Connaissez-vous la valeur de votre effectif? Brookfield Asset Management et le Groupe Co-operators ont fait l’exercice

On entend souvent les organisations affirmer que leurs employés représentent leur ressource la plus précieuse. Un cliché? Pour le vérifier, des chefs des finances du Canada ont décidé de calculer la valeur réelle du personnel de leur organisation et d’élaborer des stratégies pour accroître cette valeur.

Toronto, le 5 juin 2019 – On entend souvent les organisations affirmer que leurs employés représentent leur ressource la plus précieuse. Un cliché? Pour le vérifier, des chefs des finances du Canada ont décidé de calculer la valeur réelle du personnel de leur organisation et d’élaborer des stratégies pour accroître cette valeur.

Dans le cadre d’une initiative récente lancée par le projet Association pour la comptabilité durable (ACD) du prince de Galles, en collaboration avec Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada), deux grandes organisations se sont penchées sur divers aspects de leur capital social et humain : Brookfield Asset Management a mesuré la valeur de sa main-d’œuvre et le Groupe Co-operators a évalué les conséquences financières résultant de la mauvaise santé mentale de ses employés et affectant ses activités.

Brookfield Asset Management, chef de file mondial de la gestion d’actifs investis notamment dans l’immobilier, les infrastructures, les énergies renouvelables et le capital-investissement, a évalué la valeur de son capital humain dans le but d’accroître l’efficacité de l’organisation, du perfectionnement et de l’affectation de son personnel. Ses calculs ont montré que la valeur du capital humain affecté à la gestion d’actifs représente près de 60 % de sa capitalisation boursière, confirmant ainsi l’importance de ce capital en tant qu’avantage concurrentiel. De plus, la société a constaté que la valeur de son capital humain affecté à la gestion d’actifs (quelque 1 700 employés) correspond à peu près au double de son coût de remplacement.

Si Brookfield cherchait d’abord à consolider le lien entre chaque fonction et, surtout, à garder en poste ses meilleurs talents, Brian Lawson, chef des finances de Brookfield, a toujours visé une perspective à long terme : « L’aspect le plus important du projet est l’ouverture d’un dialogue permanent. Une connaissance plus approfondie de la valeur de notre capital humain et de l’incidence de chaque équipe sur la création de valeur assurera notre succès. »

Dans un autre projet phare, le Groupe Co-operators a mandaté son équipe des Finances d’analyser l’approche de l’organisation à l’égard de la santé mentale en milieu de travail. Selon l’Association canadienne pour la santé mentale, une personne sur cinq souffre d’un problème de santé mentale au pays, ce qui a une incidence sur leur propre vie, leur famille et même la société. En outre, 49 % des personnes touchées ne vont pas chercher l’aide d’un professionnel. Au travail, la productivité de ces employés peut diminuer de 47 % par rapport à celle des employés en bonne santé mentale.

À la lumière de ces données, l’équipe des Finances s’est fondée sur une analyse de rentabilité réalisée à l’interne pour recommander et mettre en œuvre des mesures importantes visant à améliorer la santé mentale des employés. L’analyse financière du projet prévoyait des retombées plus importantes que l’investissement dans l’effectif.

« En tant que professionnels des finances, nous savons que nous devons mesurer les extrants et les résultats si nous voulons améliorer la gestion de nos activités, mentionne Karen Higgins, chef des finances, Groupe Co-operators. Et il en va de même de la santé mentale. »

Pour les organisations, il est essentiel de connaître la valeur de leur effectif afin de favoriser le soutien et la fidélisation des meilleurs professionnels. L’évaluation du capital humain est d’autant plus importante dans le contexte de l’évolution technologique et d’une grande concurrence pour attirer du personnel qualifié.

Les exemples de Brookfield et de Co-operators publiés aujourd’hui font partie d’un projet entrepris par un groupe de chefs des finances du Canada, membres de la Section canadienne du Réseau de leadership des chefs des finances du projet ACD. Dans le cadre de ce projet, les organisations étaient invitées à mettre en œuvre les lignes directrices du guide sur la comptabilisation du capital social et humain du projet ACD (A4S Essential Guide to Social and Human Capital Accounting) et à rendre compte de leur expérience.

« Habituellement, l’évaluation et le suivi de la performance, ainsi que la publication d’information à ce sujet, portent surtout sur des indicateurs financiers et opérationnels, explique Joy Thomas, présidente et chef de la direction de CPA Canada. Or, ces pratiques ne permettent pas aux organisations de gérer activement les possibilités et les risques liés au capital social et humain. Car ces facteurs sont, en soi, difficiles à suivre de manière uniforme, et leur évaluation en termes financiers peut être discutable. »

Dans l’ensemble, on cherche ainsi à analyser les liens entre l’organisation, la société et les individus – liens qui, bien qu’essentiels à la prise de décisions judicieuses, font rarement l’objet d’une évaluation pour en connaître l’incidence et la valeur.

« Si l’effectif est réellement l’actif le plus important des entreprises, il faut absolument le chiffrer et utiliser les données pour prendre des décisions d’investissement éclairées, soutient Jessica Fries, présidente-directrice générale du projet ACD. Nous encourageons les autres organisations à lire ces exemples pratiques et à s’informer sur le sujet afin d’entreprendre des initiatives semblables. »

D’autres recherches sur la comptabilisation du capital social et humain sont en cours. Des exemples pratiques de Manuvie et de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents de travail seront notamment bientôt publiés.

Les exemples pratiques de Brookfield Asset Management et du Groupe Co-operators peuvent être téléchargés à l’adresse suivante : www.cpacanada.ca/ACDCapitalSocialetHumain.

 

NOTES À L’INTENTION DES RÉDACTEURS

Réseau de leadership des chefs des finances du projet ACD

Le Réseau réunit d’éminents chefs des finances travaillant au sein de grandes entreprises qui souhaitent intégrer la gestion des enjeux environnementaux et sociaux dans les processus d’affaires et la stratégie organisationnelle. Le projet ACD s’est associé à Comptables professionnels agréés du Canada (CPA Canada) pour établir la Section canadienne du Réseau.

 

Pour en savoir plus sur la Section canadienne du Réseau de leadership des chefs des finances, rendez-vous à www.cpacanada.ca/acd ou à www.accountingforsustainability.org/canada.

 

À propos du projet Association pour la comptabilité durable (ACD) du prince de Galles

Instauré par Son Altesse Royale le prince de Galles en 2004, le projet Association pour la comptabilité durable (ACD) – Accounting for Sustainability ou A4S – vise à faire de la prise de décisions durable la normalité en affaires.

Le projet ACD collabore avec le milieu des finances et de la comptabilité pour :

  • inciter les dirigeants financiers à adopter des modèles d’affaires durables et résilients;
  • transformer la prise de décisions financières de façon à favoriser une approche intégrée rendant compte des possibilités et des risques associés aux enjeux environnementaux et sociaux;
  • accroître la portée des activités pertinentes au sein des milieux internationaux des finances et de la comptabilité.

Le projet ACD comprend trois réseaux mondiaux : le Réseau de leadership des chefs des finances, qui regroupe les chefs des finances d’organisations de premier plan qui visent à transformer les finances et la comptabilité; le Réseau des organismes comptables (Accounting Bodies Network – ABN), qui regroupe près des deux tiers des comptables dans le monde; et le Réseau des propriétaires d’actifs (Assets Owners Network), qui regroupe des présidents de caisses de retraite afin d’intégrer la durabilité dans leur processus d’investissement. www.accountingforsustainability.org