Des trajets fatals

Découvrez les effets des longs trajets en voiture sur la santé physique et mentale.

Des répercussions négatives

Parmi les 15 millions de Canadiens qui ont un long trajet à parcourir pour se rendre au travail et rentrer chez eux en fin de journée, les trois quarts prennent leur propre voiture. En moyenne, le trajet quotidien est de 50 minutes, mais il peut facilement dépasser une heure dans certaines agglomérations, par exemple à Toronto. À l’échelle d’une année, on parle donc de 200 à 250 heures. Nous savons qu’il ne s’agit pas de l’activité la plus distrayante ni la plus productive au monde. Mais ce que beaucoup d’entre nous ignorent, ce sont les répercussions de ces trajets sur notre santé.

Des études ont permis d’établir des liens entre la durée moyenne des trajets et l’augmentation des taux de glucose et de cholestérol dans le sang et de la pression artérielle. Des troubles du sommeil et de la circulation sanguine ainsi que des douleurs vertébrales et cervicales dues à une mauvaise posture sont aussi attribuables aux longs trajets. Mais les effets touchent aussi notre santé mentale : les manifestations vont de l’irritabilité à la dépression, en passant par l’anxiété (et le divorce dans bien des cas!).

Mais ces constatations ne montrent que des liens : la causalité directe peut être difficile à prouver, compte tenu du grand nombre de facteurs qui influent sur notre vie quotidienne. On peut néanmoins comparer la voiture à une autre façon de se déplacer : la marche, sans conteste la meilleure option pour la santé, tant physique que mentale. Certes, pour beaucoup, il peut être exclu de marcher jusqu’au travail. Cependant, d’autres solutions existent, comme le vélo, le covoiturage ou le transport en commun. En plus de réduire la congestion routière, ces moyens de transport ont d’autres effets positifs. Par exemple, ils favorisent les relations sociales.

Attention aux angles morts

Cette série de billets traite des inconvénients associés à l’achat et à l’utilisation d’une voiture. Dans le premier, «Achat de véhicule : Les Canadiens s’endettent à toute vitesse», on explique qu’une voiture coûte plus que ce que l’on pense, et dans celui-ci, que la conduite quotidienne d’une voiture réduit sensiblement notre espérance de vie. La conclusion à en tirer est donc de ne pas acheter de voiture? Eh bien, pas tout à fait. 

Les billets portent sur un aspect de la vie quotidienne, à savoir la préférence pour le transport individuel, et l’analysent sous différents angles. On nous invite à ne pas nous fier aux apparences, et à prendre une décision fondée sur les informations les plus complètes possible.

Quand on regarde le niveau d’épargne-retraite et le niveau d’endettement des Canadiens, on conclut que peu d’entre eux pensent à long terme.

Or, l’incidence de l’utilisation d’une voiture sur la santé et le bien-être peut influer sur nos choix, selon les priorités que nous nous sommes fixées. Les habitudes de vie sont l’un des facteurs à prendre en compte lors de l’achat d’une voiture. Le coût réel d’une voiture en est un autre.

Bien souvent, on prend des décisions en mode «pilote automatique», sans analyser l’ensemble des facteurs en jeu. Cette façon de faire convient dans certaines situations, mais les décisions réfléchies qui s’inscrivent dans une perspective globale et à long terme sont souvent les meilleures.

Poursuivons la conversation

Comment penser à long terme au moment de prendre une décision ayant une incidence sur nos finances ou notre santé? Comment inciter nos proches à faire de même? Répondez ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles des Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Jennifer Schurer, CPA, CMA

Jennifer Schurer, CPA, CMA. Mme Schurer dirige et anime des ateliers sur la littératie financière dans le cadre du programme de littératie financière de CPA Canada. Elle se passionne pour l’éducation financière des jeunes, qu’elle renseigne sur les cartes de crédit, les emprunts hypothécaires, les budgets et l’établissement d’objectifs. Elle prodigue aussi des conseils aux adultes, à qui elle apprend à mieux économiser et à dépenser sagement.