Un emploi à sa mesure

Un cheminement professionnel singulier a amené le CPA torontois Michael Kravshik à co-fonder Luminari, un service qui exploite l’intelligence artificielle pour jumeler les comptables et les employeurs.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la lutte contre le terrorisme et l’informatique vestimentaire ne font habituellement pas partie du parcours d’un CPA. C’est pourtant le circuit singulier qu’a suivi le Torontois Michael Kravshik et qui l’a incité à lancer Luminari. Ce service exploitant l’intelligence artificielle (IA) aide les comptables à trouver un emploi à leur mesure, que ce soit en finance, en comptabilité, à la direction d’une équipe ou à celle d’une société. En effet, M. Kravshik estime que la voie menant à l’obtention du titre de CPA dote ces professionnels de compétences qui vont bien au-delà des chiffres, notamment d’une grande adaptabilité.

 

Michael Kravshik en est un bon exemple. Après avoir fait ses preuves chez EY, ce passionné d’histoire et de géopolitique attaque une maîtrise en contre-terrorisme. Son emploi de l’époque le laissant insatisfait, il prend contact avec une jeune entreprise de technologie dont il devient bientôt directeur des finances, puis de l’exploitation. Il réalise alors que ce qui le motive vraiment, c’est concevoir des produits et services qui répondent aux besoins des consommateurs.

 

Déçu de sa propre expérience des recruteurs et des sites d’emploi, M. Kravshik fonde Luminari avec un partenaire à la fin de 2016, après avoir sondé plus de 500 comptables. Le fonctionnement est très simple : l’IA exploite d’abord les renseignements fournis à l’inscription (qui se fait en moins de trois minutes). Ensuite, à mesure qu’une personne utilise l’application (postule à un emploi ou rejette une offre), le jumelage s’affine. Les CPA peuvent aussi y suivre des formations ou encore devenir bénévoles pour des organismes de bienfaisance ou des entreprises en démarrage.

 

Le service est gratuit pour les CPA (des frais sont acquittés par les organisations qui recrutent), et chaque communication comporte au maximum trois offres d’emploi, promet M. Kravshik. « Au lieu d’être inondé d’offres de toutes sortes ou de passer cinq heures à éplucher les sites d’emploi, vous pouvez parcourir le courriel de Luminari en cinq minutes en faisant la queue au café. »

 

Pour Michael Kravshik, le titre de CPA a une grande valeur. Il lui a permis non seulement d’acquérir des compétences en gestion financière, mais aussi de connaître le marché cible de Luminari. Quant à l’avenir de l’entreprise, M. Kravshik admet qu’il reste du chemin à faire avant que l’IA puisse couvrir tous les aspects de la recherche d’emploi. « Les ordinateurs n’arrivent pas encore à établir des correspondances parfaites, surtout quand la culture entre en jeu. Mais ils font 95 % du travail. En utilisant l’IA pour les tâches répétitives, on libère le cerveau, qui peut alors se concentrer sur la prise de décisions. »