Les Canadiens handicapés ont de la difficulté à obtenir un crédit d’impôt

Le crédit d’impôt fédéral pour personnes handicapées est censé aider les Canadiens admissibles. Pourquoi le processus de demande est-il donc si complexe? Il est temps que l’État se penche sur la question.

À une époque où les gouvernements cherchent à simplifier la vie des quatre millions de personnes handicapées au Canada, l’histoire de Kevin Turney* est décourageante. 

Kevin vit au Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse. Vers l’âge de 80 ans, il a reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer, et son fils Dan lui a conseillé de demander le crédit d’impôt fédéral pour personnes handicapées. 

Aujourd’hui âgé de 90 ans et de plus en plus frêle, Kevin habite dans un établissement de soins de longue durée, mais n’a toujours pas reçu un sou au titre du crédit d’impôt, qui peut atteindre 8 235 $ pour l’année d’imposition 2018. De fait, Dan et son épouse Susan, qui vivent à presque cinq heures de Halifax, ont renoncé à demander le crédit, et ce, à cause de la complexité du régime fiscal. 

Pour être admissible au crédit, Kevin doit obtenir un certificat d’un médecin et remplir un long questionnaire d’autoévaluation. Il doit ensuite envoyer les formulaires à l’Agence du revenu du Canada, qui examine chaque demande, au cas par cas. Le processus d’approbation prend habituellement quatre mois environ. 

Même quand Kevin jouissait encore de son autonomie, il était dépassé par la complexité de la demande du crédit d’impôt. « Il n’a jamais reçu le crédit pour personnes handicapées parce qu’il oubliait constamment de rapporter le formulaire du cabinet du médecin », affirme Susan. Et pour ne rien arranger, il a fallu trois mois au médecin pour remplir le formulaire, car il l’avait égaré.

Susan, qui est elle-même fiscaliste, estime que le régime fiscal dessert sa famille et s’inquiète des conséquences pour les autres familles. « Une telle situation est difficile pour les personnes handicapées ou âgées et impose un stress supplémentaire aux familles qui tentent de prendre soin de leurs proches, ajoute-t-elle. Le processus devrait être plus simple. »

* Il s’agit d’un cas réel présenté par un membre CPA. Les noms et les lieux ont été changés pour protéger la confidentialité et les renseignements financiers sensibles.