Articles de fond | Portraits

Les CPA peuvent être de grands alliés de l’innovation, selon le chef de l’AFPN

Ernie Daniels, président-directeur général de l’Administration financière des Premières nations, nous parle du Prix du Gouverneur général pour l’innovation remporté par l’organisme et nous explique pourquoi les CPA sont si précieux pour les innovateurs.

A Facebook IconFacebook A Twitter IconTwitter A Linkedin IconLinkedin An Email IconCourriel

La gouverneure générale Julie Payette a remis le Prix du Gouverneur général pour l’innovation 2018 à Ernie Daniels. (Sgt Vincent Carbonneau/OSGG, 2018)

En matière d’innovation, Ernie Daniels, président-directeur général de l’Administration financière des Premières nations (AFPN), établie à West Kelowna (C.-B.), sait de quoi il parle. 

L’année dernière, l’AFPN comptait parmi les six lauréats des Prix du Gouverneur général pour l’innovation. Les gagnants provenaient de domaines divers : par exemple, l’une a mis au point un programme visant à réduire l’agressivité et l’intimidation chez les enfants d’âge scolaire, et l’un a élaboré un système d’alerte précoce des maladies infectieuses les plus graves.

Pour sa part, l’AFPN a conçu un modèle de financement novateur qui réduit les coûts d’emprunt pour les communautés autochtones grâce à des taux d’intérêt préférentiels. Première institution financière à recevoir un tel prix, l’AFPN était, selon M. Daniels, « un peu comme une anomalie dans ce palmarès ». 

UN MODÈLE D’INNOVATION

Si l’AFPN a remporté ce prix, c’est grâce aux solutions qu’elle a trouvées pour aplanir les obstacles qui ont longtemps empêché les Premières Nations d’obtenir du financement à long terme. M. Daniels, qui a beaucoup contribué à faire de l’organisme ce qu’il est aujourd’hui, estime que sa formation de comptable y est pour beaucoup.

De plus, d’après lui, les CPA sont bien placés pour favoriser l’innovation.

« Quand il s’agit de demander du financement pour la recherche scientifique, par exemple, les comptables sont essentiels », dit M. Daniels, qui a obtenu son titre comptable alors qu’il habitait à Yellowknife. « Et toutes les organisations ont besoin de fonds. Les laboratoires de recherche et les jeunes pousses travaillant sur des projets novateurs sont légion. Les CPA peuvent apporter une valeur ajoutée sur le plan de la préparation et de l’estimation du coût des divers éléments d’un projet. »

Il ajoute que l’innovation peut voir le jour partout et à tous les échelons. À l’AFPN, elle résidait dans la recherche d’une meilleure façon d’obtenir du financement à long terme.

« Nous nous heurtions à des obstacles. Il nous fallait une loi fédérale qui permette de contourner la Loi sur les Indiens. Les comptables ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la Loi sur la gestion financière des premières nations. Mais qui que soit votre employeur, vous pouvez faciliter la présentation de l’information financière et favoriser la cohérence. » 

UN MODÈLE PRIMÉ

Depuis que l’AFPN a commencé à prêter de l’argent, en 2012, son bassin d’investisseurs s’est étendu : il est passé de 13 à 40.

« Avant la fondation de l’organisme, en 2005, les Premières Nations devaient emprunter auprès des banques au taux des prêts personnels. En effet, elles ne pouvaient pas, aux termes de la Loi sur les Indiens, donner en garantie les impôts fonciers et d’autres sources de revenus dans le cas de prêts à long terme », explique M. Daniels. 

« L’AFPN a inventé des techniques de pointe pour calculer la capacité d’emprunt des communautés autochtones en fonction de leurs activités génératrices de revenus. Ainsi, elles ont pu obtenir des conditions d’emprunt plus favorables sur les marchés financiers. »

M. Daniels souligne que sur les 634 communautés des Premières Nations au Canada, 87 ont eu recours à l’AFPN. Évidemment, l’organisme voudrait accroître ce nombre. Les communautés autochtones ont tout à gagner à obtenir de meilleures conditions d’emprunt. En outre, plus l’AFPN prête de l’argent, plus grand est l’effet sur l’économie dans son ensemble. 

« Chaque dollar investi dans les Premières Nations génère six dollars dans l’économie, explique-t-il. Par exemple, si une première nation construit une école dans une réserve, les matériaux viennent des municipalités environnantes. Il y a donc des retombées bien au-delà de la communauté elle-même. »

CAP SUR L’AVENIR

Quand on l’interroge sur les enjeux que devra relever la profession comptable dans l’avenir, M. Daniels répond que le plus grand sera de suivre l’évolution des technologies. « Nous assistons à des changements d’envergure. La nature de nos activités va faire de la sécurité de l’information une priorité. Si nous produisons des rapports en ligne, il faudra trouver le moyen de garantir cette sécurité. »

M. Daniels précise aussi que CPA Canada collabore avec AFOA Canada pour encourager davantage d’Autochtones à étudier la comptabilité. « Ça aiderait grandement les communautés autochtones du point de vue de la gestion financière. Et puis, ceux qui franchissent le pas réaliseront rapidement que le titre de CPA peut leur être d’une grande utilité, quelle que soit la fonction qu’ils assument. »

APPRENEZ-EN PLUS SUR LES QUESTIONS FINANCIÈRES RELATIVES AUX COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES

Participez au webinaire de CPA Canada sur l’information financière des Premières Nations. Et découvrez pourquoi le travail de Terry Goodtrack, président et chef de la direction d’AFOA Canada, s’inscrit dans l’idéal canadien d’une saine gestion.