Chaînes de blocs – 2e partie : le mécanisme à la loupe

Du hachage aux condensés cryptés, voici un survol de la structure sous-jacente des chaînes de blocs.

Retroussez vos manches et préparez-vous à entrer dans le monde mystérieux des chaînes de blocs. Le mois dernier (Technophilie, septembre 2016), nous explorions les possibilités offertes par cette technologie. Ce mois-ci, nous nous intéressons à sa structure sous-jacente et à son fonctionnement.

Grosso modo, il s’agit de la technologie qui a rendu possible le bitcoin. Une chaîne de blocs est un registre d’opérations géré par un réseau public d’ordinateurs ou de nœuds. Grâce à la répartition physique de ces nœuds, la chaîne de blocs n’appartient à aucune entité en particulier. Toutes ses copies sont constamment synchronisées, ce qui permet de maintenir le registre à jour.

On a très souvent dit que la chaîne de blocs était une technologie révolutionnaire. En réalité, nous en utilisons les concepts de base depuis les débuts de l’information financière (dans le cas des bénéfices non répartis, notamment).

COMMENT FONCTIONNENT LES CHAÎNES DE BLOCS?

Revoyons d’abord la façon habituelle d’enregistrer une opération. Par exemple, une société paye le loyer de ses bureaux pour le mois d’octobre. On inscrit dans le grand livre les éléments de l’opération (numéro du chèque, nom du bénéficiaire, montant). Chaque année, les opérations sont regroupées aux fins du calcul du résultat net, lequel est ensuite ajouté aux bénéfices non répartis. Au final, les bénéfices non répartis reflètent toutes les opérations inscrites depuis la création de la société, mais ils ne permettent pas, par contre, de retracer le paiement du loyer d’octobre. C’est une fonction à sens unique.

Reformulons maintenant la même opération dans le jargon des chaînes de blocs (c’est le moment de retrousser vos manches!) : un condensé crypté contenant les éléments de l’opération est envoyé à tous les nœuds de la chaîne de blocs. Ces nœuds confirment l’authenticité de l’émetteur et enregistrent le condensé dans leur base de données. Tous les condensés d’opérations enregistrés au cours d’une période donnée sont ensuite regroupés pour former un seul condensé, qui est par la suite ajouté à la chaîne de blocs.

QU’EST-CE QU’UN CONDENSÉ?

Les ordinateurs communiquent à l’aide d’un langage binaire. Tous nos contenus numériques (textes, images, vidéos) sont des suites uniques de uns et de zéros (bits). Le condensé est une « empreinte » de longueur fixe, exprimée en bits, qui représente une adresse, une opération ou un bloc (l’emplacement de votre titre de propriété, le paiement de votre loyer ou un bloc d’opérations de l’état des résultats, etc.).

Le condensé est le résultat d’une fonction de hachage. Celle-ci applique un algorithme sur la chaîne binaire et crée ainsi une valeur alphanumérique de longueur fixe : le condensé. Une partie de ce processus se fait au moyen de la cryptographie à clés publique/privée, afin d’assurer la sécurité de l’information (voir CAmagazine, septembre 2012, « Comment cacheter vos courriels »). Un explorateur de chaînes de blocs permet de retrouver chacun des condensés.

QUELQUES MOTS SUR LES NŒUDS

La chaîne de blocs est un registre public d’opérations géré par un réseau décentralisé poste à poste. Lorsqu’une nouvelle opération s’ajoute, elle est annoncée à chaque nœud (ou ordinateur) qui « écoute », et elle est enregistrée dans l’ensemble du réseau.

Les nœuds, qui contiennent tous une copie de la chaîne de blocs, vérifient l’authenticité de l’opération en confirmant auprès d’autres nœuds que l’émetteur est dans son bon droit. Le cas échéant, chaque nœud vote pour ajouter l’opération au bloc existant.

CE QUE L’AVENIR NOUS RÉSERVE

Dans les années 1990, lorsqu’émergeait Internet, nous n’avions pas idée que cette nouvelle façon de communiquer pourrait avoir une influence aussi considérable sur notre vie quotidienne. Aujourd’hui, nous avons Google, Facebook et l’infonuagique. Et les chaînes de blocs s’annoncent tout aussi révolutionnaires.

Imaginez un avenir sans influence arbitraire de la banque centrale, sans la présence de tiers comme des banques ou des courtiers, ou encore sans obligation d’aller voter à un endroit précis. En d’autres termes, les chaînes de blocs ouvrent les portes d’un monde transparent qui reposerait non plus sur le cloisonnement de l’information, mais sur un accès universel à celle-ci.

À propos de l’auteur

Dwayne Bragonier


Dwayne Bragonier, CPA, CA, CA•Ti, est président de BAI Bragonier & Associates inc. et le créateur de la méthode. On peut le joindre à dwayne.bragonier@bragonier.com.

comments powered by Disqus

Faits saillants

Mettez vos connaissances à jour et élargissez votre réseau grâce à ce colloque à ne pas manquer (en anglais), qui porte sur les questions et tendances essentielles pour les membres des comités d’audit.

Dans votre entourage se tapit sûrement une personne surendettée. Si vous êtes observateur, vous reconnaîtrez l’un ou plusieurs de ces symptômes.