Triompher comme entrepreneur, partie 1 : Déchiffrer le code

On associe volontiers le niveau d’études à la réussite financière. Et l’esprit d’entreprise, alors?

Qui n’a pas entendu parler de ces immigrants sans le sou, arrivés ici dans l’espoir d’une vie meilleure, qui, en l’espace d’une seule génération, ont fait fortune? J’en sais quelque chose. Mon grand-père paternel a débarqué au Canada en 1954, avec pour tout bagage son certificat d’études primaires et 100 $ US, sans parler un traître mot d’anglais. Pourtant, une quinzaine d’années après avoir ouvert un modeste restaurant chinois de commandes à emporter, il avait réussi à financer les études en droit de son fils. Et quand il a voulu s’acheter une maison, il l’a payée rubis sur l’ongle. Nul besoin d’emprunter.

Voilà un vrai mystère pour les diplômés postsecondaires, qui entrent dans la population active comme salarié (comme la plupart d’entre nous). C’est que le système d’enseignement forme les étudiants à devenir des employés plutôt que des entrepreneurs.

Pour revenir à mon grand-père, quand on entend ce genre d’histoire à la Cendrillon, on s’interroge : «Mais comment a-t-il fait?» Comme j’ai grandi dans une famille animée par l’esprit d’entreprise, voici mon point de vue pour déchiffrer le code de la réussite de l’entrepreneur.

  1. Posons un principe : rares sont ceux qui accèdent à l’autonomie financière absolue comme employé. Le commis comptable tout comme le directeur général d’une grande société peuvent se retrouver congédiés à l’improviste. Bref, le salarié s’expose à l’insécurité, qui peut tourner au drame. 
  2. Corollaire obligé, pour atteindre la véritable indépendance, il y a tout lieu de mettre sur pied une entreprise, pourvu que les affaires marchent à plein régime.
  3. Il existe même une «formule magique» pour évaluer les chances de succès d’une entreprise :

    [(prix de vente du produit - coût variable du produit) × nombre d’unités vendues] - coûts indirects fixes = bénéfice

    Les comptables la connaissent sur le bout des doigts; c’est le taux de la marge sur coût variable.

Prenons l’exemple d’une entreprise de thé aux perles. Elles se multiplient dans les grandes villes. Pourquoi? Parce qu’elles rapportent gros, sans guère de risque. Voyons voir :

  • prix par tasse de thé aux perles : 4,00 $
  • coût par tasse (eau, poudre, sucre) : 0,50 $
  • nombre de consommations vendues par mois (à raison de 100 tasses par jour) : 3 000 
  • loyer mensuel de la boutique (y compris services publics et autres) : 3 000 $
  • aucun coût de main-d’œuvre (au début, les propriétaires exploitent la boutique eux-mêmes)
  • donc :
    • [(4,00 $ - 0,50 $) × 3 000] = chiffre d’affaires de 10 500 $ 
    • bénéfice après paiement du loyer : 10 500 $ - 3 000 $ = 7 500 $

Appliquez cette formule aux géants des boissons gazeuses comme Coca-Cola et PepsiCo. Vous comprendrez pourquoi, après de modestes débuts, ils sont devenus les multinationales qu’on connaît aujourd’hui.

On peut aussi utiliser ce calcul pour évaluer à peu près n’importe quel projet de commerce : restaurant, salon de manucure, salon de coiffure. On se rend vite compte qu’il vaut mieux choisir un type d’entreprise à marge bénéficiaire élevée (prix de vente élevé du produit ou du service et faible prix de revient) et à forte fréquentation (nombre d’unités vendues et de clients servis).

Si vous aspirez à lancer votre propre affaire, j’espère avoir dissipé quelque peu le mystère qui entoure la réussite de l’entrepreneur. Je vous suggère de vous reporter à la formule proposée, mais avec discernement. Et surtout, ne cessez jamais de rêver!

Poursuivons la conversation 

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Avertissement

Les vues et les opinions exprimées par l’auteur dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de CPA Canada.

À propos de l’auteur

Victor Fong, CPA, CMA, SAI

Comptable professionnel agréé (CPA) et syndic autorisé en insolvabilité (SAI) établi à Toronto, Victor Fong dirige le groupe Fong and Partners, spécialisé en insolvabilité, qui possède divers bureaux dans l’agglomération torontoise.