Femmes leaders en comptabilité : Sheila Fraser

Sheila Fraser, CPA, ancienne vérificatrice générale, présente le cheminement de carrière qu’elle a suivi pour devenir leader dans son domaine.

  • Poste : vérificatrice générale du Canada, Ottawa
  • Diplôme universitaire : 1972, baccalauréat en commerce, Université McGill
  • Titre comptable : 1975
  • Titre de Fellow : 1994

C’est en 1972, lorsqu’elle s’est jointe au bureau de Montréal d’Ernst & Young à titre de chef de mission adjointe, que Sheila Fraser a amorcé le parcours qui la mènerait au Bureau du vérificateur général du Canada.

Bien avant le tollé provoqué par la réticence des députés à la laisser vérifier l’administration de la Chambre des communes, bien avant son voyage en Afghanistan, bien avant le scandale des commandites et la commission Gomery créée à sa suite, en 2004, et bien avant toutes les autres initiatives qu’elle a pu lancer, Sheila avait développé ses compétences de leadership en travaillant pour l’un des Quatre Grands cabinets.

Elle a réussi à l’EFU en 1975 et est demeurée chez EY jusqu’en 1999, période pendant laquelle elle a eu ses enfants, un fils et deux filles. En 1999, elle a fait le saut vers Ottawa pour y devenir sous-vérificatrice générale.

Sheila croit qu’elle a développé ses premières compétences de leadership dans la maison familiale. «Mes parents nous encourageaient, nous, les enfants, à faire de notre mieux, à ne pas craindre de relever des défis, se souvient-elle. Je n’ai jamais perçu ma carrière comme une succession de rôles de leader. J’ai simplement tâché de faire de mon mieux. Mes compétences ont évolué et se sont perfectionnées avec le temps.»

Le style de leadership est également l’un des ingrédients nécessaires pour être un bon dirigeant; certains traits peuvent être innés. «Je suis persuadée que la personnalité est capitale», affirme-t-elle. À son avis, les caractéristiques les plus importantes à cultiver sont «des valeurs élevées, en particulier le respect d’autrui». En fait, sa réussite s’expliquerait, selon elle, par le fait qu’elle «mise sur la qualité du travail et le respect des gens».

Ce respect entre en jeu lorsqu’elle délègue des tâches. «J’ai appris à déléguer en traitant les autres comme j’aurais voulu être traitée, c’est-à-dire en leur confiant des responsabilités et des pouvoirs. J’applique une gestion collégiale, dit-elle. Je prends soin de mes employés et je les encourage à faire de leur mieux.»

À titre de vérificatrice générale, elle est responsable de 650 employés. Dans le cadre de ses fonctions, elle est la vérificatrice législative du gouvernement fédéral et la vérificatrice de la plupart des sociétés d’État, des gouvernements du Nunavut et des Territoires du Nord-Ouest, ainsi que de l’Organisation internationale du Travail, une agence des Nations Unies, tout en étant porte-parole du Bureau. «Personne ne pourrait réaliser ce travail sans aide.»

«Ces dernières années, mon bureau a produit quelques rapports éloquents sur des sujets variés : la réhabilitation des édifices du Parlement, le vieillissement des systèmes de technologie de l’information, les dossiers de santé électroniques et la gestion des urgences», ajoute-t-elle.

«Nous participons également à un projet de collaboration intéressant avec le vérificateur général du Mali, que j’ai visité en janvier.» Ce pays de l’Afrique de l’Ouest est l’un des plus pauvres du monde.

Alors, est-on seul au sommet? «Oui, on l’est parfois, concède-t-elle, surtout quand on doit prendre une décision difficile. Heureusement, j’ai des collègues et des conseillers remarquables que je peux consulter et qui m’aident à prendre en compte les différentes facettes d’une question.»

Elle considère que l’un des obstacles qu’elle a rencontrés dans cette profession, à ses débuts, était l’attitude envers les femmes. «Lorsque j’ai commencé ma carrière, explique-t-elle, il y avait une nette discrimination à l’encontre des femmes.» Beaucoup de chemin a été parcouru depuis.

Âgée de 59 ans, Sheila indique qu’il s’agit de son dernier emploi à plein temps. «Mon mandat se terminera le 31 mai 2011, et je prévois alors prendre ma retraite, et probablement travailler à temps partiel. Je veux me garder du temps pour lire et voyager.»

Malgré tout, elle ne pense pas avoir dû renoncer à quoi que ce soit au profit de sa carrière exigeante.

«J’ai eu la chance d’avoir une carrière merveilleuse, et je ne crois pas avoir fait de sacrifices.»

Parcours professionnel  

  • De 1972 à 1976 : chef de mission adjointe, Ernst & Young, Montréal
  • De 1976 à 1977 : directrice, bureau d’EY à Montréal
  • De 1977 à 1981 : directrice, bureau d’EY à Québec
  • De 1981 à 1998 : associée, bureau d’EY à Québec
    (En 1981, participation à des missions de vérification avec le bureau du vérificateur général du Québec)
  • De 1999 à 2001 : sous-vérificatrice générale, Bureau du vérificateur général du Canada
  • De 2001 à 2011 : vérificatrice générale du Canada

Mise à jour 2013

Sheila a effectivement pris sa retraite et quitté le poste de vérificatrice générale le 31 mai 2011. En novembre, elle s’est jointe au conseil d’administration de la Financière Manuvie et de la Compagnie d'Assurance-Vie Manufacturers.

Depuis juin 2012, elle siège au conseil de Bombardier Inc., dont elle est maintenant administratrice et membre du comité d’audit. Elle siège également au conseil de la Banque d'alimentation d'Ottawa et à l'International Public Sector Accounting Standards Board (IPSASB).

Sheila a reçu un doctorat honorifique de l’Université McMaster lors de la collation des grades de novembre 2012.

Faits saillants

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