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Face à un dilemme, tirez partie de la tension entre les options possibles pour trouver une solution innovante

Dans Creating Great Choices, Jennifer Riel et Roger Martin décodent les clés de la réussite des bons leaders et expliquent comment marcher sur leurs traces.

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Jennifer RielJennifer Riel (Markian Lozowchuk)

Que faisons-nous quand un problème épineux se pose au travail? Nous déterminons les options, les analysons, puis perdons notre entrain à l’idée de faire un choix, par crainte des inévitables compromis.

Et s’il existait un autre moyen?

« Retenez les deux solutions les plus éloignées, propose l’auteure Jennifer Riel. Puis, exploitez les tensions qui les opposent pour trouver des réponses inédites et tout à fait géniales. »

Voilà l’un des grands concepts qu’exposent les coauteurs Jennifer Riel et Roger Martin dans l’ouvrage Creating Great Choices: A Leader’s Guide to Integrative Thinking, finaliste au National Business Book Award (NBBA) 2018, qui traite aussi de la diversité de pensée et de l’emprise de nos préjugés sur nos idées.

Creating Great Choices est la suite de The Opposable Mind, de M. Martin. « Le livre de Roger décortique ce que font les bons leaders et invite le lecteur à faire comme eux », explique Mme Riel. Celle-ci a travaillé avec M. Martin à la Rotman School of Management de l’Université de Toronto après la publication de ce livre en vue d’aider les gens à en appliquer les préceptes de façon systématique.

« On y trouve peu de conseils structurés, ajoute-t-elle, et aucune méthode qu’aurait pu suivre une personne chez qui ces comportements ne viennent pas naturellement. »

CPA Canada a posé quelques questions à Mme Riel au sujet du recours à la pensée intégrative en milieu de travail et ailleurs.

CPA CANADA : Dans le milieu des affaires, faisons-nous encore l’erreur de croire qu’il n’existe qu’une bonne solution à un problème?
JR : Oui, en effet. Nous sommes prisonniers de notre situation, de nos motivations et de nos préjugés. Ce scénario s’observe souvent dans les organisations lorsque de telles barrières s’élèvent. Nos préoccupations diffèrent, alors il est vraiment très difficile de communiquer par-delà ces barrières. Ce n’est pas seulement que nous n’appartenons pas au même service, c’est aussi que nous voyons le monde autrement. Toutefois, aucune décision ne se prend totalement en vase clos dans une organisation. Les meilleures décisions transcendent les fonctions. Mais au lieu de simplement passer au vote et de choisir la solution la plus populaire, nous devons discuter d’idées qui permettront à tous les acteurs concernés de réfléchir ensemble.

CPA CANADA : Que peuvent faire les chefs d’entreprise pour tirer parti de la diversité de pensée en milieu de travail?
JR : Ce n’est pas seulement un problème d’embauche. Nous avons tendance à croire que cela relève du recrutement, qu’il suffira de trouver des gens de toutes allégeances politiques, de tous milieux, de tous sexes. Ces aspects revêtent, bien évidemment, une grande importance. Pourtant, le problème est ailleurs : réunissez des personnes en une équipe extraordinairement diversifiée pour tenir une conversation productive en faisant fi de leurs différences et, dans la majorité des cas, celle qui parle le plus fort l’emportera. Nous nous retrouvons à recruter dans une optique de diversité sans les outils qui nous permettraient d’écouter les voix sous-représentées. Nous devons nous doter d’outils ou d’une méthode pour entamer un autre genre de conversation, qui distingue les personnes des idées et nous permet de communiquer d’égal à égal.

CPA CANADA : Les gens vous demandent-ils de les aider à appliquer cette théorie à leurs décisions personnelles?
JR : Quand les gens en entendent parler, ils sont bien sûr curieux de savoir comment l’appliquer en dehors des salles de réunion. Certains de nos collègues travaillent auprès de professeurs du primaire et du secondaire pour que ceux-ci enseignent la méthode en classe. C’est vraiment passionnant, car nous avons la chance de voir des jeunes s’approprier les outils pour trouver de meilleurs choix.

CPA CANADA : Qu’avez-vous ressenti en apprenant que votre ouvrage figurait parmi les finalistes au National Business Book Award?
JR : J’étais ravie! Je suis très fière d’être canadienne et très contente de cette marque de reconnaissance de mes pairs.

CPA Canada a soutenu avec fierté l’édition 2018 du NBBA à titre de partenaire de la cérémonie de remise des prix. Félicitations à Jennifer Riel et aux autres auteurs émérites choisis comme finalistes. Ce programme prestigieux joue un rôle essentiel en favorisant de franches discussions dans le milieu des affaires canadien.

Vous pouvez lire un extrait (en anglais) du livre ici.