Terry Goodtrack : Leader en matière de formation en finance auprès des Autochtones

À titre de président et chef de la direction d’AFOA Canada, Terry Goodtrack contribue à doter les Autochtones des outils en finance et en gestion dont ils ont besoin pour diriger leurs communautés. Découvrez comment son travail s’inscrit dans l’idéal canadien d’une saine gestion.

Dans le cadre de son rôle comme président et chef de la direction d’AFOA Canada (anciennement Aboriginal Financial Officers Association of Canada), OSBL établi à Ottawa qui dispense de la formation en finance et en leadership aux Autochtones de partout au Canada, Terry Goodtrack est à même de voir les défis que doivent relever les collectivités autochtones dans leur quête d’un avenir plus prospère.   

« Lorsque je songe à ce qu’évoque pour moi la saine gestion, le mot “inclusivité” me vient en tête. En effet, le monde des affaires au Canada devrait faire une plus grande place aux communautés et aux personnes autochtones », affirme-t-il.

AVOIR CELA DANS LE SANG

Terry Goodtrack a été initié jeune aux affaires et à la finance. Il a grandi sur une réserve appelée la Wood Mountain Lakota First Nation. « Notre famille vit dans une communauté axée sur l’agriculture et les activités d’élevage. C’est ce que nous faisions quand j’étais petit et c’est ce que nous faisons toujours aujourd’hui, dit-il. Et le volet “affaires” en a toujours fait partie Intégrante. » 

Après avoir décroché son diplôme de l’Université de Regina en 1989, M. Goodtrack a passé une dizaine d’années dans l’administration publique où il a exercé diverses fonctions. Il a par ailleurs obtenu au cours de cette période un diplôme d’études supérieures en administration publique de l’Université Carleton en 1997. Il a ensuite travaillé pour plusieurs organisations autochtones avant de se joindre à l’AFOA en 2011. « Mes compétences en finance se sont avérées essentielles dans toutes les fonctions que j’ai occupées. »

LES FONDEMENTS 

AFOA Canada compte trois programmes d’accréditation principaux, dont celui menant à l’obtention du titre de gestionnaire financier autochtone accrédité (GFAA). Ce programme permet aux étudiants qui y sont inscrits d’obtenir des équivalences de cours dans le programme de Certification avancée en comptabilité et en finance (CACF) de CPA Canada et, moyennant la réussite d’autres cours, le titre de CPA. AFOA Canada tient aussi des ateliers sur ce que Terry Goodtrack appelle des « créneaux essentiels », par exemple la planification stratégique. 

L’an dernier, AFOA Canada a organisé un colloque international auquel ont participé des membres d’associations semblables aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et en Australie. « Les défis qui se posent à nos associations sont très similaires, bien que les cadres réglementaires puissent être différents, précise M. Goodtrack. Nous pouvons donc apprendre les uns des autres. Par exemple, en Nouvelle-Zélande, les Maoris ont réussi à obtenir satisfaction à la plupart de leurs revendications territoriales et à créer des fonds en fiducie qu’ils utilisent pour des projets d’éducation et de développement économique. Cela a créé une demande de professionnels autochtones en gestion et en comptabilité. Je me souviens d’avoir pris part à un de leurs colloques en Nouvelle-Zélande, il y a quelques années, et d’y avoir déjeuné avec un gestionnaire de fiducie. Il m’a mentionné qu’après le repas, il se rendait sur le site d’un de ses projets, une ferme laitière mise sur pied grâce à leur fonds en fiducie. Étant donné que je viens de l’industrie de l’élevage et que nous avons déjà eu jusqu’à 300 têtes de bétail, je lui ai bien sûr demandé combien leur ferme en comptait. “Nous en avons 50 000”, m’a-t-il dit. J’étais stupéfait. Et il m’a expliqué que la ferme vendait ses produits dans l’ensemble de l’Australie et même en Asie. Cet exemple montre bien qu’en créant de la richesse et de la prospérité, on crée également une demande de professionnels en gestion et en finance. »

PLUS D’ÉPARGNES, PLUS D’ARGENT, PLUS DE PROGRAMMES

M. Goodtrack s’empresse de souligner que ce qu’il appelle des communautés hautement performantes, comme celle des Maoris, n’ont pas été établies du jour au lendemain. « Il faut d’abord créer une vision pour la communauté, puis mettre en place des objectifs de leadership cohérents sur une longue période, mentionne-t-il. Ce qui peut prendre de 20 à 30 ans. »

Dans l’intervalle, certaines communautés au Canada se sont déjà engagées sur le chemin de l’amélioration de la performance, grâce à la formation en finance et en gestion. M. Goodtrack donne l’exemple d’une membre d’AFOA Canada qui a été élue chef de sa communauté au Manitoba. « Comme elle a suivi des cours d’AFOA Canada et compris ce qu’est la gestion financière, elle a pu aider son organisation à accroître son efficience – ce qui, en retour, a permis à celle-ci d’épargner et de dégager des fonds pour d’autres usages. Alors, lorsque les membres de sa communauté lui demandaient où elle avait pris l’argent pour offrir de nouveaux programmes, elle leur répondait que l’argent avait toujours été là : il n’avait simplement pas été employé de manière constructive. » 

Pour en savoir plus sur la façon dont le travail de Terry Goodtrack s’inscrit dans l’idéal canadien d’une saine gestion, vous êtes invité à visionner la vidéo.