Les progrès technologiques changent la donne pour les petits et moyens cabinets

Grâce à l’évolution rapide de la technologie, les fiscalistes des petits et moyens cabinets (PMC) et leurs clients ont accès à des ressources de plus en plus rapides et efficaces.

Selon Jay Goodis, CPA, CA, cofondateur et chef de la direction de Tax Templates Inc., à Vaughan (Ontario), les nouvelles technologies nous permettent d’accomplir en quelques minutes de nombreuses tâches qui étaient auparavant considérées comme difficiles et fastidieuses.

«Par exemple, les plateformes comptables en nuage permettent d’effectuer facilement des calculs courants, comme ceux liés aux déclarations de TPS/TVH», explique M. Goodis. Selon lui, l’exactitude revêt une grande importance en fiscalité. En effet, lorsque l’on dispose de données fiables, toutes les décisions s’en trouvent améliorées, y compris celles concernant les flux de trésorerie et les stratégies de planification fiscale. «Je crois que c’est là le véritable avantage de la technologie», ajoute M. Goodis.

Benjamin Alarie, titulaire de la chaire Osler en droit des affaires à l’Université de Toronto, est bien au fait de l’énorme potentiel des nouvelles technologies. Le cabinet torontois Blue J Legal, où il exerce les fonctions de chef de la direction, offre aux PMC des services d’analytique prédictive grâce à un logiciel qui analyse les décisions judiciaires rendues dans des affaires complexes liées à la législation fiscale.

«Le logiciel utilise de l’information provenant d’une base de données afin d’établir des projections de très grande qualité qui nous donnent une bonne idée de la façon dont les juges trancheraient dans une affaire», explique M. Alarie.

Ainsi, le logiciel permet d’analyser divers facteurs qui aident à évaluer la probabilité qu’un particulier soit considéré comme un travailleur indépendant ou un salarié aux fins de l’impôt, par exemple. «Cette application technologique peut s’avérer très utile pour les fiscalistes, ajoute M. Alarie. Et ce sont les clients qui en bénéficient en fin de compte.»

Jason Kingston, directeur de projets de DSK LLP, à Kitchener (Ontario), croit lui aussi que les outils et les informations qui sont à notre portée aujourd’hui sont absolument remarquables. «À mes débuts, en 1999, nous disposions essentiellement de la Loi de l’impôt sur le revenu en feuillets. Nous avions également quelquefois accès à certains documents gouvernementaux et, avec un peu de chance, à certaines décisions judiciaires», explique-t-il.

Grâce à Internet, il est désormais beaucoup plus rapide et facile de faire des recherches. Les fiscalistes peuvent trouver précisément ce qu’ils cherchent en très peu de temps. Selon M. Kingston, cela facilite aussi la production de rapports.

Gabriel Baron, associé en fiscalité des Services au secteur privé d’EY à Toronto, a constaté qu’un nombre croissant de clients de son cabinet, y compris des entreprises de petite et moyenne taille (PME), transfèrent leurs plateformes de comptabilité interne sur le nuage. Cela leur permet d’accéder facilement aux données d’entreprise nécessaires à la production des déclarations fiscales et de partager ces données avec leurs conseillers externes.

«Notre travail de conseillers repose en grande partie sur la connaissance que nous avons de nos clients et sur l’information dont nous disposons à leur sujet, explique Gabriel Baron. Lorsque nous bénéficions d’un accès continu aux données, il est très facile de trouver rapidement et efficacement l’information dont nous avons besoin.»

M. Baron fait également remarquer que l’accès électronique aux services de l’Agence du revenu du Canada permet aux PME et à leurs fiscalistes d’accéder en quelques clics à des documents tels que les déclarations d’impôt sur le revenu des sociétés et les données relatives à la conformité et à la réglementation fiscales. «Il est très facile de vérifier la conformité fiscale d’une entreprise, ajoute M. Baron. Et nous pouvons maintenant obtenir une confirmation immédiate de la réception d’une déclaration.»

«La technologie transforme notre travail. Les conseillers avisés accepteront cette réalité et y verront l’occasion de consacrer leur temps à la prestation de conseils à valeur ajoutée plutôt qu’aux tâches routinières ou répétitives liées aux données», conclut M. Baron.

Par ailleurs, les entreprises peuvent compter sur des logiciels d’impôt de plus en plus perfectionnés pour les aider à prendre des décisions opérationnelles importantes. En effet, selon Jason Kingston, les logiciels se sont indéniablement améliorés, notamment en ce qui concerne les diagnostics d’erreurs.

«Les logiciels ne font pas que signaler les erreurs liées à la transmission électronique ou au traitement des déclarations, explique-t-il. L’utilisateur reçoit des messages qui comprennent des astuces de planification. Par exemple : “Les crédits d’impôt non remboursables excèdent le revenu imposable. Envisagez de réduire le montant des cotisations à votre REER.”»

Le recours à la technologie comporte toutefois certains risques. Les logiciels d’impôt d’aujourd’hui sont si évolués qu’il est parfois difficile de savoir ce que les comptables ou le personnel des PME sont en mesure d’accomplir eux-mêmes parmi le large éventail de tâches complexes qui étaient traditionnellement confiées à des comptables professionnels.

«Au bout du compte, nous avons toujours besoin de gestionnaires, de directeurs principaux et de comptables détenant un titre professionnel qui possèdent une bonne compréhension de la fiscalité, car les logiciels ne remplacent pas les connaissances, l’expérience et le savoir, souligne M. Kingston. La fiscalité est un monstre incroyablement complexe.»

Gabriel Baron recommande de choisir le logiciel ou l’application qui répond le mieux à nos besoins. «Il n’y a pas de solution universelle, explique-t-il. Il ne suffit pas de prendre la décision d’acheter des outils technologiques. Avant d’investir dans la technologie, il faut d’abord se demander si l’on a adéquatement évalué ses besoins d’affaires.»

AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES LOGICIELS D’IMPÔT

Avantages :

  • accès rapide aux données, réduction des tâches administratives
  • astuces de planification fiscale

Inconvénients :

  • risque que certaines personnes surestiment leurs compétences
  • surabondance de données pouvant alourdir la tâche des entreprises et des conseillers

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