Boîte aux lettres – février/mars 2018

Les lecteurs de CPA Magazine réagissent aux numéros de septembre, octobre et novembre et 2017.

UN PEU DE PROFONDEUR SVP

Comme CPA, CA et courtier immobilier passionné par l’analyse de données, j’avais hâte de lire le numéro spécial de novembre sur l’immobilier. Hélas, le contenu laissait à désirer. Au lieu d’une solide analyse du marché ou d’informations approfondies sur l’investissement, à l’intention des CPA, l’article « Investir comme un pro » était signé par une rédactrice indépendante, qui aborde les tendances de l’heure. Et le rédacteur en chef, qui évoquait « ce que font les gens d’ici pour surmonter les obstacles et dénicher un logis, à l’heure de la surchauffe », vantait la « solution » adoptée par une famille : une maison de campagne en conteneurs recyclés, où parents et enfants passent le week-end (« Un chez-soi bien à soi »). Se payer une résidence secondaire à deux heures de route de Toronto, est-ce là ce qu’on entend par « freiner la surchauffe » du marché torontois? Je veux bien lire un article léger sur des modes de logement hors norme, mais, de grâce, annoncez la couleur.

 

Scott Ingram, Toronto

 

Dans « Investir comme un pro », Rosalind Stefanac recommande la manœuvre de Smith, mais je doute que l’expression soit bien choisie : « [...] si vous contractez un emprunt hypothécaire sur votre domicile afin d’investir dans un immeuble (ou un autre actif) qui dégage des revenus, vous pourrez vous prévaloir de la manœuvre de Smith ». Quand vous possédez un bien productif de revenus, emprunter pour investir peut convenir, pourvu que le revenu, la valeur nette et la tolérance au risque le permettent. Toutefois, je crois que la manœuvre de Smith s’adresse aux détenteurs d’un prêt hypothécaire non déductible sur leur résidence principale, et non sur un bien productif de revenus. Et ces derniers font appel à la valeur nette du domicile pour emprunter. Les liquidités dégagées sont investies dans des fonds de placement, en vue de dégager un rendement après impôts supérieur à l’intérêt déductible, d’où un avantage à long terme. Or, selon l’avis aux membres MR-0069 de l’Association canadienne des courtiers de fonds mutuels, nul ne devrait être astreint à puiser dans son portefeuille pour rembourser un prêt hypothécaire. Si vous remboursez encore votre emprunt, vous manquez sans doute de liquidités; mieux vaut miser sur un rendement garanti en remboursant le prêt par anticipation. Après quoi, vous envisagerez le recours au levier financier, le cas échéant. Comme planificateur financier rémunéré à l’acte, j’estime que la manœuvre de Smith n’est pas à recommander ici. Les particuliers devraient faire appel à leurs liquidités afin d’éponger leur dette, et non s’endetter pour s’aventurer en Bourse. Un marché baissier ou une remontée des taux d’intérêt risqueraient d’entraîner un appel de marge, voire une action en forclusion. Le levier financier ne convient qu’aux habitués des valeurs mobilières, qui auront les moyens de rembourser leur dette malgré une perte. Comme le mentionne l’auteure, le recours à l’endettement peut présenter des avantages, mais elle aurait dû étoffer le propos, avant de conseiller la manœuvre de Smith.

 

Dans ce genre de situation, j’ai malheureusement vu les plaintes se multiplier auprès de la commission provinciale des valeurs mobilières.

 

Blair Corkum, Charlottetown

 

PRÉJUGÉS ET MÉTHODES À REVOIR

J’ai lu avec intérêt « La force du handicap » (Au travail, décembre). Nous, personnes handicapées, devons aussi gagner notre vie et pouvoir travailler sans subir l’injustice d’obstacles insurmontables.

 

Pour être jugé apte au travail, la barre était haute. J’ai un QI élevé. J’étais inscrit au tableau d’honneur du doyen. Quand j’envoyais un CV, j’avais 50 % de chances d’être convoqué à un entretien. Mais, dès qu’on me voyait, je n’avais aucune chance d’être choisi. Il s’agissait à l’occasion d’une incompatibilité légitime, mais, parfois, c’était mon handicap qui me défavorisait. Les intervieweurs feraient bien de remettre en cause leurs préjugés et méthodes.

 

Dans l’article, on parle de repenser les approches en entrevue. Je dois dire qu’on m’a posé bien des questions déroutantes. Pour le candidat qui se sent déjà désavantagé, la question « Pourquoi faut-il vous engager plutôt qu’un autre? » pose problème. Aussi bien demander : « En quoi votre handicap nuit-il à votre amour-propre? »

 

Afin de décrocher un emploi, j’ai dû accepter un salaire insuffisant et, aussi, me résigner à travailler dans un environnement enfumé et malsain. J’avais besoin d’expérience.

 

Pour chaque champion de l’égalité des chances, il y a quelqu’un qui discrimine. Si vous êtes ardent au travail et motivé, il peut arriver qu’un supérieur vous trouve indispensable, mais qu’un autre vous accuse d’invoquer votre handicap comme prétexte pour stagner. Avec le temps, les auteurs de gestes discriminatoires minent l’influence des champions de l’équité. En entrevue, ils auront parfois un droit de veto; en cours d’emploi, ils se feront à l’occasion bien plus exigeants avec vous qu’avec d’autres. Même certains défenseurs de l’égalité restent aveugles, n’étant pas eux-mêmes ciblés par la discrimination.

 

Il y a aussi la jalousie liée aux accommodements accordés pour permettre à une personne handicapée d’accomplir ses fonctions. Ces mesures peuvent sembler enviables aux autres : ils y voient de simples privilèges quand ce sont des exigences absolues. Et puis, quand on a vraiment besoin de quelque chose, on prend les moyens qu’il faut. Enfin, en toute franchise, ce n’est pas toujours de la part de l’employeur qu’on nécessiterait un accommodement.

 

L’auteur préfère garder l’anonymat

 

COMMENTAIRES EN LIGNE

Priorité aux garderies

(« Garderies subventionnées : gare au gaspillage », Sur la scène canadienne, octobre)

Nous revenons de Suède, dont le programme national de garderies pourrait inspirer le Canada. Renseignements pris, nous constatons que le Québec accorde aux familles de généreuses subventions aux services de garde, des subventions nettement supérieures à celles de la Colombie-Britannique et d’autres provinces; et puis, le programme québécois offre des services uniformes, régis par des normes provinciales.

 

Comment est-ce possible? Le Québec reçoit des paiements de transfert fédéraux de provinces comme la Colombie-Britannique. C’est dire que les contribuables d’ici (et ceux d’autres provinces nanties) financent indirectement le programme québécois. Et l’équité, alors? Tous les Canadiens devraient avoir droit aux mêmes avantages, peu importe la province.

 

Selon Global News, une famille québécoise verse en moyenne 2 000 $ à 3 000 $ par an en frais de garderie, contre plus de 23 000 $ en Colombie-Britannique. Subventionner un programme de garderies provincial, dûment normalisé, devrait constituer une priorité budgétaire pour notre province.

 

Gary Brush