Femmes leaders en comptabilité : Nicola Young

Nicola Young, CPA, présente le cheminement de carrière qu’elle a suivi pour devenir leader dans son domaine.

  • Poste : professeure          
  • Employeur : Frank H. Sobey School of Business, Université Saint Mary’s, Halifax
  • Diplôme universitaire : baccalauréat en commerce (1966), MBA (1982), Université Dalhousie
  • Titre comptable : 1971
  • Titre de Fellow : 1990

« Je pense qu’un bon professeur doit adorer apprendre, car c’est une passion qui se transmet aux autres », indique Nicola Young, qui est professeure de comptabilité à la Frank H. Sobey School of Business depuis 20 ans. « Il faut être curieux, prendre plaisir à faire des recherches, et avoir du talent pour expliquer des choses complexes de manière simple. »

Lorsque Nicola a obtenu son diplôme de l’Université Dalhousie en 1966, devenir comptable agréée ne faisait pas partie de ses projets. « Les manches retroussées, les hauts tabourets attachés par une chaîne à un bureau, voilà ce que le métier évoquait », dit-elle en riant.

Mais son intérêt pour le métier s’est réveillé au contact d’auditeurs externes venus au Canadien Pacifique à Montréal, où elle travaillait après être sortie de l’université. Elle s’est donc inscrite à des cours de comptabilité à l’Université Sir George Williams. En 1971, alors stagiaire chez Touche Ross à Halifax, elle a passé l’EFU.

« Touche Ross m’a embauchée en mars 1969, car c’était la période des impôts et ils manquaient de personnel. J’ai commencé ma carrière professionnelle le 1er avril. C’est la meilleure décision que j’ai jamais prise. »

En fait, elle a tellement bien réussi l’EFU qu’un professeur de l’Université Saint Mary’s, David Hope, lui a demandé de venir lui prêter main-forte dans le cadre du programme de préparation à l’EFU de l’année suivante.

Elle est reconnaissante à M. Hope, qui est plus tard devenu associé directeur général chez Grant Thornton LLP, directeur général de Grant Thornton Canada, et président de l’ICCA, pour son soutien incomparable tout au long de cette aventure. « Il m’a aidée dans ma quête de l’excellence et a fait preuve d’une grande générosité en partageant son matériel pédagogique, ses connaissances et son expérience, dit-elle. Il était toujours disposé à écouter et à offrir son aide. Il a été un excellent modèle. »

S’engager dans la profession de CA était un peu risqué pour les femmes dans les années 60, indique-t‑elle, la profession étant alors dominée par les hommes. À expertise égale, il était souvent difficile pour les femmes de se faire accepter par les membres de la direction, les épouses de leurs collègues lors de voyages d’affaires, et certains clients.

En 1975, elle a quitté Touche Ross pour se consacrer à ses deux enfants. Mais un an plus tard, David Hope la contactait pour savoir si elle voulait enseigner à temps partiel à Saint Mary’s.

Pendant les 17 années suivantes, en parallèle avec les cours qu’elle a donnés à temps partiel jusqu’en 1981 et à temps complet pendant cinq ans à l’Université Saint Mary’s, puis pendant trois ans à l’Université Mount Saint Vincent, elle s’est investie au sein de l’Institute of Chartered Accountants of Nova Scotia (ICANS), a ouvert un petit cabinet, a travaillé auprès de l’Atlantic Provinces Association of Chartered Accountant (désormais l’ASCA), a obtenu son M.B.A., a fait une incursion dans le monde de l’entreprise et a mis au monde un autre enfant.

Elle est devenue professeure associée à l’Université Saint Mary’s en 1993 et professeure titulaire en 2001.

Depuis 1995, elle est coauteure de l’édition canadienne du manuel comptable de Donald E. Kieso. Elle a également siégé au Conseil sur la comptabilité dans le secteur public (CCSP) et fait partie de ses groupes de travail, et elle a travaillé dernièrement au projet de cadre conceptuel auprès du Conseil des normes comptables internationales du secteur public (IPSAB).

Elle estime que la réussite de sa carrière tient à l’interaction continue de trois activités :

  • sa participation à un manuel de comptabilité intermédiaire lui demandant de perpétuellement tenir à jour ses connaissances
  • l’enseignement qu’elle dispense et qui l’amène à expliquer la nature changeante de la comptabilité et de l’information financière
  • sa participation au travail du CCSP qui lui donne l’occasion d’appliquer des questions conceptuelles au contexte du secteur public

Son plus grand défi? « L’équilibre travail-famille. »

« Ce dont je suis la plus fière dans ma carrière, c’est, je pense, l’excellent rapport que j’ai avec mes étudiants, et la bonne réputation dont je jouis auprès d’eux. J’ai assisté à presque toutes les cérémonies organisées par l’ICANS pour fêter avec eux leur réussite à l’EFU. Je reste en contact avec des étudiants à qui j’ai enseigné il y a 30 ans, et je me plais à penser que j’ai peut-être eu une bonne influence sur leur carrière. Je tire également une grande fierté du succès du manuel que je cosigne depuis le milieu des années 90. »

Aux CPA qui songent à enseigner, Nicola conseille de commencer par faire un essai à temps partiel. « Si c’est ce que vous aimez, trouvez un programme de doctorat et obtenez les compétences nécessaires. Parlez à des enseignants qui ont suivi des parcours différents. Trouvez un programme qui correspond à vos centres d’intérêt et à vos antécédents. Et de plus, une bonne expérience comme praticien aide beaucoup pour enseigner. »

Quand elle n’est pas au bureau ou à des réunions de comités ou de conseils, elle aime aller au théâtre, lire, faire du conditionnement physique, jardiner et passer des soirées tranquilles en compagnie de son mari.

« Une de mes plus grandes aventures dernièrement a été de faire un détour après des réunions d’affaires à Jakarta, pour aller à Melbourne, en Australie, où j’ai "aidé" à mettre au monde mon premier petit-enfant », s’enthousiasme-t-elle.

À l’âge de 65 ans, elle prévoyait encore enseigner jusqu’en 2013. « Si vous aimez votre emploi, ce n’est pas vraiment du travail! »

Mise à jour 2013

Nicola continue d’enseigner à l’Université Saint Mary’s selon un horaire qui lui convient à la perfection. Ne souhaitant pas encore prendre sa retraite, mais préférant avoir moins de responsabilités et davantage de temps libre, elle a négocié un contrat prévoyant des « tâches réduites » en septembre 2012, selon lequel elle peut conserver son bureau et ainsi demeurer engagée auprès des étudiants et de ses collègues.

Ses activités universitaires et ses engagements de service sont réduits de 40 % et elle n’est tenue de donner que 40 % du nombre habituel de cours, soit deux par année. Elle a, de plus, le loisir de décider chaque année si cette entente d’une durée de quatre ans lui convient toujours.

Elle continue de contribuer au manuel comptable de Donald E. Kieso au chapitre du « contrôle qualité », par exemple en ce qui concerne la lecture d’épreuves et le suivi des notes de fin de chapitres. En novembre 2012, grâce à Skype, elle a pu assister virtuellement aux premiers instants suivant la naissance de son deuxième petit-enfant en Australie.

Au printemps, son mari et elle ont fait une croisière de deux semaines d’Amsterdam à Budapest.

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