Finances : Sept partis pris que les parents inculquent aux enfants

Sans le vouloir, les parents peuvent inculquer à leurs enfants certains partis pris et perpétuer des mythes courants sur l’argent. Voici quelques-unes des idées fausses les plus répandues, énoncées sous forme de « commandements »… discutables.

« À la banque ton argent tu garderas. » (Voir aussi : « Des placements en Bourse tu te méfieras. ») Les taux d’intérêt dérisoires qu’on nous propose actuellement pour la majorité des fonds déposés à la banque (une misérable fraction d’un pour cent!), conjugués aux frais de service exorbitants, enlèvent tout attrait au bon vieux compte d’épargne. Et si certains placements comportent une part de risque, d’autres en sont dépourvus. Le facteur déterminant, c’est le temps, ou l’horizon de placement : quand on détient des actions ou des parts de fonds de placement pendant des dizaines d’années, même si des fluctuations sont à prévoir, on finit généralement par y gagner.

« Les cartes de crédit tu craindras. » Si on les utilise correctement – en acquittant l’intégralité du solde chaque mois – les cartes de crédit peuvent constituer un excellent moyen de faire le suivi de ses dépenses tout en obtenant des récompenses. C’est le solde impayé qu’il faut éviter à tout prix.

« Toujours en solde tu achèteras. » Attendre que le prix de l’article convoité soit réduit n’est jamais une mauvaise idée, cela va de soi, mais l’important, c’est d’établir un budget et d’épargner pour s’offrir les choses dont on a besoin ou envie. Si ces articles finissent par être soldés, tant mieux : on dépense moins que prévu. Mais, comme j’aurais aimé l’apprendre plus tôt, succomber à l’attrait d’un produit soldé peut finir par coûter cher, si on tombe dans le panneau de la surconsommation : on achète quelque chose qu’on n’aurait jamais acheté autrement.

« Du fardeau fiscal tu te plaindras. » Nous avons tous déjà pesté contre le fisc – au moment de passer à la caisse (ah, ces satanées taxes!) ou de préparer notre déclaration de revenus. Mais les impôts et les taxes sont le prix à payer pour vivre dans une société civilisée, dotée d’un système public de soins de santé, d’un système d’éducation et de nombreux autres services. Certes, nul ne devrait payer plus que sa part – à vous de demander toutes les déductions auxquelles vous avez droit –, mais le fardeau fiscal n’est injuste que si certains trichent.

« Propriétaire – et non locataire – tu seras. » Si l’achat d’une maison ou d’un appartement est un rêve impossible, faute de moyens, alors la location s’avère judicieuse. Il est en effet risqué de dépasser son budget pour acheter une maison. Si on perd son emploi, on a moins de souplesse : il sera plus compliqué de déménager si jamais on trouve un autre travail ailleurs, ou bien de s’installer dans un logement plus petit pour réduire son train de vie. Sans compter qu’une hausse des taux d’intérêt peut rendre les versements mensuels beaucoup trop onéreux. Par contre, si on choisit de rester locataire, on réalisera des économies sur les impôts fonciers, l’entretien et les réparations, d’où le dégagement de certaines liquidités supplémentaires, qu’il faudra avoir la sagesse de placer à long terme. Servez-vous d’une des nombreuses calculatrices en ligne pour vous aider à faire un choix entre la location et l’achat.

« Un diplôme universitaire tu feras. » (Voir aussi : « Un salaire rondelet pour être heureux tu toucheras. ») Comme je l’écrivais ici, nous ne rendons pas service à nos enfants en les cantonnant dans une seule voie. Il y a différentes façons de réussir sa vie, et toutes ne supposent pas de s’endetter lourdement pour obtenir un diplôme universitaire. D’autant plus que certaines études montrent qu’en effet, l’argent ne fait pas le bonheur!

Après ces « commandements », pour terminer, aux parents de lever tout malentendu sur les billets de loterie : Les parents lancent parfois, en guise de boutade, la réponse « Quand on aura gagné à la loterie! » si un enfant leur dit « Quand est-ce qu’on aura une grande maison comme William? » Il faut cependant s’assurer que l’enfant a compris qu’il s’agit d’une plaisanterie. Expliquez-lui que la loterie n’est qu’un simple divertissement – et un mirage – et qu’il ne faut jamais y voir une stratégie financière.

Poursuivons la conversation

Vos parents vous ont-ils inculqué certaines de ces idées reçues (ou d’autres opinions discutables)? À quel âge les avez-vous remises en question? Publiez vos commentaires ci-dessous.

Avertissement

Les vues et opinions exprimées par l’auteure dans le présent article ne représentent pas nécessairement celles de Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

À propos de l’auteur

Tamar Satov

Directrice de la rédaction, CPA magazine
Tamar Satov, directrice de la rédaction à CPA Magazine, est journaliste spécialisée dans les questions liées aux affaires, à l’éducation des enfants et aux finances personnelles. Elle propose régulièrement des conseils et des anecdotes dans le cadre de ce blogue, où elle fait part de ses efforts pour faire l’éducation financière de son enfant. (@TamarSatov)