Le Canada, chef de file de la saine gestion

Au Canada, la notion de «saine gestion» est de plus en plus liée aux grands principes et idéaux pour lesquels le pays est reconnu : éthique, équité, transparence, durabilité et reddition de comptes.

Une saine gestion ne signifie pas simplement réaliser des bénéfices, surtout pas pour les citoyens canadiens. Cela veut aussi dire mettre à profit son expertise pour contribuer au bien-être social et économique d’autrui.

La littératie financière à la rescousse

Quand l’économie locale a été touchée par un ralentissement, Leslie Adams, responsable de la formation communautaire à la bibliothèque municipale de Calgary, a remarqué qu’un nombre croissant de personnes se présentaient pour obtenir de l’information sur la recherche d’emploi et la gestion des dettes. Provenant de toutes les couches sociales, elles avaient désespérément besoin de conseils. «Nous avons organisé une séance sur les possibilités d’emploi. La salle de conférence de la bibliothèque peut accueillir 400 personnes, et elle était pleine à craquer. Les gens étaient avides d’information», raconte-t-elle.

Mme Adams s’est tournée vers CPA Canada, qui a organisé des groupes de discussion. Ceux-ci ont révélé un manque criant de connaissances en gestion des finances dans la collectivité. «J’ai été étonnée, pour ne pas dire consternée», nous a-t-elle confié.

Cette situation a mené à la publication de l’ouvrage Survive and Thrive de CPA Canada. Ce guide (en anglais seulement), rédigé par David Trahair, CPA, CA, fournit des conseils à l’intention de ceux et celles qui ont perdu leur emploi. Des centaines d’exemplaires ont été distribués par l’intermédiaire du réseau de bibliothèques. On peut aussi le télécharger gratuitement sur le site de CPA Canada. En outre, dans le cadre du programme de littératie financière de CPA Canada, des bénévoles ont donné de nombreux ateliers aux citoyens pour les aider à appliquer les conseils formulés dans le guide.

Leadership éthique

À Cuba comme en Allemagne, et dans des situations on ne peut plus variées, José Hernandez, CPA, CA, a aidé des organisations à prévenir et à éradiquer la corruption. Il dirige sa propre entreprise, Ortus, qui a pour mission de promouvoir le leadership éthique en entreprise. Auparavant, il a été associé chez PwC et chef de la direction de la division européenne du groupe FGI, société d’envergure mondiale qui offre des services-conseils en gestion de crise et de risque.

Selon M. Hernandez, qui s’est penché sur certains des plus importants cas de corruption en Allemagne, «il faut se concentrer sur le comportement de la direction et s’assurer que tout fonctionne bien. Au Canada, les entreprises ont généralement de bonnes structures, mais il ne faut pas se laisser aveugler au point de ne pas voir les risques».

«D’un côté, nous exportons l’idéal de la saine gestion, qui est un aspect fondamental de la culture canadienne et de la profession comptable, poursuit-il. De l’autre, les expériences à l’étranger nous poussent à nous remettre en question et à envisager ce que nous pourrions faire de plus en tant que pays pour soigner notre image de chef de file de la saine gestion. En partenariat avec CPA Canada, nous cherchons à sensibiliser les entreprises canadiennes aux nouveaux risques auxquels elles pourraient faire face dans un contexte mondial et à les aider à s’en prémunir.»

M. Hernandez souligne qu’il ne suffit pas de cocher quelques cases sur une liste : «Nous corrigeons les problèmes des entreprises, mais nous leur apprenons aussi les bonnes pratiques. Nous leur offrons une gamme d’outils complète pour réaliser leur transformation.»

En bref, il faut donner aux entreprises les moyens de réussir de façon globale et durable, et veiller à ce que les connaissances soient appliquées et transmises, pour le plus grand bien du secteur dans son ensemble.

Donner les clés de la réussite à la prochaine génération

Au Canada, la situation des jeunes autochtones est inquiétante. Leur taux de diplomation au secondaire est sensiblement inférieur à la moyenne nationale, réalité qui se reflète dans le taux d’inscription à l’université. Or, on sait depuis longtemps que de bonnes études sont l’une des pierres d’assise d’une carrière fructueuse. C’est pourquoi CPA Canada s’est associée à l’Initiative de la Famille Martin pour mettre sur pied un programme de mentorat visant les autochtones.

Actuellement offert dans 26 écoles réparties dans 7 provinces, ce programme soutient les autochtones pendant leurs études secondaires. On leur montre les avantages de poursuivre des études postsecondaires, on leur parle du monde du travail et on leur présente les débouchés éventuels, y compris dans les domaines des affaires, de la finance et de la comptabilité.
«Notre objectif est d’aplanir les obstacles pour aider ces jeunes à réussir», explique Moira Burke, ancienne associée chez E&Y. Désormais à la retraite, elle s’investit comme mentor. Elle précise que le programme vise à promouvoir l’équité, l’inclusion et la création d’avantages socioéconomiques pour l’ensemble de la population. Il exige un engagement à long terme de la part des bénévoles, car les mentors et les élèves doivent établir des relations solides et durables.

«La saine gestion ne peut pas être motivée uniquement par le profit; elle doit être soutenue par un système de valeurs», affirme Terry Goodtrack, président et chef de la direction d’AFOA Canada (anciennement Aboriginal Financial Officers Association of Canada), et partenaire du programme. «Nous devons adopter une perspective plus large. Une saine gestion, oui, mais au service de qui? De tous.»

Cet article fait partie d’une série qui porte sur l’idéal canadien d’une saine gestion et sur les façons dont nous pouvons favoriser le changement.

Mot de la rédactrice en chef

Le prochain numéro de L’infolettre CPA sera publié le 12 février 2018. Bonne lecture et, comme toujours, faites-nous part de vos commentaires!