Vous dépendez du régime d’assurance de votre conjoint? Faites attention.

De nombreux professionnels indépendants, tout comme certains salariés qui ne bénéficient pas d’un régime d’avantages sociaux, dépendent du régime d’assurance de leur conjoint pour l’assurance-maladie et l’assurance dentaire. Sont-ils au courant des limites des garanties offertes?

L’idée de devoir souscrire une police d’assurance-maladie, d’assurance dentaire et d’assurance-invalidité à court et à long terme n’a rien de particulièrement réjouissant. Bonne nouvelle! Votre conjoint est assuré en vertu d’un régime d’assurance collective? Vous pouvez bénéficier de certaines garanties offertes en vertu de ce dernier. Mais attention, il y a un bémol, et non des moindres, puisque les conséquences peuvent être désastreuses : il se peut que le régime de votre conjoint ne couvre pas l’invalidité à court ou à long terme. Faut-il s’en inquiéter?

Pensez à cette vieille analogie : si vous possédiez la poule aux œufs d’or, qu’est-ce que vous protégeriez en priorité? La poule ou l’œuf? Naturellement, la plupart des gens choisissent la poule. On peut perdre l’œuf en or, mais tant que la poule peut en pondre d’autres, l’avenir est assuré.

Pourtant, quand on applique cette image aux travailleurs, on constate qu’ils sont nombreux à choisir de protéger l’œuf (maison, voiture, prêt hypothécaire, solde de carte de crédit, téléphone cellulaire) plutôt que la poule (leur capacité de travailler pour toucher des revenus). Si vous n’avez pas d’assurance-invalidité, souscrite à titre individuel ou offerte par l’employeur, vous entrez dans cette catégorie.

Voici l’une des questions que j’aime poser à mes clients : «Quel est votre principal actif?» Certains répondent qu’il s’agit de leur maison, de leur voiture ou de leurs placements. En réalité, c’est leur capacité de gagner de l’argent qui reste leur actif le plus précieux, sauf s’ils sont prêts à prendre leur retraite. En clair, la poule, c’est vous. Votre capacité de continuer à pondre des œufs d’or représente un actif incorporel considérable. Combien vaut-il au juste? Quelle part de votre revenu mensuel seriez-vous prêt à consacrer à la protection de cet actif?

Le tableau ci-dessous présente une vue d’ensemble des répercussions financières d’une invalidité à différentes étapes de la vie active. Comme vous le constatez, étalée dans le temps, la capacité de gain a une grande valeur, surtout en début de carrière, quand on a devant soi de nombreuses années de travail. Bref, votre capacité de gain constitue votre principal actif. Protégez-le!

Tableau présentant le manque à gagner d’un individu qui ne pourrait pas travailler jusqu’à l’âge de 65 ans.

Autres éléments à considérer

Attention au vocabulaire utilisé pour qualifier une «invalidité» et aux définitions, qui varient d’une compagnie d’assurance et d’un régime à l’autre. Par exemple, il faut bien comprendre les termes comme «protection relative à la propre profession», «emploi particulier», «emploi régulier» et  tout emploi». Demandez des éclaircissements à votre représentant en assurance de personnes.

Maximums sans preuve : êtes-vous un cadre supérieur? Le maximum sans preuve correspond au plafond de la couverture offerte aux employés participant à un régime collectif d’assurance sans qu’ils aient à fournir de preuve d’assurabilité.

C’est le genre de choses qui n’arrive qu’aux autres

  • Selon le tableau de référence Commissioners’ Individual Disability Table A (1985), une personne de 35 ans a une probabilité de 50 % de subir une invalidité de 90 jours ou plus .
  • D’après le Cadre d’indicateurs des maladies chroniques et des blessures de l’Agence de la santé publique du Canada, voici le pourcentage de Canadiens atteints d’une maladie cardiovasculaire, par tranche d’âge :
    • De 20 à 34 ans : 0,7 %
    • De 35 à 49 ans : 1,5 %
    • De 50 à 64 ans : 7,1 %
    • 65 ans et plus : 18,3 %

En outre, pour pouvoir prétendre à la prestation d’invalidité du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ), il faut être touché par une invalidité grave et prolongée, d’ordre mental ou physique, et être dans l’incapacité d’occuper un emploi quel qu’il soit. Même si vous remplissez les conditions, la mensualité est modeste (plafond de 1 290,81 $ pour le RPC en 2016 et de 1 313,63 $ pour le RRQ en 2017).

Consultez votre représentant en assurance de personnes avant de prendre toute décision en matière d’assurance-invalidité.

Avis de non-responsabilité

Les opinions et les points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur et ne représentent pas nécessairement ceux de CPA Canada.

Présenté à titre purement informatif, le présent article ne constitue ni une offre de vente ni une sollicitation d’achat. Toutes les mesures raisonnables ont été prises pour assurer la précision de l’information qui y figure, dont l’exactitude et l’exhaustivité ne peuvent toutefois être garanties. Le lecteur est invité à consulter un conseiller professionnel avant d’agir à la lumière des renseignements présentés ici.

Poursuivons la conversation

La plupart des gens reconnaissent la nécessité d’une assurance vie, sans pour autant comprendre qu’ils auraient aussi intérêt à souscrire une assurance-invalidité. Pourtant, quand l’invalidité frappe en raison d’une maladie ou d’une blessure, le flux des revenus d’emploi s’arrête, mais les factures, elles, continuent d’arriver. Estimez-vous que votre capacité de travailler pour gagner de l’argent devrait être protégée? Publiez vos commentaires ci-dessous.

À propos de l’auteur

John Kitcher, CFA, CPA, CA

M. Kitcher est conseiller en assurance de personnes chez Desjardins Sécurité financière Réseau indépendant. Il est titulaire d’un permis de la province de l’Ontario. John.kitcher@dfsin.ca 613-829-7874, poste 288