De nature sauvage

Todd Mintz se rend aux confins du monde pour y photographier des animaux en liberté.

Todd Mintz garde un vif souvenir des sons distinctifs qu’émettent les narvals avant de plonger : une profonde inspiration suivie d’une longue expiration, à trois reprises. Il a eu le rare privilège de pouvoir s’approcher suffisamment pour entendre respirer ces magnifiques et insaisissables mammifères, qui arborent une défense d’ivoire spiralée. Se rendre jusqu’à leur habitat est déjà un exploit en soi : sept heures de vol, puis huit heures de parcours cahoteux en motoneige pour atteindre une plaque de glace arctique isolée au Nunavut, où les narvals se rassemblent au printemps. Mais pour M. Mintz, un CPA de Regina, photographe animalier chevronné et maître plongeur, le jeu en valait la chandelle. « Quelles fascinantes créatures! Et l’Arctique, que j’ai visité neuf fois, me frappe par sa beauté grandiose. »

 

La photo est une seconde carrière pour cet homme de 50 ans, père de cinq enfants, associé directeur chez MWC, cabinet comptable de Regina. Ses images de la faune, publiées dans des magazines, lui ont valu nombre de prix et ont été présentées dans divers musées. En 2016, au Saskatchewan Science Centre de Regina, plusieurs de ses portraits animaliers ont fait l’objet d’une exposition en solo intitulée Endurance : la faune doit lutter sans merci pour survivre, et le photographe, lui aussi, a dû redoubler d’effort pour capter ses images saisissantes, en plongeant sous des icebergs et en explorant des prairies. Le matériel est lourd. « De retour d’expédition, je dois souvent faire de la physiothérapie », avoue-t-il. M. Mintz a reçu d’autres honneurs. En hommage à ses exploits de plongée dans l’Arctique – il a été le premier à photographier une baleine boréale se frottant sur des rochers pour se défaire des couches superficielles de son épiderme –, ce passionné a été intronisé au prestigieux Explorers Club, association de promotion de la découverte et des savoirs scientifiques.

 

Pour lui, l’attrait de la photographie tient à l’exaltation qui l’envahit quand il saisit un moment fugace; s’y ajoute la remarquable impression d’intimité qu’on ressent dans le monde sauvage. Lors d’une récente expédition dans la forêt pluviale de Great Bear, en Colombie-Britannique, M. Mintz s’est approché de deux ours Kermode à fourrure blanche, qui pêchaient le saumon : « Si près qu’ils reniflaient nos blousons. Être accepté par ces bêtes et les côtoyer dans leur habitat m’a procuré un sentiment incomparable. J’espère que mes clichés amèneront le public à s’intéresser à la faune et à la nature, et à découvrir toute la beauté du monde. »