Résorber le déficit d’infrastructure à l’échelle mondiale : le rôle essentiel des comptables professionnels

La planification et la surveillance fructueuses des projets d’infrastructure exigent les compétences et le savoir-faire de comptables professionnels, indique un rapport récent publié conjointement par l’Association of Chartered Certified Accountants (ACCA) et Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

Toronto, le 19 juin 2019 – La planification et la surveillance fructueuses des projets d’infrastructure exigent les compétences et le savoir-faire de comptables professionnels, indique un rapport récent publié conjointement par l’Association of Chartered Certified Accountants (ACCA) et Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada).

Intitulé Comment les comptables peuvent contribuer à la résorption du déficit d’infrastructure à l’échelle mondiale, le document met en lumière le rôle crucial que peuvent jouer les comptables professionnels pour que les États maximisent le rendement de leurs investissements dans des infrastructures financées par les deniers publics.

Voici quelques-unes des principales constatations du rapport :

  • Les comptables peuvent jouer un rôle décisif dans la résorption du déficit d’infrastructure en apportant des améliorations sur le plan de la sélection, du financement et de la réalisation des projets d’infrastructure.
  • Les administrations publiques doivent s’associer à la bonne équipe de professionnels capables de tirer parti des avantages découlant de l’augmentation des investissements, tout en s’efforçant d’atténuer les risques liés aux projets d’infrastructure.
  • On observe une volonté palpable de voir les États promulguer des lois efficaces sur la dénonciation et professionnaliser la fonction finances du secteur public, afin de combler les besoins en infrastructures.

Dans le monde entier, les infrastructures sont primordiales pour le développement socio-économique. Que l’on pense aux réseaux de transport permettant la circulation sécuritaire et efficace des personnes et des marchandises ou aux réseaux d’électricité et de services publics assurant l’approvisionnement en énergie et en services dont dépend notre survie, nous sommes tous tributaires des investissements dans les infrastructures.

L’expression « déficit d’infrastructure à l’échelle mondiale » s’entend de la différence entre les investissements requis dans les infrastructures et les ressources dont on dispose pour répondre à un tel besoin. Selon une analyse du Centre mondial de coordination en matière d’infrastructure du G20, le déficit d’investissement dans les infrastructures, à l’échelle mondiale, a progressé de plus de 400 milliards de dollars US en 2018 seulement, et devrait augmenter pour atteindre 14 000 milliards de dollars US d’ici 2040.

La démographie, l’intensification des cybermenaces, l’urbanisation et les changements climatiques sont autant de facteurs qui contribuent à faire augmenter la demande mondiale d’infrastructures de qualité. Partout dans le monde, les administrations publiques nationales, régionales et locales sont appelées à prendre des décisions d’investissement servant l’intérêt public, de même qu’à jouer un rôle essentiel dans la construction et l’entretien d’importantes infrastructures.

Toutefois, on observe des freins à cette construction. Dans un sondage mené auprès des membres de CPA Canada et de l’ACCA, on a demandé aux 3 611 répondants de nommer, selon eux, les principaux obstacles à la satisfaction des besoins en infrastructures dans leur pays. Voici ce qu’ils ont répondu :

  • le manque de leadership politique (52 %);
  • le manque de financement (49 %);
  • les obstacles liés à la planification et à la réglementation (40 %).

Alex Metcalfe, chef, politiques du secteur public, à l’ACCA, est formel : « Résoudre ce casse-tête qu’est la question des infrastructures est essentiel au façonnement d’un avenir sous le signe du développement durable. Dans cette recherche de solutions, nous devrons surmonter des problèmes mondiaux tels que la pauvreté, les inégalités et les changements climatiques. Or, les comptables sont bien placés pour s’attaquer aux grands défis du XXIe siècle. »

Davinder Valeri, directrice, Stratégie, risques et gestion de la performance à CPA Canada, ajoute : « La comptabilité est indispensable à la prise de bonnes décisions. Les comptables professionnels peuvent, par la pertinence de leur travail d’analyse et leurs conseils, aider les organisations à intégrer la reddition de comptes dans le processus. Les compétences et l’éclairage particuliers d’un comptable au sein d’une équipe de projet d’infrastructure peuvent faire la différence entre la réussite et l’échec. »

Le rapport contient 20 recommandations pour favoriser la résorption du déficit d’infrastructure. Voici quelques-unes des autres recommandations principales :

  • Si les administrations publiques instaurent des lois efficaces sur la dénonciation ainsi que sur la professionnalisation de la fonction finances du secteur public comme recommandé plus haut, les fonctionnaires pourront davantage faire barrage aux comportements contraires à l’éthique susceptibles d’entraver les projets d’infrastructure.
  • Les administrations publiques doivent demander aux institutions supérieures de contrôle de surveiller l’interaction entre les passifs hors bilan et les objectifs budgétaires, pour une répartition plus efficace des fonds publics.
  • Les administrations publiques devraient adopter la comptabilité d’exercice intégrale et tenir un bilan du secteur public afin de soutenir le processus décisionnel, au moment de définir les politiques en matière d’infrastructures.
  • Les administrations publiques devraient ventiler leurs investissements dans les infrastructures et présenter séparément les dépenses d’entretien et les dépenses liées à de nouveaux projets.
  • Les comptables doivent fournir des conseils quant à l’incidence distributive de la sélection de tel ou tel projet, et aux retombées de celle-ci sur le plan de la croissance régionale.