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Assurer un avenir prospère aux communautés autochtones

Dans une entrevue avec CPA Canada, le président et chef de la direction d’AFOA Canada parle des défis que doivent relever les communautés autochtones dans leur quête d’un avenir meilleur.

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Terry Goodtrack debout sur le podiumPour Terry Goodtrack, la saine gestion vise à protéger l’environnement. (tous droits réservés)

Terry Goodtrack, CPA qui compte plus de 20 ans d’expérience à des postes de haut niveau en finance et en gestion au sein d’organisations autochtones de premier plan, a une bonne idée des défis que doivent relever les communautés autochtones dans leur cheminement vers un avenir meilleur. Depuis 2011, il est président et chef de la direction d’AFOA Canada (anciennement l’Association des agents financiers autochtones du Canada), un OSBL établi à Ottawa qui dispense de la formation en finance et en leadership aux peuples autochtones de partout au pays.

M. Goodtrack siège également à des comités et groupes de travail, dont le Comité directeur national sur la littératie financière de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada et le comité consultatif du Programme de mentorat Martin / CPA Canada pour les élèves autochtones du secondaire. Il a obtenu récemment le titre de Fellow (FCPA), plus haute distinction décernée à un comptable professionnel. Ce titre vise à reconnaître le mérite des membres qui se sont dévoués de façon exceptionnelle à la profession ou qui se sont illustrés dans leur carrière ou dans la société par des réalisations dont le rayonnement a rejailli sur la profession.

Lors de la conférence sur la littératie financière Mastering Money qui s’est tenue à Vancouver en novembre, M. Goodtrack a participé à un groupe de discussion sur le passage de la pauvreté à la prospérité dans les communautés autochtones et l’importance de posséder des compétences en gestion financière. Cette année, il a aussi fait l’objet d’une vidéo et d’un article qui montrent comment son travail s’inscrit dans l’idéal canadien d’une saine gestion.

Dans une entrevue accordée récemment à CPA Canada, M. Goodtrack a parlé de son propre parcours, de l’évolution d’AFOA Canada, de la nécessité de favoriser l’inclusion et de ce qui caractérise les communautés autochtones prospères.

CPA CANADA : Vous avez grandi dans la réserve des Premières Nations Lakota de Wood Mountain, en Saskatchewan. En quoi cela vous a-t-il préparé à votre travail au sein d’AFOA Canada?
TG : Comme j’ai grandi en milieu rural, je sais de quelles ressources disposent les communautés. À Ottawa, on ne sait pas vraiment comment vivent les gens en campagne. À Wood Mountain, vous êtes à 45 minutes en voiture de la ville la plus proche, Assiniboia. Faire l’épicerie est donc une tâche contraignante. Vous ne faites le trajet qu’une fois par semaine. En hiver, c’est pire. J’ai une bonne idée des réalités de ces communautés relativement isolées et des services dont elles ont besoin.

CPA CANADA : Comment est née AFOA Canada et comment l’association est-elle structurée?
TG :
L’origine d’AFOA Canada remonte aux années 1970. Des personnes engagées dans la collectivité voulaient aider les autochtones à accroître leurs compétences en gestion des finances et leur offrir des occasions de réseautage et de perfectionnement professionnel. L’objectif était aussi pertinent à l’époque qu’il l’est aujourd’hui. Notre organisme sans but lucratif a vu le jour en 1999. Nous fêterons ses 20 ans l’année prochaine. Le congrès national se tiendra à Saskatoon, du 2 au 4 octobre 2019.

En ce qui concerne la structure, AFOA possède huit sections établies dans divers endroits au Canada. Ces entités sont regroupées sous la même bannière, mais elles sont indépendantes. Nos sources de financement sont diverses et vont des frais d’inscription à la vente de produits et services. En plus des cours en ligne, nous nous rendons souvent sur place pour donner des ateliers et former le personnel des groupes communautaires. La formation qui mène au titre de gestionnaire financier autochtone accrédité est offerte en ligne, mais nous travaillons à l’élaboration de séances qui seront données en personne.

CPA CANADA : Dans une vidéo de CPA Canada, vous parlez d’un écart de prospérité entre les communautés autochtones, certaines étant confrontées à d’énormes défis, et d’autres ayant beaucoup de succès.
TG :
Les inégalités sont bien réelles. Certaines communautés reçoivent la majorité de leur financement de programmes gouvernementaux. Elles gèrent, essentiellement, la pauvreté. D’autres mènent d’importantes activités commerciales : elles possèdent des coentreprises ou une participation dans des sociétés, voire gèrent ou exploitent leurs propres entreprises. Elles gèrent la richesse et la prospérité.

La Première Nation d’Osoyoos, en Colombie-Britannique, est un bon exemple de communauté prospère qui a su créer une source de revenus. Son fonctionnement ne repose pas seulement sur les fonds publics. Les Osoyoos ont converti une partie de leurs terres pour profiter d’occasions de croissance économique dans la vallée de l’Okanagan et à Kelowna. Ils possèdent aussi un terrain de golf, un hôtel et un circuit automobile. Les membres de la communauté ont réussi à préserver leur identité.

CPA CANADA : Dans la vidéo, vous parlez aussi de la nécessité de favoriser l’inclusion.
TG :
Oui. La question est de savoir ce qu’on peut faire pour intégrer les communautés autochtones dans l’économie canadienne, pour les faire participer aux grands projets. Nous avons beaucoup de retard à rattraper. Selon un rapport économique de 2011, le PIB de l’économie autochtone devait s’élever à 32 G$ en 2016. Or, le montant réel a été de 31 G$. Ce chiffre est bien trop bas. Puisque le PIB du Canada est de 1 500 G$ et que les peuples autochtones représentent de 4 à 6 % de la population, le PIB autochtone devrait être de 75 G$.

CPA CANADA : Quel lien faites-vous entre développement durable et saine gestion?
TG :
La saine gestion vise à protéger l’environnement. Nous avons déjà fait assez de dégâts. Pour favoriser le développement durable, nous devons trouver de nouvelles façons de faire des affaires.

POUR EN SAVOIR PLUS

Regardez la vidéo et lisez l’article sur Terry Goodtrack pour découvrir comment son travail s’inscrit dans l’idéal canadien d’une saine gestion.