Jeune femme travaillant sur son ordinateur de la maison pendant que son chat regarde

Les employeurs économiseraient plus de 10 000 $ par an pour tout employé qui travaille de chez lui deux jours par semaine, selon un rapport de WORKshift Canada.

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Télétravail : Bienfait ou nuisance?

Le télétravail, synonyme d’économies, de bonheur des troupes, de flexibilité, pourrait avoir un coût à long terme

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Dans le contexte actuel, résolument concurrentiel, pourquoi proposer au personnel de travailler à distance (ou de profiter d’autres modalités)? Pour réaliser des économies, voyons! Un rapport publié en 2011 par WORKshift Canada – organisme sans but lucratif mis sur pied par l’agence Calgary Economic Development afin de favoriser le travail flexible – a fait ressortir un argument de taille : les employeurs économiseraient plus de 10 000 $ par an pour tout employé qui travaille de chez lui deux jours par semaine.

On apprend aussi que 4,3 millions de salariés canadiens aimeraient travailler à domicile, du moins en partie, ce qui apporterait des économies annuelles d’au moins 53 milliards de dollars à leur employeur.

Mais il y a plus que les chiffres. Global Workplace Analytics, firme californienne qui conseille des entreprises et des collectivités des États-Unis, du Royaume-Uni et du Canada sur les stratégies de mobilisation des salariés, a analysé plus de 4 000 études, rapports et articles sur la question du travail agile, mobile ou flexible (le choix ne manque pas pour désigner la notion). Elle a dressé la liste des avantages non pécuniaires les plus courants qu’apportent les régimes de travail à la carte : meilleure satisfaction au travail, réduction des départs naturels, hausse de la productivité, et, étonnamment, diminution du risque d’attitudes discriminatoires.

Faire preuve de souplesse, c’est payant, particulièrement auprès de la génération Y. Consciente que les jeunes adultes veulent profiter d’une certaine liberté et exploiter les outils technologiques, TELUS, installée à Vancouver, a lancé en 2006 son programme de télétravail, Work Styles / Styles de travail. D’une pierre, deux coups : elle a pu réduire la superficie de ses bureaux et alléger ses dépenses. WestJet Airlines, une autre société de l’Ouest, a elle aussi instauré des modalités de travail à distance. En laissant des agents de ses deux centres de relations-clients (Calgary et Moncton) travailler de la maison, l’employeur s’est épargné les coûts qu’aurait engendrés un agrandissement inévitable de ses locaux.

Mais qu’en est-il des répercussions sur l’esprit de corps? Les employés n’étant pas tous présents au même endroit, seront-ils animés du même souci d’atteindre l’objectif commun? Comme le fait remarquer l’auteur et conseiller en marketing Simon Sinek, il y a beau avoir des avantages notables au télétravail, les véritables contacts humains demeurent essentiels pour bâtir la confiance et nouer des liens. « N’oublions jamais que nous traitons avec des gens », dit-il. L’idéal, selon les experts? Trouver le juste milieu entre le sentiment d’isolement des travailleurs à domicile et les contraintes inhérentes aux aires de travail classiques. Dans bon nombre de grandes entreprises, notamment dans les cabinets de comptables ou d’avocats, on a adopté le partage de bureau. Les télétravailleurs occupent un espace quelques heures lorsqu’ils viennent au centre-ville.

Et puis il y a la tendance émergente des locaux communs. Les nomades, seuls ou en équipes, louent un bureau dans un lieu doté de tout le nécessaire bureautique. L’un des principaux fournisseurs d’espaces du genre est la new-yorkaise WeWork. Fondée en 2010, elle propose des aires partagées et souhaite contribuer à la création de véritables communautés, sur le modèle du milieu où évoluent les jeunes loups de l’informatique. WeWork fournit divers services : entrepreneurs, travailleurs indépendants, jeunes pousses, PME, grandes sociétés y trouvent leur compte. Signe que le concept est bien ancré, WeWork pèse environ 20 milliards de dollars américains et gère quelque 930 000 m2 d’espace locatif dans 144 immeubles du monde entier.

Quelles que soient les façons de faire et le mode d’utilisation des bureaux, assurez-vous toutefois d’une chose : que les économies qu’apportent les aménagements proposés ne nuisent ni au travail à réaliser ni aux perspectives à long terme de l’entreprise.