Selon le ministère de la Sécurité publique, la cybercriminalité fait perdre au Canada plus de 3,2 G$ par année. (Blend Image/Colin Anderson/Getty Images)

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Le fédéral alloue 507 M$ à la lutte contre les cybermenaces

Qu’est-ce que cela signifie pour les entreprises et les professionnels de la finance versés en technologie?

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Selon le ministère de la Sécurité publique, la cybercriminalité fait perdre au Canada plus de 3,2 G$ par année, et les petites et moyennes entreprises (PME) sont à l’origine d’environ 71 % des fuites de données.

Dans le cadre de la nouvelle Stratégie nationale de cybersécurité, le gouvernement fédéral a fondé le Centre canadien pour la cybersécurité, qui servira notamment de centre de ressources auprès des entreprises. Le Centre, qui sera pleinement fonctionnel au printemps de 2020, offrira des outils de formation et d’orientation, dont un programme d’attestation, pour aider les PME à adopter des pratiques exemplaires de lutte contre les menaces numériques.

Wesley Wark, expert canadien en cybersécurité et professeur à l’Université d’Ottawa, croit qu’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, mais qu’il reste encore et surtout à déterminer les modalités de coopération et d’échange d’information avec le secteur privé.

« Le problème est double, explique M. Wark. Le secteur privé ne comprend pas le fonctionnement ni les capacités du gouvernement, et les services de renseignement gouvernementaux se demandent comment intervenir auprès du secteur privé tout en respectant la confidentialité lorsqu’ils découvrent un problème. »

Étalée sur cinq ans au coût de 507,7 M$, la stratégie du gouvernement en matière de sécurité comprend notamment les grandes initiatives suivantes : fondation du Centre canadien pour la cybersécurité (155,2 M$); création par la GRC de l’Unité nationale de coordination de la lutte contre la cybercriminalité (116 M$); accroissement de la capacité de la GRC en matière d’application de la loi (85,3 M$); création d’un programme volontaire de cyberattestation mené par le Centre (28,4 M$).

Dans un communiqué de presse, Ralph Goodale, ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, s’est exprimé sur la nouvelle stratégie en matière de sécurité : « Si les Canadiens sont habilités à améliorer leurs plans de cybersécurité et d’adaptation face à de nouvelles menaces dans l’ensemble du gouvernement, dans le secteur privé et dans leur utilisation personnelle, non seulement pourrons-nous atteindre le plein potentiel de l’économie numérique et préserver la sécurité de nos propres données, mais nous pourrons aussi vendre ces compétences et ces innovations au marché énorme et croissant dans le reste du monde, créant ainsi des emplois de classe moyenne bien rémunérés. »

Outre le soutien du nouveau Centre et de l’Unité nationale de coordination de la lutte contre la cybercriminalité de la GRC, M. Wark estime que les professionnels de la finance, surtout ceux qui sont au fait des technologies de pointe, ont un rôle important à jouer dans la lutte contre les cybermenaces.

« Même si cela ne semble pas un rôle qui leur incombe, les professionnels de la finance se trouveront au cœur du problème de la cybersécurité, observe-t-il. Étant donné la foule de capacités qu’offrent déjà les chaînes de blocs, les cryptomonnaies, etc., on ne saurait trouver une solution de cybersécurité pour protéger les opérations financières et les données connexes sans faire appel à des spécialistes qui connaissent bien ces technologies et leur incidence sur les activités des entreprises. »

POUR EN SAVOIR PLUS

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