur l’action contre les changements climatiques au Canada – Rapport collaboratif de vérificateurs généraux, soulève des inquiétudes.

En effet, ce document détaillé fait ressortir le manque de cohésion et les lacunes dans la mise en œuvre d’actions contre les changements climatiques, tant à l’échelle des provinces et territoires qu’à l’échelle du gouvernement fédéral, ce qui crée une situation où l’atteinte des cibles est carrément impossible. Plusieurs provinces et territoires n’ont même pas encore fixé d’objectifs de réduction des GES pour 2020 ou 2030.

Extrait du rapport : « [...] le Canada a déjà raté deux cibles distinctes de réduction des émissions (celle de 1992 de Rio et celle de 2005 de Kyoto). Et il ratera probablement aussi la cible de 2020 de Copenhague. De fait, les émissions rejetées en 2020 devraient dépasser de près de 20 % la cible fixée. »

Le Canada ratera vraisemblablement sa cible de 2030 de réduction des GES...

Tous les ans, le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) publie un rapport qui fait état des progrès des pays dans leurs efforts pour améliorer leur bilan carbone, par rapport à leur cible respective pour 2030 énoncée dans l’Accord de Paris.

La contribution prévue du Canada selon l’Accord (signé par le premier ministre, Justin Trudeau, en 2016) prévoit une réduction de 30 % des émissions annuelles de CO2 par rapport aux niveaux de 2005 d’ici 2030.

Publié en novembre 2017, le rapport du PNUE souligne que le Canada est bien en deçà de sa cible, et que cet écart devrait même s’accentuer d’ici 2030.

... mais jure qu’il y parviendra!

Le Cadre pancanadien sur la croissance propre et les changements climatiques, adopté en décembre 2016, est la lueur d’espoir allumée par le gouvernement Trudeau pour ce qui est des mesures à long terme prises par le Canada en vue de réduire ses GES et d’atteindre les cibles auxquelles il s’est engagé par l’Accord de Paris.

En réaction au rapport du vérificateur général du Canada, Catherine McKenna, ministre de l’Environnement du Canada, a affirmé sur les ondes de la CBC que le fédéral était fermement résolu à atteindre son objectif pour 2030. Mme McKenna, qui accueille cette semaine à Halifax ses homologues des pays du G7 pour discuter des changements climatiques, ajoute : « Une précision s’impose : ce rapport portait sur le passé, sur des mesures qui étaient en place avant même que notre plan ait été élaboré. »

Certes, le rapport des vérificateurs généraux du pays ne tient pas compte du Cadre pancanadien précité. Toutefois, selon une analyse indépendante menée par l’organisme Climate Action Tracker (une source maintes fois citée dans le rapport du PNUE), les plans actuels du Canada en matière de réduction des émissions de CO2 sont insuffisants, même au regard des mesures prévues dans le Cadre.

Par ailleurs, l’incertitude demeure quant à l’acceptation des mesures du Cadre pancanadien par l’ensemble des provinces, sachant que plusieurs ont déjà affirmé qu’elles entendent s’opposer à toute taxe carbone imposée par Ottawa. Déjà, le mois dernier, l’Alberta a annoncé qu’elle allait se retirer du Cadre.

Que peuvent faire les entreprises face aux risques que soulèvent les changements climatiques?

Les changements climatiques présentent des risques importants pour les entreprises, au point où celles-ci doivent adopter une attitude proactive pour évaluer et comprendre l’ampleur des risques éventuels.

Le document Introduction à la gestion des émissions de gaz à effet de serre publié par CPA Canada fournit des lignes directrices sur la façon dont les entreprises peuvent établir leurs propres systèmes de gestion des émissions de GES (et de présentation de données à ce sujet). Nous y faisons ressortir divers points importants, notamment les questions à se poser au moment de préparer un plan de réduction des GES et les exigences réglementaires à respecter au moment de présenter des données sur les émissions de CO2. Vous y trouverez aussi des renseignements sur le rôle que peuvent jouer les CPA afin de soutenir les efforts de leur clientèle ou de leur employeur touchant la réduction d’émissions de GES.

Nous vous invitons aussi à regarder une vidéo où il est question des recommandations du Groupe de travail sur l’information financière relative aux changements climatiques. Ce groupe de travail a été formé par le Conseil de stabilité financière en vue d’en apprendre davantage sur les exigences croissantes des investisseurs au sujet de la présentation de données sur les efforts déployés par les sociétés pour s’adapter aux changements climatiques.